UN COMMUNIQUE QUI DIVISE ?

Les présideREPRISE DIALOGUE 2b050b92331fa6b814abfa1c4a51830f3_Lnts guinéen Alpha Condé et ghanéen Nana Akufo-Addo, en leur qualité de facilitateurs mandatés par la CEDEAO, sont venus dans la capitale togolaise relancer le 27ème dialogue interrompu depuis févier 2018.

A l’ouverture du dialogue, les deux chefs d’État ont salué les efforts déployés par les parties prenantes togolaises en vue du dénouement heureux de la situation que traverse le pays depuis dix mois et exprimé leur satisfaction pour l’esprit qui a prévalu tout au long de ces discussions. Ils ont noté avec satisfaction la disponibilité des principaux acteurs de la crise à “œuvrer ensemble pour parvenir à un climat  sociopolitique décrispé et apaisé dans l’harmonie et la cohésion entre les différentes composantes de la société togolaise”.

Dans le communiqué final qui a sanctionné les travaux des discussions politiques de la journée de ce mercredi 27 juin 2018 , les deux facilitateurs ont appelé chaque partie à la retenue. Ils ont demandé la libération des personnes arrêtées dans le cadre des manifestations politiques; la reprise des manifestations, et ” ont invité  par ailleurs le gouvernement à étudier la possibilité d’étendre le droit de manifester à l’ensemble du territoire national dans le respect de l’ordre public et des lois en vigueur afin de garantir la liberté ainsi que la sécurité des biens et personnes ” . Ils ont appelé “à la suspension du processus électoral”, avec  maintien en place de l’Assemblée Nationale actuelle et ont souhaité “la tenue des élections avant fin novembre 2018 conformément à la Constitution togolaise en vigueur”. Ils ont souhaité “une collaboration entre les populations et les autorités publiques” dans la recherche, des “armes emportées” lors des manifestations des 19 et 20 août .

Sans vraiment décrisper et apaiser le climat sociopolitique entre les protagonistes, ce communiqué ouvre une nouvelle polémique sur son contenu et démontre la difficulté à vouloir trouver une solution de sortie de crise, dans le strict respect de l’ordre juridique en vigueur. Il divise au moins sur un point : la date des élections, et donne une indication sur l’esprit dans lequel seront rédigées les recommandations et la feuille de route de la conférence des chefs d’État de la CEDEAO prévue pour le 31 juillet 2018 dans la capitale togolaise.

Dans tous les cas, si tout doit se passer dans le cadre de l’ordre constitutionnel et institutionnel en vigueur, il ne fait plus aucun doute, qu’on s’achemine vers des élections comme solution de sortie de crise. Sur ce point, au moins, il semble se dégager un consensus sur le rôle que le Peuple souverain est appelé à jouer dans cette sortie de crise. Soit il (le Peuple) est appelé à descendre dans la rue pour exiger l’alternance, soit il exprimera son désir de changement par les urnes. C’est, sans doute, sur cette considération que les deux facilitateurs semblent avoir fondé ce communiqué.

Écouter plutôt le communiqué des deux facilitateurs lu par le Président de la Commission de la CEDEAO, Monsieur Jean Claude Kassi Brou.

La CDPA-BT reviendra dans le détail sur les propositions de sortie de crise et le caractère équilibriste de ce communiqué en – deçà de toute espérance politique de résolution d’une crise liée à la nature du régime..

Lomé le 29 Juin 2018

La Rédaction

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