Libres opinions

Les opinions émises dans cette rubrique n’engagent que leurs auteurs. Elles ne constituent en aucune manière une position officielle de la CDPA-BT.

La Rédaction

 

 La “crise” togolaise vue dans les médias nationaux & internationaux

 

Le Comité de suivi de la feuille de route se réunit avec les protagonistes de la crise togolaise depuis hier, lundi 10 septembre. Une première réunion pour évaluer ce qui a été fait depuis l’adoption de la feuille de route issue du 53e sommet des chefs d’Etat et de gouvernements de la Cédéao, le 31 juillet dernier, et faire avancer le processus. Cette réunion prépare une rencontre prochaine avec les deux facilitateurs, Nana Akufo-Addo du Ghana, et le professeur Alpha Condé de la Guinée.

Une journée de lundi en trois actes : Tout commence par des discours sur la nécessité de faire avancer le processus. Puis, acte deux, le Comité de suivi propose une discussion directe entre la majorité présidentielle d’un côté et la coalition des quatorze partis de l’opposition de l’autre. Une salle est aménagée à cet effet. Mais, la salle reste vide ; les protagonistes ont tourné les talons. C’est seulement à 15h, pour la plénière, que les protagonistes font leur réapparition.

Nouvelles divergences

Enfin, acte trois, le Comité de suivi annonce qu’il va accompagner la Céni, la commission électorale pour l’organisation des prochaines élections législatives. Des experts sont recrutés, ils seront installés le 17 septembre.

Il faut savoir que de nouvelles divergences sont apparues après la publication de la feuille de route, le 31 juillet dernier. Cette feuille de route recommande la tenue d’élections législatives au plus tard le 20 décembre prochain ; la Céni est déjà au travail. Or, pour l’opposition, il faut d’abord reformer la Céni avant d’aller à des élections. L’opposition refuse donc jusqu’à présent de prendre les quatre sièges qui lui sont attribués au sein de l’institution.

Nouvelles discussions

Selon une source du Comité de suivi, le processus de réforme et le processus électoral se feront de manière concomitante. Ces sujets-là devraient être abordés aujourd’hui lors de nouvelles discussions.

 

 

 La rencontre de ce 10 août 2018 entre  la C14, UNIR & les facilitateurs de la CEDEAO

Source iciLome | Lundi, 10 Septembre 2018

Jean-Claude BROU : « Il s’agira de faire l’évaluation de la mise en oeuvre de la feuille de route… »

Dans son discours d’ouverture, le président de la Commission de la CEDEAO, Jean-Claude Kassi Brou a reprécisé le rôle du Comité de suivi et l’ordre du jour de la rencontre de ce jour à Lomé. Suivez plutôt !

Discours du ministre ghanéen de la Sécurité Albert Kan-Dapaah


 

Voici le discours de l’envoyé spécial du président Ghanéen, l’un des facilitateurs dans la crise togolaise.

L’intervention sarcastique de Gilbert Bawara qui frustre ses adversaires…

Après l’intervention du ministre ghanéen de la Sécurité Albert Kan-Dapah en Anglais, des voix (notamment du côté de la Coalition des 14) se sont élevées dans la salle pour une traduction. Occasion pour le ministre togolais de la Fonction publique, Gilbert Bawara de verser dans le sarcasme. Suivez-le !

 

Quand les deux protagonistes refusent de se concerter

La première réunion du Comité de Suivi de la CEDEAO a démarré ce lundi matin à l’hôtel 2 Février. A la fin de la cérémonie d’ouverture, les représentants de la Facilitation ont demandé aux deux protagonistes de la crise togolaise de se concerter avant la reprise des travaux à 15 heures. Mais malheureusement, les deux parties ont refusé de se parler. Suivez plutôt les images à la fin de la cérémonie d’ouverture des travaux.

Nicodème Habia: « Il n’y a rien de concret pour le moment »

Nicodème Habia, président de “Les Démocrates” reste toujours confiant. Pour l’homme politique, le respect de la feuille de route et la libération des détenus politiques restent les points importants pour la Coalition des 14.

Dr Georges KOUESSAN:”La toute première chose c’est de demander à la CENI d’arrêter ses travaux”

08 SEPTEMBRE 2018 Interview de Docteur Georges KOUESSAN Président du parti Santé du peuple sur la crise sociopolitique et l’arrivée des facilitateurs à Lomé.

Jean-Pierre Fabre: « La question de la CENI trouvera solution auprès des facilitateurs eux-mêmes »

Les travaux de la première réunion du Comité de Suivi de la CEDEAO viennent de prendre fin à l’Hôtel 2 Février. « Au cours de la réunion, ils nous ont expliqués un peu ce qui a été fait depuis notre dernière rencontre. Il a été question de recrutement des experts électoraux, experts en droit constitutionnel, experts en observation électorale, experts en audit de fichier électoral », a indiqué Jean Pierre Fabre, président de l’ANC (parti membre de la Coalition des 14). Selon le chef de file de l’opposition, la question de la recomposition de la CENI a été également abordée au cours des discussions. Notons que les travaux reprennent demain matin à l’hôtel 2 Février.

 

 

Crise politique togolaise/feuille de route de la CEDEAO: Le vin est tiré

Par AMEKOUVO S. Akouétey

Les médecins de l’espace ouest africain ont donné naissance ce 31 juillet au nouveau-né que le peuple togolais attendait depuis belle lurette au 53e sommet ordinaire de la Communauté des Etats de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO) à Lomé. Cet enfant, la feuille de route de la CEDEAO, objet de toutes les suspicions des semaines durant, ouvre la voie certainement à une nouvelle ère politique.
« Les Togolais aux urnes avant Noël », telle est la bonne nouvelle annoncée par republicoftogo.com qui souligne que le sommet des chefs d’Etat des pays membres de la Cedeao a formulé un certain nombre de recommandations mardi pour permettre de trouver une issue à la crise politique que traverse le Togo depuis près d’un an.

Pour l’essentiel, résume le quotidien privé Liberté N°2725 du mercredi 1er août 2018, « les dirigeants de l’espace recommandent la mise en œuvre des réformes politiques et électorales (limitation du mandat à deux, mode de scrutin à deux tours, vote de la diaspora, l’audit du fichier électoral, etc.) au parlement et à défaut par voie référendaire avant de proposer le 20 décembre 2018 pour l’organisation des élections législatives. Ils ont également prescrit la poursuite des mesures d’apaisement pour les personnes encore détenues et la recomposition de la Cour constitutionnelle ».
« Les chefs d’Etat de la CEDEAO encouragent le gouvernement togolais à poursuivre les mesures de confiance et d’apaisement en accélérant les procédures judiciaires relatives aux personnes arrêtées lors des manifestations politiques et d’étudier la possibilité de mesures additionnelles en faveur de ces personnes », a ajouté afreepress.info.

Ce site estime déjà que « les travaux de la Commission Électorale Nationale Indépendante (CENI) qui avaient été mis en veille par les travaux du dialogue, vont désormais reprendre avec l’arrivée des délégués de l’opposition parlementaire ».

« Pas de transition, mais des réformes constitutionnelles à opérer rapidement », une analyse de la feuille de route par le bihebdomadaire, le Messager N°584 du 1er août 2018.
Pour s’assurer de la mise en œuvre de ses recommandations, un comité de suivi composé  des représentants des facilitateurs, de la majorité au pouvoir, de la coalition des 14 partis de l’opposition  et de la commission de la CEDEAO, devrait être mis en place, a décidé le sommet, lit-on sur republiquetogolaise.com.

Dans un éditorial titré ‘Le vin est tiré’, le Libéral N°375 du 1er août 2018 écrit que « Le bug du 31 juillet annoncé n’aura été qu’un gros pétard mouillé, l’addition se corse pour la C14 condamnée à poursuivre le dialogue désormais inclusif. Le message est clair si solution il doit y avoir, elle viendrait des Togolais eux-mêmes condamnés à poursuivre les pourparlers autour d’une table. Véritable camouflet pour ceux qui attendaient une solution toute faite venant de l’extérieur ».
Pour l’hebdomadaire Le Dialogue, n° 0103 du 1er août 2018, « l’information que les Togolais attendaient depuis plusieurs mois est tombée hier comme un couperet. Enfin, le 31 juillet vient de passer… D’une façon générale on retiendra que, la CEDEAO exhorte les deux parties à un dialogue politique inclusif à l’issue de ce sommet».

Ce sommet de la CEDEAO a été consacré également à l’examen du rapport intérimaire 2018 de la CEDEAO, du rapport de la 40e session ordinaire du conseil de médiation et de sécurité et du rapport de la 80e session ordinaire du conseil des ministres de la CEDEAO, lit-on dans le bulletin de l’Agence togolaise de presse.

L’opposition et le pouvoir réagissent

« La coalition déplore surtout que les chefs d’Etat de la CEDEAO n’aient pas jugé opportun d’examiner le cœur du problème togolais, qui est, l’obstination du chef de l’Etat togolais, Faure Gnassingbé à se porter candidat pour un quatrième mandat en 2020. Alors que la règle au sein de la CEDEAO, prescrite par le Protocole additionnel pour la bonne gouvernance et l’Etat de droit, est de deux mandats », des propos de Mme Brigitte Adjamagbo-Johnson, repris par togobreakingnews.info.
Dans un communiqué rendu public le 1er août 2018, écrit republiquetogolaise.com, la Coalition des quatorze (14) partis de l’opposition togolaise (C14) dit compter sur les facilitateurs, les présidents Nana Addo Dankwa Akufo-Addo et Alpha Condé pour « une meilleure prise en compte des attentes légitimes des populations togolaises ».

Le parti au pouvoir, le gouvernement et la coalition de l’opposition travailleront ensemble avec plus de « concertations et d’ouverture aux idées et propositions des uns et des autres », a confié le ministre de la Fonction Publique et de la Réforme Administrative, Gilbert Bawara aux confrères de afreepress.info. « Le ministre Bawara regrette toutefois, la situation que le pays a connue durant les 12 derniers mois et pense que les choses ne sont pas allées dans le bon sens », a commenté ce site.
Ces recommandations, a-t-il indiqué, ne consacrent pas la victoire d’un camp sur un autre ni de certaines positions contre d’autres, a-t-il expliqué à l’Agence Savoir news excluant tout sentiment de triomphalisme dans le camp du pouvoir de Lomé.

« Toutes ces décisions constituent des avancées significatives qu’il convient de saluer en vue de garantir des élections justes, transparentes, et crédibles », a souligné le président de l’Organisation pour Bâtir dans l’Union un Togo Solidaire (OBUTS), Agbeyome Kodjo dans les colonnes de togobreakingnews.info. « OBUTS exhorte le chef de l’Etat à saisir l’opportunité de cette feuille de route pour prendre des mesures courageuses à même d’insuffler une nouvelle dynamique à la gouvernance du pays, afin de réduire la fracture sociale pour redonner confiance au peuple, dans sa quête lancinante de vivre ensemble harmonieux, dans une société réconciliée et solidaire », a-t-il écrit.
« Enfin les recommandations de la CEDEAO, et maintenant… Peut-on montrer meilleure voie que celle-ci à la classe politique… ? », s’interroge le quotidien Togo Matin N° 366 du mercredi 1er août 2018.

https://www.faapa.info/blog

Togo Oh Togo, au nom du peuple, mais à dessein partisan et à profit!

Anoumouvi KOKOUEt maintenant soyons les maîtres de notre destin; autrement luttons pour réussir et non pour le simple fait d’agir, de paraitre… Si plus 50 ans de dictature c’est assez, alors pourquoi cette forfaiture perdure?

Au Togo la nuit est longue, presque éternelle, depuis l’éclair de l’indépendance proclamée le 27 avril 1960. Que d’espoirs, de visions, de rêves, d’audaces et de génies brisés par l’avidité, l’arrivisme, le désir de paraitre sans être, l’impromptu et l’égo dilué de certains togolais. Et alors que ces togolais ont eu le temps de corriger le tir, ils n’ont pas eu l’intelligence, la hargne, l’opiniâtreté, le sens du devoir et l’humilité d’agir.

On peut se tromper, mais on ne peut aussi longtemps hypothéquer l’avenir d’un peuple, d’une nation; sans contrition. Et surtout s’en foutre à dessein; à moins d’être «marsien», autrement un extraterrestre».

Un adage du terroir ne dit-il pas que « celui qui est tombé en plein marché, n’a plus le sens le plus élémentaire du mot honte »? Cependant, une fois de nouveau debout et surtout hors du périmètre du marché, on doit pouvoir reprendre ses sens, ses repères; à moins d’être foncièrement un sens-repère, un éternel étourdi ou un écervelé.


Dans la vie d’un pays il faut toujours certains Hommes qui s’engagent, se sacrifient pour la postérité; de par leur vision, leur sacerdoce et leur capacité à voir plus loin que le commun des mortels. Le normal, le redondant, le paraitre et le train-train-débonnaire ne sont jamais porteurs de visions et de projets d’avenir pour un peuple. C’est ainsi que certaines personnes de leur vivant ne feront jamais les manchettes; par contre, ils feront l’histoire, la vraie. Celle-là que seuls les faits engendrent ou écrivent avec le recul.


Alors pourquoi au Togo l’éclair avait sombré dans la brune, le flou et les ténèbres pour aussi longtemps et presque pour l’éternité? Qu’il en soit ainsi dit et tenu pour évidence les barbaries, les crimes et les spoliations du «système RPT/UNIR»! Et, Ô bon Dieu !!! Pourquoi le Togo est-il encore et toujours un îlot d’inertie dans la tectonique des plaques de changement démocratique en Afrique occidentale? Ça doit interpeler plus qu’autrement. Nous sommes devenus la risée.

Pourtant, les masses togolaises ont sacrifié, porté plus haut les flambeaux de leurs aspirations démocratiques que pas mal de peuples dans ce coin du globe, qui ont réussi leurs paris ou sont sur la voie de le faire.


Le peuple togolais a tellement perdu, sacrifié qu’on peut légitimement se demander qu’est-ce qu’il peut perdre encore de plus; qu’il n’a déjà sacrifié. Il est alors opportun et sain de se poser des questions existentielles. Donc la nécessité s’impose pour une autocritique de la part des forces vives et de l’opposition politique en particulier.


Au-delà de tout, ayons juste à l’esprit par exemple les souffrances de nos parents et grands-parents paysans qui passent des saisons ou l’année entière à faire des cultures (maïs, café, cacao, coton, sorgho, mil, arachides, manioc…), qu’ils ne peuvent généralement pas aller vendre eux-mêmes sur les marchés; pour cause de manque de structures et d’infrastructures. Ces produits subissent ainsi les vils prix imposés par des véreux. Et plus souvent qu’autrement, ils sont achetés à crédit avec des remboursements étalés sur des mois, voir des années. Alors que c’est leurs seules sources de revenus pour nourrir la famille, scolariser leurs enfants, et satisfaire d’autres besoins ordinairement légitimes…

Dans ces conditions, même ayant fait leur travail, ils sont privés de leurs revenus. Creusant du coup un plus grand fossé d’inégalité sociale entre les enfants d’une même Nation. Comment y rester insensible juste pour des raisons partisanes ou par manque de vision éclairée?


Ne passons pas sous silence non plus nos grand-mères, mères, sœurs, épouses, filles qui subissent quotidiennement le fardeau des taxes et rackets dans les marchés, sur les routes, sans voir aucun aménagement adéquat des structures sensées améliorer leurs conditions de travail. Elles sont livrées à toutes les intempéries possibles et inimaginables même quand on sait qu’elles constituent la frange la plus active et efficace de nos sociétés.


L’avenir de plusieurs générations hypothéqué : Ayons à l’esprit ces génies togolais en herbe qui finissaient l’école primaire ou le collège, mais ne pouvaient continuer leurs études; car le collège ou le lycée se situe à une année lumière de leur demeure. Ils n’ont pas de proches parents ou de moyens de locomotion ou de locations à une distance raisonnable de ce «maudit collège ou lycée»… Ainsi, avoir la chance de se faire valoir devient aléatoire, un coup de dés….


On peut énumérés des exemples et des exemples de ces incongruités et injustices; qui de surcroit pouvaient être corrigées juste grâce au bon sens et un minimum de bonne volonté. En lieu et place des tergiversations, Il faut s’y mettre immédiatement et ça doit être notre engagement et la raison phare de notre action. C’est alors ce dont il est question dans la quête de justice, de transparence et d’alternance. C’est juste simplement de rendre possible la chance pour le plus grand nombre possible de citoyens.


Toute chose étant égal par ailleurs, que l’effort individuel fasse la différence. Et non, qu’on ne soit damné par le simple fait d’être né de tel ou à tel endroit. C’est l’essence même d’une société plurielle avec des libertés, des droits et des obligations.


Dans une telle société éprise de justice, celui-là qui n’a qu’un BEPC ou un BAC général n’accusera plus le ciel et la terre d’avoir eu un diplôme et d’être sans emploi. Il arrivera alors à l’évidence qu’il lui faut des compétences, donc une formation professionnelle, un métier, ou autres. Si l’État visionnaire se donne les outils de lui offrir les opportunités et rendre ainsi le citoyen responsable.

En jetant un simple clin d’œil sur l’environnement global de notre pays, nous nous posons ainsi la question de savoir, si tous les acteurs politiques, du moins les plus en vue ont à l’esprit ces préoccupations répondant aux aspirations les plus élémentaires du «petit peuple» qui a aussi droit à la vie? Autrement pourquoi ces privilégiés ne se font pas «violence» pour une fois de bon et songer au sort de leurs semblables? Simplement humain, on se demande quelle voie la ou leur raison leur dicte chaque jour que Dieu fait?

Incroyable Togo …pays de myopes ou de têtus pour que, depuis des décennies, on adopte, sans vision les mêmes mécanismes irréfléchis pour aboutir au même statut quo. C’est à se demander sérieusement, si cet état des choses n’arrange pas certaines personnes qui se frottent les mains et affutent leurs cannes pour pêcher en eaux troubles.

Impératif TEMPS …


Dans toute lutte ou contestation populaire, la réussite est du côté de ceux qui savent s’approprier le «temps». Autrement le «temps» les anéantis. Depuis l’historique 5 octobre 1990 au Togo, il y a eu entre la «mouvance présidentielle» et l’opposition politique togolaise 26 à 30 rondes de négociations ou accords, sans résultats ou retombées pour le peuples; certes pour certains individus ou groupes d’intérêts.


Le plus triste et le plus préoccupants est que ces expériences sont généralement précédées ou succédées de vagues de repressions, de carnages et violations massives des droits de l’homme (lagune de bè, les massacres des faunes à Kolowaré, Kparatao, Kéran, Oti et Tône, Fréau Jardin, Basar, les excécutions de la primature en décembre 1991, le carnage de 2005, Soudou, Temedja et bien d’autres…). Apparemment, chaque fois que le pouvoir RPT/UNIR est acculé, il se prêtre à ce jeu de négociatoins pour avoir du répit et rebondir avec plus de turpitudes. Une manière de berner le peuple et l’avilir plus profondément.


Que nous faudrait-il de plus amer pour apprendre?


Sous nos yeux et nos larmes, les perpétuelles guerres d’égos de «nos aînés opposants» parachèvent ce tableau machiavélique, mais réel qui nous est imposé par ces rapaces dangereux sans nom.

Au fil du temps, il eut différents acteurs du côté de l’opposition au destin différent dont les E. Kodjo, L. Gnininvi, A. Agboyibor, Z. Ayeva, G. Olympio, B. Djombo, M, ATIDEPE, E. Gu-Konu, A. Gogué, Kantchamtib, T. Amorin, J-K. Koffigoh, J-P. Fabre, A. Folly, C. Ameganvi, K. Adjamagbo-Johnson, Bruce, T-S. Atchadam, etc… Certains d’entre eux se sont grillés, d’autres sont tombés au combat ou ont pris une pause ou leur retraite et certains sont toujours là; plus pour le pire que pour le meilleur car ont vendu leur petite cervelle au diable au détriment du peuple assoiffé de justice.

Togo, pays au parcours atypique dans l’accouchement de sa démocratie.

Pour mémoire et pour la compréhension de l’essence de cet article, énumérons les plus probants de ces accords ou arrangements.

  • Février-Avril 1991 : les négociations FAR (Front des associations pour le renouveau) et RPT/Gnassingbé Eyadéma;

    – Le 12 juin 1991 fut signé les accords COD/FOD – RPT/Gnassingbé Eyadéma;

    – Juillet à Août 1991 eu lieu la CNS (Conférence Nationale Souveraine);

    – Le 30.12.1991 fut adopté (Opposition – RPT) le NCS (Nouveau Contrat social) avec la formation d’un GUN (Gouvernement d’Union Nationale), 30 décembre 1991

    – Le 28 juillet 1992, Commission mixte paritaire Opposition- RPT;

    – Le 8 Février 1993, les négociations de Colmar (France);

    – Le 11 juillet 1993, les Accords de Ouagadougou (COD-I);

    – Le 23 Avril 1993, la «fameuse» Réconciliation Armée-Nation;

    – En 1998, l’Accord RPT – Partis de l’opposition démocratique (COD-II)

    – 9 au 11 Juin 1999, l’ACL (l’Accord Cadre de Lomé);

    – Avril 2004, les 22 engagements du RPT/Gnassingbé Eyadema auprès de l’Union Européenne issus des négociations COD-III

    – En Novembre 2005, l’APB (l’Accord Politique de Base);

    – Le 20 Août 2006, l’APG (l’Accord politique global), qui était censé être l’accord ultime de la dernière chance avec RPT/Faure Gnassingbé; juste après le «carnage pour la succession du trône» de 2005;

    – En Février 2009 fut adopté le CPDC (le Cadre permanent de dialogue et de concertation;

    – Le 27 mai 2010 fut scellé le mariage de raison RPT-UFC par l’Accord Rassemblement du Peuple Togolais (RPT) – Union des Forces du Changement (UFC);

    – Le Cadre Permanent de Dialogue et de concertation (CPDC) sera rénové en septembre 2011, suite à la 2e confiscation du pouvoir par Faure, le fils Gnassingbé et 3 ans après le 1er CPDC;

    – En Avril 2012; la CVJR (la Commission, Vérité, Justice et Réconciliation);

    – Février-Mars 2012 eurent lieu le Dialogue entre le RPT, l’ANC (Alliance Nationale pour le Changement, issue de la scission au sein de l’UFC) et le CAR (Comité d’action pour le renouveau).

    Durant toutes ces péripéties, par moment plus folkloriques qu’autrement, le peuple a tout donné sans jamais abandonner. Que de promesses non tenues, d’espoir évaporé… Alors il y a naturellement des «down» ou des relâchements jusqu’à un semblant de désillusion

La politique, un art…


Les contestations populaires et les révolutions ont toujours besoin de canalisateur et de mordants. Ainsi l’apparition de Tikpi Atchadam et son PNP déclencheront une nouvelle dynamique depuis le début 2017 et principalement depuis le 17 août 2017. Son travail de mobilisation, d’éducation de masse et de sensibilisation a payé. Il a le mérite de faire un minutieux travail de terrain et d’éducation, jusque-là foncièrement presque absent de la scène politique togolaise. Il en appelle à la responsabilisation citoyenne dans une logique de maillage du territoire. Et oui… le maillage du territoire pour atténuer la capacité de nuisance et de répression du pouvoir cinquantenaire.

Il eut et a surtout le mérite de présenter ses séances de sensibilisions dans plusieurs langues locales. Le message est par conséquent inclusif. Les citoyens se sentent interpelés. Et de surcroit il ose poser des gestes forts, incisifs, efficaces et porteurs de vision.


Aller droit au but…

Il mit de la chair autour de l’os, notamment en exigeant le retour intégral à la constitution de 1992 et le vote de la diaspora, au lieu d’exiger simplement des réformes ou des simples toilettages à répétition. Sans aucun doute, et dans l’intermède temps actuel, Il semble être le seul à posséder l’outil, le baromètre qui permet de mesurer les vraies aspirations du peuple togolais. N’en déplaise à certaines personnes dont des titres pompeux ou des apparences soignées ne sont que pour le paradis terrestre.

Atchadam ira jusqu’à faire appel aux autres «pros de l’opposition» pour cheminer ensemble vers la rédemption du peuple. Le seul vrai objectif du combat.

Malgré la pertinence de la stratégie innovante mise en place, cet appel avait eu du mal à se concrétiser et finalement pas sans conditions ou préalables de la part de certains, la base d’une action unitaire pris forme. Il a, auparavant, fallu attendre début septembre 2017 pour des actions communes. D’autres diront en ce moment-là «nous nous réservons pour le moment le droit d’appeler le peuple à sortir, le moment venu…». Et quand on sait l’impact du temps dans une lutte populaire, on comprend aisément la logique poursuivie.


Un exemple d’humilité …

Nous nous connaissons bien et on peut se poser la question suivante : Combien des 13 autres leaders de cette coalition des C14 auraient cherché à inclure les autres, s’ils étaient à la place de Tikpi Atchadam et son PNP? Personnellement, je ne pourrais citer un ou deux autres.

À César ce qui est à Cesar…

Soyons sincères, car il faut juste donner à Cesar, ce qui lui est dû. Il faut véritablement avoir à cœur le bien commun pour faire ce pas. Atchadam a fait ses preuves en quelques mois et il serait préjudiciable de tordre le coup à la vérité et ne pas vouloir bâtir sur du roc posé par ce fin stratège.

Malgré le dilatoire, la bâtisse demeure …


Sentant la menace sérieuse, le pouvoir RPT/UNIR a usé et use de toutes les subterfuges pour diaboliser Atchadam, le faire passer pour un «djihadiste» et si possible l’anéantir. Ainsi le colonel devenu général Yark Damehane, ministre de la Sécurité et de la Protection civile, se lâchera en août 2017 en ces termes «quand nous donnons des consignes d’itinéraires de marches ou autres aux autres partis politiques ils obéissent, ils collaborent; seul le PNP refuse. Il est qui lui…». Son collègue Payadowa BOUKPESSI de l’administration territoriale l’imitera, notamment «il y a 113 partis politiques au Togo. Nous n’avons pas de problèmes avec 112. C’est seulement avec le PNP que le problème se pose. Est-ce que le PNP est au-dessus de la république…». Comprend qui veut bien comprendre….


Tikpi Atchadam ne prend pas physiquement part aux rondes de négociations actuelles, mais n’empêche. Cependant lorsque la suspension des manifestations a été concédée au négociateur pour quelques jours, qui devinrent des semaines, le pouvoir RPT/UNIR l’exploita à dessein comme d’habitude pour ainsi s’enlever la pression des masses.


Puis à la 3e ronde des négociations le navire chavira encore d’avantage. Il eut cette autre concession de «gestion de bonne volonté au négociateur» en donnant l’impression de ne plus tenir à tous les points de revendications des masses. Et là encore c’est la poigne et l’intransigeance de Atchadam qui nous ramena à flot. Ayons le courage d’appeler un chat, un chat!


Ce qui lui vaudra des «noms d’oiseaux» de la part de certains de ses compagnons de lutte. Pour certains de ceux-là, ils étaient de la lutte depuis des lurettes et ne peuvent concevoir que lui T. Atchadam arrive maintenant et veut faire à sa tête. Ils ne seraient pas ses «obligés». Est-ce faire à sa tête que de vouloir rester fidèle aux aspirations des masses et de vouloir véritablement tenir tête aux usurpateurs?

Atchadam a toujours soutenu que pour réussir, il faut avoir un plan cohérent capable de mobiliser toutes les régions du Togo pour se donner plus de flexibilité.


Ce n’est un secret pour personne, alors où est le mal? Le contraire serait de ne peut pas prendre conscience du degré de duplicité et de nuisance du pouvoir RPT/UNIR. Il faut juste mettre toutes les chances de son côté. Quand tu as été déjà mordu par un serpent, tu crains les vers de terre ,dit-on chez nous.


Revenons à présent à l’évidence.

Comment comprendre que depuis 1990 certaines villes ou localités du Togo n’ont pas connu de soulèvements dignes de ce nom. Si ce n’est 2 ou 3 meetings en près de 28 ans. Est-ce que ces citoyens n’en auraient pas assez de la pauvreté ambiante et des repressions?


En dehors de Bè, l’éternel banni et de ses environs, de la grande agglomération de Lomé où la population est très cosmopolite à raison; combien de villes ont tenu le flambeau contre vents et marrées? Énumérons quelques villes du Togo pour vous faciliter cet exercice, notamment Afagnan, Ahépé, Akodésséwa, Baguida, Avépozo, Abgodrafo, Avénou Aného, Anfané, Atakpamé, Kagnikopé, Kamina, Kara, Kélékougan, Korbongou, Kovié, Mission-Tové, Kpalimé, Badou, Tabligbo, Tado, Togoville, Totsigan, Totsivi, Tsévié, Lomé, sokode, Tsévié, dapaong, tchamba, niamtougou, bafillo, notsè, sotouboua, vogan, biankouri, kandé, kpagouda, sotouboua, Tandjouare, Aniée, Kouvé, Kpessi, Guerin Kouka, Agbelouvé, Enfoin, Kpagouda et…


Il est juste question de faire un travail de terrain, de sensibilisation à la grandeur du Togo. C’est en ce sens-là que Tikpi Atchadam dit encore que faire des tournées dans des lieux déjà conquis et mobilisés n’entraine pas de «valeur ajoutée» à la mobilisation et par ricochet à la lutte. Surtout qu’il ne s’agit ni de manifestions, ni de marches de contestations, mais de simples meetings. Cette simple logique devrait passer comme une lettre à la poste. Mais hélas! Que voulons-nous alors, réussir ou continuer le paraitre et au finish encore remettre tout aux calendes grecques? Difficile à comprendre!

De sorte que certains de l’opposition se donnent le malin plaisir à faire la démonstration que T. Atchadam serait en fait l’extrémiste, le «djihadiste» que le pouvoir voudrait bien dépeindre. Ils font ainsi le jeu du pouvoir, inconsciemment ou pas. Aussi curieusement, presque toutes les réticences ou choix stratégiques de T. Atchadam au sein de la C14 sont étalés au grand jour et par moment amplifiés alors que ceux des autres restent dans les cercles fermés. Pourtant T. Atchadam reste dans le groupe par conviction et fait surement des sacrifices additionnels.


Même en sachant que le PNP et ses membres constituent le plus gros contingents d’otages que Faure et ses milices aiment capter, certains de nos compatriotes semblent ne pas vouloir élever les méthodes à un autre niveau d’efficacité.


Par contre, il faut souligner que le PNP d’Atchadam a foncièrement une épine aux pieds en ce qui a trait à la gestion de la communication. Il faut y remédier le plus rapidement possible, à défaut d’en faire les frais, à un moment donné. Car en politique la perception est la réalité ou presque. Cela peut nuire aux actions même les plus nobles et efficaces. Au risque de se faire définir par les autres et non par ses actions. Cette problématique de carence de communication au PNP a été déjà brillement développée par A. Camus, cependant elle ne s’améliore pas encore, malheureusement.

La CÉDÉAO joue sa crédibilité…

Depuis peu la CEDEAO a officiellement pris en main la conduite des négociations C14 vs RPT/UNIR. Il eut des rencontres et chaque camp se fait des illusions. La C14 semble espérer le «miracle» de la CDEOA. Mais quel miracle, sans pression et sans les mettre devant le fait accompli. Il faut toujours un point de rupture pour provoquer la dynamique favorable. Sinon on aura même pas la moitié de la poire. Et c’est ce qui risque d’arriver. Récemment les Burkinabè auraient attendu la CEDEAO ils seraient encore pris avec le système Campaoré.


Vigilance – Vigilance…

Au Togo, Il est fondamentalement question de système et non d’une seule personne (même s’il y a le nom d’une personne, mieux d’une famille). On le sait bien on peut enlever un homme, mais sans détruire le système et rien ne sera acquis.

Il peut arriver qu’au bout du processus sous l’égide de la CEDEAO Faure abdique, cependant sans démanteler le système militaro RPT/UNIR. Que ceux qui ne s’en tiennent qu’au départ de Faure s’en tiennent pour dit. Ces usurpateurs ont accumulé d’immenses richesses et peuvent valablement conserver le pouvoir sans Faure, en jouant sur la misère et l’absence de «futur» pour la jeunesse. Encore une fois, je répète, vigilances et victoire au peuple.

Ainsi, pour terminer je me permets de citer Hermann Attignon : « La connaissance du passé national permet au citoyen de mieux se situer dans le temps et dans l’espace, dans l’Histoire de l’Humanité en marche vers un avenir meilleur et de mieux prendre conscience de ses responsabilités. »

Alors prenons conscience et soyons efficaces pour faire tu Togo l’or de l’humanité!

Merci pour votre temps et bonne réflexion!

Atounouvi Kokou

http://news.icilome.com/?idnews=851615&t=oh-togo,-au-nom-du-peuple,-mais-a-dessein-partisan-et-a-profit! Dimanche, 29 Juillet 2018 3:18

 

En attendant le verdict de la CEDEAO / La C14 divisée sur la conduite à tenir avant le 31 juillet 2018

Togosite le 14 juillet 2018

SAMARI TCHADJOBO 850447  Depuis le 27 juin dernier où les deux facilitateurs dans la crise togolaise Alfa Condé de Guinée et Nana-Akkufo du Ghana s´étaient retrouvés à Lomé pour pondre un communiqué en attendant de rendre compte à leurs collègues de la CEDEAO, chacun va de son commentaire selon qu´il est du côté du peuple ou de celui de la minorité pilleuse.

Et pour que les prochaines recommandations de la part de la CEDEAO le 31 juillet 2017 SAMARI TCHADJOBO 850447soient favorables à la volonté du peuple togolais, on se démène dans tous les sens au sein de l´opposition. Et c´est cette préoccupation qui serait actuellement à la base des querelles larvées au sein de la coalition de l´opposition.

Quel est le problème ?
Au sein de la coalition des 14 partis de l´opposition certains estiment qu´il faudrait organiser des manifestations contre le régime, (marches ou meetings) avant le fatidique 31 juillet ; histoire de faire pression sur le pouvoir et surtout sur les chefs d´état de l´organisation sous-régionale qui sauraient que les togolais ne s´amusent pas, et qui peut-être en tiendraient compte en rédigeant leur feuille de route.

Aux dernières nouvelles la série de manifestations allant d´une visite aux prisonniers aux meetings de sensibilisation à Mango, Bafilo, Sokodé, Lomé, Tsévié, Atakpamé et Kpalimé, prévue pour débuter jeudi 12 juillett vient d´être reportée à la semaine prochaine.

En fait le communiqué sur lequel figurent comme d´habitude les noms des 14 partis membres de la coalition, ne concerne que 13 formations politiques, car le PNP de Me Tikpi Atchadam n´est pas d´accord sur la démarche.

Les arguments avancés par le PNP
Pour le Parti National Panafricain (PNP) il serait plus sage de surseoir à toutes manifestations avant le 31 juillet. Car contrairement aux autres dialogues les actuels pourparlers sont très différents surtout par la volonté de la coalition de l´opposition de ne pas se laisser cette fois-ci rouler dans la farine. L´opposition n´est plus prête à poser sa signature au bas de n´importe quel document comme ce fut le cas dans le passé, pour ensuite être victime de la mauvaise foi légendaire du régime.

L´engagement de la CEDEAO dans la résolution de la crise togolaise à travers deux médiateurs issus de ses rangs donne un caractère régional, sinon international au dialogue. C´est pourquoi, quoi qu´on dise sur le sérieux, la qualité ou la crédibilité des deux médiateurs il faudrait attendre pour voir de quelle nature sera la feuille de route qui sera publiée le 31 juillet prochain avant toute manifestation.

Le 27 juin dernier Alfa Condé et Nana-Akuffo ne pouvaient prendre aucune décision, car ils n´avaient pas mandat de leurs pères de la CEDEAO, raison de plus pour attendre les recommandations de l´organisation sous-régionale dans son ensemble. En plus, la CEDEAO a demandé au pouvoir de Lomé la réalisation des mesures préalables, comme par exemple la libération de tous les prisonniers politiques. La non-réalisation de ces mesures jusqu´au sommet constituerait un élément à charge contre le régime. Donc il faut attendre.

En dehors de ces raisons avancées, le PNP évoque le volet sécuritaire. Les déclarations de Monsieur Payadowa Boukpessi, selon lesquelles l´opposition peut manifester partout sur le territoire national, y compris dans les villes assiégées, ne diminuent en rien la dangerosité et la puissance de nuisance du régime RPT/UNIR. Le pouvoir incarné aujourd´hui par Faure Gnassingbé est acculé de tous les côtés et n´a plus rien à perdre. C´est pourquoi il est plus dangereux que jamais. Il pourrait organiser un bain de sang au cours des marches ou meetings et en faire porter la responsabilité à l´opposition et surtout au PNP qui constitue sa bête noire. Une telle situation de violence ainsi créée par le pouvoir pourrait changer ou influencer négativement la CEDEAO et la Communauté internationale qui pourraient, pour la stabilité de la sous-région, préférer que la démocratie attende encore un peu. Puisque Faure Gnassingbé aurait rejeté toute la responsabilité sur l´opposition et apparaitrait comme le seul garant de la stabilité. Pour qui connaît le régime Gnassingbé pour qui la conservation du pouvoir est une question de vie ou de mort, cette crainte exprimée par Tikpi Atchadam et ses amis au PNP ne doit pas être négligée.

Le PNP n´est pas contre une quelconque mobilisation des populations, mais le parti du cheval estime qu´il y ait encore beaucoup de togolais dormants dans beaucoup de régions du pays où on a comme l´impression que les compatriotes de ces contrées ne se sentent pas du tout concernés par ce mouvement révolutionnaire contre le régime de dictature. Le PNP est conscient du caractère et de l´ambition nationale qu´a chaque formation politique. Le PNP ne dit pas que chaque leader politique doit considérer sa région d´origine comme sa chasse gardée sur laquelle il doit se replier.

Mobiliser et attendre le verdict de CEDEAO, car au lendemain du 31 juillet 2018 il faudrait s´attendre à deux choses : soit les recommandations de l´organisation sous-régionale vont dans le sens de la volonté du peuple, là il faudrait être prêt à sortir et jubiler en remerciant tous ceux qui auront contribué à l´heureuse issue de la crise. Dans le cas préoccupant où la feuille de route de la CEDEAO venait à nous être défavorable, il faudrait réussir à faire sortir les populations des grands jours sur toute l´étendue du territoire. Ceci suppose que l´on mobilise les localités non encore debout depuis bientôt un an. Faire sortir les mêmes et reprendre sera improductif.

L´autre argument-massue brandi par le Parti National Panafricain, c´est le fait que demain, s´il y a élections, le pouvoir trouvera un alibi pour frauder dans ces zones qui ne l´ont pas contesté pendant toute une année de soulèvement. « Car si ces régions étaient le bastion de l´opposition, pourquoi n´avaient-elles pas manifesté contre nous », argumentera à loisir le régime RPT/UNIR.

Voilà résumées les raisons avancées par le PNP pour souligner la non-pertinence des marches ou meetings avant le 31 juillet 2018.
Alors, que ceux qui critiquent la position du PNP aient le courage de sortir les vraies raisons de leur démarche.

Samari Tchadjobo

 

 

 

 

 La crise togolaise vue dans les médias nationaux & internationaux

 

Communiqué des Facilitateurs de la CEDEAO

Togo : Les médiateurs appellent à faire des concessions.

Communiqué final de la CEDEAO

Lily Gnininvi

 

La crise de L’alternance au Togo : Le pouvoir face au casse-tête Cedeao

Il a suscité de polémiques arrangées, le communiqué du 27 Juin 2018 sanctionnant la mission effectuée par le duo des facilitateurs désignés par la Cedeao pour sortir le Togo de la crise ouverte depuis le 19 Aout 2017 sur l’alternance au pouvoir. Mais en réponse à la lecture borgne que certains ont choisi de faire des lignes du communiqué du 27 Juin, la sortie du président Guinéen un des deux facilitateurs lundi dernier sur France 24 vient d’apporter la lumière. Décryptage !

Premier arrêt : Nous n’avons pas appelé à des élections

À la question bien précise du confrère Marc Perelman sur le cas au Togo à savoir : « Vous avez appelé à des élections d’ici la fin de l’année et l’opposition ne semble pas très d’accord. Est-ce que le blocage ne risque pas de se poursuivre au point de déboucher sur des violences ? » La réponse du facilitateur a été à la hauteur de la précision de la question : « Nous n’avons pas appelé à des élections au Togo.

Le problème qui se pose, c’est que l’opposition reproche au gouvernement de préparer des élections sans consensus. […] Nous avons demandé que le parlement actuel reste en place jusqu’à l’élection d’un nouveau parlement et que le gouvernement arrête la préparation des élections. Évidemment, il serait irresponsable de notre part de ne pas donner une date indicative. Nous avons seulement donné une date indicative. Nous n’avons pas appelé à des élections ».

Une réponse qui a le mérite d’éteindre les ardeurs de ceux qui concoctaient jusqu’à lundi dernier des projets de brouillard qu’on sait faire monnayer facilement dans les couloirs bleu turquoise.

Pourtant le message du 27 Juin était bien compris par la première loge du pouvoir de Lomé. « Les deux présidents se félicitent de l’accord entre les parties pour la poursuite des activités du parlement conformément à la Constitution au-delà de l’échéance prévue. Durant cette période, les préparatifs des élections restent suspendus, étant attendu qu’il est souhaitable que ces élections se tiennent avant fin novembre 2018… » ; il est bien clair que tant qu’il n’y a pas de consensus d’ici là il n’y aura pas d’élection. Et consciencieusement on sait très bien que le délai des cinq mois (de Juin à Novembre 2018) est intenable rien que pour le chantier des élections. Et pour cause, le fichier électoral étant à son troisième usage, le code électoral dispose qu’on ne peut plus se contenter d’une simple révision mais on doit carrément organiser un recensement électoral. Qui plus est, il faudra, avant le moindre pas sur ce chantier, obtenir d’abord le consensus sur les reformes à opérer pour garantir l’inclusivité et la transparence de ces élections. En sorte, le communiqué du 27 Juin est un vrai sac de nœud, un labyrinthe remis au pouvoir de Lomé.

Second arret : « nous ne sommes ni un syndicat…….ni des pyromanes ».

Au revers du décryptage borgne que certains ont eu à faire du communiqué du 27 Juin 2018, il s’impose de faire un arrêt sur ces autres propos du facilitateur guinéen pour en déduire tout le sens en toute responsabilité. Apres l’avoir déjà souligné à Lomé, Alpha Condé a tenu à souligner « clairement» à deux reprises dans son entretien sur France 24 « ….nous ne sommes pas un syndicat de chefs d’État qui se soutiennent entre eux » avant d’ajouter «mais nous ne sommes pas non plus des pyromanes ».

Il est clair qu’au fil des jours, les homologues de Faure Gnassingbé sont bien conscients que dégommer son pouvoir plus que cinquantenaire demande beaucoup plus de tact que cela ne l’a été dans d’autres pays de la sous-région. En effet au-delà de cet apanage ethnique qu’on a du pouvoir en Afrique, les donnes et les mentalités sur le terrain togolais sont plus rugueuses que dans tous ces pays voisins où on a réussi le passage du fauteuil présidentiel dernièrement. Pour preuve acteurs vuvuzela du pouvoir ont eu à plusieurs reprises à sortir tout haut ce que leurs frères préparent au cas où l’alternance devrait s’imposer à eux. Les propos « nous ne sommes pas non plus des pyromanes » du Président Condé dénote à suffisance conscience de la Cedeao est bien consciente qu’il y a besoin de déminer les relents de ces esprits togolais retords qui s’enferment encore dans une conception ethnico-militaire du pouvoir. Des esprits qui évidemment se logent aujourd’hui encore à des années lumières des nouvelles donnes géo politico-économiques mondiales.

Esso KPANZOU

Fraternité | Jeudi, 5 Juillet 2018 6:5 |

 

“On ne peut pas repousser les élections ad vitam aeternam”
Le président guinéen Alpha Condé, qui est l’un des deux médiateurs chargés par la Cédéao de tenter de trouver une solution à la crise politique togolaise, était l’invité de RFI mardi.

Il s’est expliqué sur les recommandations faites la semaine dernière concernant l’organisation des élections législatives. Et de rappeler que le scrutin devait ce tenir cette année. Le mandat des députés s’achève ce mois-ci.

‘On ne peut pas repousser les élections ad vitam aeternam. Nous avons donné une date, celle du 28 novembre, cela ne veut pas dire que c’est définitif. C’est donné à titre indicatif’, a déclaré mardi Alpha Condé.

Le chef de l’Etat guinéen espère un accord entre le pouvoir et l’opposition sur des réformes politiques. Si ce n’est pas le cas, il s’en remettra aux instances de la Cedeao.

En reportant les élections aux calendes grecques, le Togo risque de tomber dans l’anti-constitutionnalité.

source : Publié le mardi 3 juillet 2018  |  republicoftogo

 

 

M. Alpha Condé: “Nous avons voulu que l’opposition participe à la gestion …” 02.07.2018

En marge du sommet de l’UA, le président Condé a livré un entretien à France 24 à Nouakchott. Il est revenu sur le dialogue inter togolais.

 

 

I / La crise togolaise devant La CEDEAO : Entre fantasmes, ignorance, mensonges et réalités…

Par Focus Infos 27 juin 2018

Depuis le mois d’août 2017, le Togo est confronté à une crise socio-politique, sur fond de revendications portant sur des réformes institutionnelles et constitutionnelles, vite transformées en la remise en cause de l’ordre constitutionnel actuel. Devant l’incapacité des acteurs politiques à s’entendre sur l’essentiel voire l’important au titre des différents dialogues politiques et des débats parlementaires, la Communauté Economique des Etats de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO) s’est imposée, sur insistance de la C14, comme le médecin-facilitateur de l’impossible togolais. L’implication revendiquée de la CEDEAO dans la crise togolaise est conforme à la Charte des Nations Unies, en l’occurrence l’article 52.3, qui habilite les organisations régionales et sous-régionales à régler prioritairement, par les modalités de règlement pacifique, les crises ou les conflits politiques de leurs Etats membres. Pour autant, l’organisation sous régionale peut-elle aller aussi loin que le soutiennent certains en remettant en cause le pouvoir constitutionnellement établi ? Notre pays présente –t-il les caractéristiques d’un Etat en situation de s’y voir ce genre d’injonctions ?

S’il est vrai que la CEDEAO figure au rang des organisations œuvrant en faveur du renforcement de l’ordre démocratique dans ses Etats membres, conformément au protocole additionnel A/SP1/12/01 sur la démocratie et la bonne gouvernance du 21 décembre 2001, il est tout à fait important de rappeler que les conditions de ses interventions coercitives et non coercitives dans un Etat sont clairement définies dans les textes en vigueur. Evidemment, le Togo est un État membre de la CEDEAO qui a souscrit librement aux engagements de ladite organisation. Il va sans dire qu’en cas de violation d’un engagement quelconque, on s’attendra de la part de celle-ci à la prise de sanctions appropriées.

Or, pour l’heure, le Togo n’a pas encore violé une quelconque disposition de la CEDEAO, au delà de la nécessaire matérialisation des réformes, institutionnelles, politiques et constitutionnelles que le peuple togolais appelle de tous ses vœux depuis l’Accord Politique Global de 2006. L’on est alors étonné par les propositions à sens unique de sortie de crise de la coalition des 14 partis politiques de l’opposition ( C14) et surtout du Front Citoyen Togo Debout (FCTD) qui engageraient la CEDEAO et qui , soit dit en passant, ont été remises à la C14 et à la CEDEAO, mais curieusement ni à l’Union pour la République ( UNIR) ni au gouvernement ; pourtant tous les deux partie prenante à la résolution de la crise.

Autant dire que les propositions sus-rappelées sont grevées d’irréalisme, et donc irrecevables politiquement et insoutenables juridiquement.

Le non-recevoir politique

Les revendications politiques de la C14 et du FCTD sont relatives d’abord à la conclusion d’un accord politique et, ensuite, à la mise en place d’une période de transition politique. Ces deux éléments ne sont point réalistes au regard de la situation politique actuelle.
Sur le premier point, à travers une série de raisonnements difficiles à défendre en toute objectivité, la C14 et le FCTD considèrent caduque la Constitution togolaise de la IVème République révisée le 31 décembre 2002 sur la base de laquelle la plupart des institutions ont été pourtant installées. Il en découle une conclusion majeure qui se matérialisera par un accord politique dans lequel leurs revendications seront acceptées et consignées.
En règle générale, la conclusion d’un accord politique intervient lorsqu’à la suite d’une crise interne mettant aux prises l’opposition et le pouvoir, la Constitution en vigueur ne peut plus s’appliquer et la seule issue est de rechercher et trouver un consensus sur les règles minimales de gestion du pouvoir d’Etat. Il apparaît donc que la Constitution en vigueur doit souffrir, d’abord, d’une déficience juridique et révéler son obsolescence devant l’organisation et le fonctionnement des institutions républicaines. Or, le contexte togolais est étranger à un tel constat. Il n’est actuellement point question d’une situation qui bloque la mise en vigueur de la Constitution actuelle du Togo. En plus, la prémice qui conduit la C14 et le FCTD à nier toute légitimité au parti au pouvoir et à considérer invalide la Constitution révisée, le 31 décembre 2002, est politiquement irrecevable. Il est question de savoir si la modification du 31 décembre 2002 est légale. Aussi longtemps que tous seront d’accord que les amendements de décembre 2002 sont advenus régulièrement, c’est-à-dire en conformité avec le texte constitutionnel et avec le règlement intérieur du Parlement togolais, aucun argument visant à déclarer illégitime l’actuelle Constitution ne saurait être politiquement recevable.

Le Togo n’est donc pas dans une situation de crise insurmontable. Ce que cache véritablement la proposition d’un tel accord, c’est une pure contestation de la légitimité de l’autorité pourtant élue selon les règles constitutionnelles en vigueur dans le pays.

Par ailleurs, sur le terrain politique, on observe toutes les difficultés de la CEDEAO à faire aboutir une négociation au regard même de l’intransigeance d’une opposition qui vraisemblablement a eu de la part du Gouvernement tous les gages notamment juridiques pour une alternance électorale : il s’agit de la possibilité de la révision de la Constitution sur la question de la limitation du mandat présidentiel et celle de l’élection à deux tours. Si ces avancées nomatives suggérées par l’APG de 2006, réitérées par l’Atelier HCRRUN de 2016 et proposées en 2017 ne suffisent pas, on imagine alors toutes les difficultés de la CEDEAO à donner une suite favorable à la proposition d’une transition politique.

Sur le deuxième point, on observera que, dans leurs revendications, la C14 et la FCTD prévoient une période de transition d’une durée de deux ans. Cette période devrait être consacrée à une refonte des institutions en vue de nouvelles élections. A l’analyse, il est envisagé une refonte complète de l’ordre constitutionnel existant. La question se pose de savoir si cette façon de concevoir les choses est la réponse appropriée aux revendications exprimées.
Est-il aujourd’hui impossible de réaliser cette reforme désormais partagée par toute la classe politique par voie parlementaire ou référendaire ? N’est-ce pas cette même opposition qui a rejeté l’idée des reformes en profondeur telle que préconisée par la Commission NANA-DABOYA ?

Le ver est dans le fruit : l’unique objectif de la C14 et du FCTD est d’écarter l’actuel président de la République togolaise du scrutin présidentiel de 2020 par le rappel dans le mémorandum du FCTD que les membres des pouvoirs exécutif et législatif de la transition ne seront pas candidats aux scrutins annoncés… Exclure le chef de l’Etat de la course à la présidence serait un acte discriminatoire prohibé aussi bien par la Constitution togolaise que par divers instruments nationaux et régionaux qu’internationaux.

Loin de faire l’éloge d’une présidence à vie en décalage avec l’urgence démocratique du XXIème siècle, l’on rappellera à la C14 et au FCTD la place du réalisme et du temps en politique.
Au surplus, l’on recherche vainement les manquements du Togo à ses obligations communautaires, au point où, naïvement, certains exhibent le spectre des sanctions politiques, économiques voire militaires.

Le non-défendable juridique

Le Togo est astreinte à des obligations communautaires dont la méconnaissance est susceptible de déclencher un dialogue politique et justifier des sanctions communautaires. Toutefois, la situation togolaise ne semble point être à ce rendez-vous communautaire…

On relèvera, d’abord, qu’il n’y a pas de déficit démocratique au Togo pour au moins quatre raisons objectives, sous réserve, pour l’instant, de ne pas circonscrire le débat à l’absence d’alternance politique et à la non limitation du mandat présidentiel. La première est que le président de la République togolaise a consolidé son pouvoir politique dans le cadre d’élections disputées et concurrentielles. Sa réélection de 2015 a été, par exemple, confirmée et validée aussi bien par les instances internes qu’internationales. Cette élection n’a d’ailleurs pas donné lieu, contrairement aux présidentielles de 2010, à la moindre contestation populaire ni politique de la part des candidats ayant participé au scrutin.

La reconnaissance internationale des grandes puissances telles que la RFA, la France, les USA , l’UE, d’une part, et les reconnaissances politique et économique des partenaires techniques et financiers, d’autre part, en sont révélatrices.

La deuxième raison est que depuis lors, la démocratie (démocratie ou gouvernance) économique a connu une nette amélioration que la plupart des partenaires au développement ayant rompu avec le Togo sont de retour dans le pays pour y investir. La troisième est que, même dans la crise, le gouvernement est resté attentif au respect des droits de l’homme, notamment en mettant en œuvre un encadrement responsable et acceptable des manifestations publiques de la société civile comme de l’opposition afin que celles-ci ne dégénèrent en des situations de violation gratuite des droits de la personne humaine.

Et enfin la quatrième et non moins importante raison, c’est la liberté de la presse dans le pays. Il est connu aujourd’hui que la presse privée et l’audiovisuel ont pu, tout le temps de la crise, s’exprimer sans la moindre inquiétude sur tous les sujets. L’on est d’ailleurs abasourdi devant la virulence des critiques acerbes contre le pouvoir en place sur les radios privées, la presse en ligne et les réseaux sociaux. Dans un régime antidémocratique ou frappé d’un déficit démocratique sensible, il n’est sans doute pas possible pour des activistes politiques ou des journalistes d’aller proférer sur les médias des critiques acerbes, des appels à la démission du Chef de l’État, des éloges à la désobéissance civile, voire même des incitations à la haine, sans craintes de représailles. Or l’on assiste à cette pratique depuis le début de la crise.

Revenant à la question de l’absence d’alternance politique qui est souvent évoquée pour entacher l’image, certes non immaculée mais acceptable, de la démocratie togolaise, il est à noter que dans aucune démocratie du monde l’alternance politique ne se décrète ni ne se créée artificiellement juste par nécessité de conformisme aux édits normatifs. Elle reste irréductiblement le fruit de compétitions électorales bien disputées entre forces politiques inégales mais jouissant toutes de conditions concurrentielles égales et légales. En présence de telles conditions, ce qui est le cas du Togo, l’on ne peut conclure à un déficit de démocratie juste parce que sur plusieurs compétitions, les jeux électoraux s’avèrent favorables à une seule et identique force politique. Pour rappel, c’est le travail acharné, légal et multiforme des forces politiques de l’opposition en vue d’une alternance électorale, qui consolide et affermit la démocratie. Et au Togo, l’on ne demande pas plus à l’opposition dont les atouts ne sont pourtant pas négligeables.

Quant à la non-limitation des mandats présidentiels consacrée par l’article 59 de la Constitution en vigueur, bien qu’une très large opinion aux plans sous-régional et national se soit exprimée en faveur de sa reconsidération, il est utile de rappeler qu’au regard de l’étalon normatif, elle ne constitue en rien un indice de déficit démocratique dès lors que les conditions du pluralisme politique et de l’alternance démocratique jouissent d’une certaine garantie formelle. En effet, il y a de nombreux pays réputés comme de grandes démocraties dont les constitutions n’ont pas formalisé le principe de la limitation des mandats. Si c’est le peuple qui arbitre, sanctionne ou promeut les dirigeants à chaque fin de mandat, et que les dispositions juridiques et techniques rendant effectif l’exercice de cette prérogative existent, la limitation ou non des mandats ne revêt alors que d’une importance relative.

En tout état de cause, depuis la signature de l’accord politique RPT/UFC, ce principe avait été acquis par le parti au pouvoir et aussi par l’opposition. Si jusqu’à ce jour la disposition n’a pas encore été amendée,ce n’est donc nullement pour un quelconque rejet du principe par les acteurs politiques, mais plutôt à cause l’incompatibilité des différents calculs politiques des uns et des autres. Les responsabilités sont alors partagées. Les arguments ci-dessus viennent ainsi balayer la thèse de déficit de démocratie au Togo.

Certes, la démocratie togolaise doit être affermie et consolidée par des reformes constitutionnelles aujourd’hui partagées. S’il n’y a donc pas de déficit de démocratie, comment pourrait-on alors parler de sanctions de la CEDEAO ?

On précisera, ensuite, que les circonstances devant justifier la mise en œuvre des sanctions de la CEDEAO contre l’un de ses membres défaillants sont introuvables dans le cas du Togo. Le régime juridique des sanctions de la CEDEAO est déterminé par l’article 45.1 du protocole additionnel de 2001. Il dispose en effet qu’en « cas de rupture de la démocratie par quelque procédé que ce soit et en cas de violation massive des droits de la personne dans un Etat membre, la CEDEAO peut prononcer à l’encontre de l’Etat concerné des sanctions ». Y a t-il une quelconque rupture de la démocratie au Togo ? Y aurait-il violation de l’ordre constitutionnel de la part du Gouvernement togolais ? Y a-t-il refus manifeste du Chef de l’État de donner bonne issue aux revendications légales, c’est-à-dire pro-constitutionnelles, de la rue togolaise ? Non. En toute hypothèse, le Togo n’est point confronté, depuis le 19 août 2017,à une rupture de l’ordre démocratique ni à une violation massive des droits humains comme le prétendent la C14 et le FCTD, au delà des événements de 2005 ayant justifié la signature de l’APG. La CEDEAO ne pourra alors que rapprocher les positions des parties en présence, loin de tout égo ou incantation politique.

Somme toute, l’avenir du Togo n’est pas hypothéqué. La fin de la crise togolaise réside uniquement dans la volonté des protagonistes de faire prévaloir l’intérêt général sur les intérêts particuliers.

La majorité présidentielle et le gouvernement sont fermement attendus sur les réformes constitutionnelles en profondeur, en marge du saut politique gouvernemental au titre du projet de loi constitutionnelle du 05 septembre 2017. Il appartient également à la C14 et au FCTD de retrouver rapidement le chemin du réalisme politique et juridique et de démontrer leur réelle disponibilité à transcender la rhétorique permanente de crise.

Source : Focus Infos 27 juin 2018

http://focusinfos.net/la-crise-togolaise-devant-la-cedeao-entre-fantasmes-ignorance-mensonges-et-realites

II / Propositions de Gally, Ajavon et Degli :Une sortie ratée

Ils auraient pu mieux faire. Ils auraient même dû mieux faire. Au regard de leur profil, de leur parcours et de leur engagement en faveur d’un Togo moderne, démocratique et réconcilié. Mais les avocats Djovi Gally, Zeus Ajavon et Jean Dégli, se sont contentés d’un service minimum, reprenant quasi in extenso les solutions de sortie de crise proposées par l’opposition, ratant ainsi leur propre sortie.

L’annonce de la conférence de presse qu’allaient tenir ce 29 mai les avocats Djovi Gally, Zeus Ajavon et Jean Dégli, sous l’égide de l’Association pour la promotion de l’état de droit (APED) devait constituer une séquence importante dans le contexte politique actuel , avec le blocage du dialogue et la persistance de la crise. Notamment au regard du profil du trio. D’abord sur leurs compétences et expertises. Gally comme Dégli sont (ou ont été ?) de brillants avocats tandis que Ajavon, s’il l’est devenu plus tard dans sa carrière, a formé à l’université de Lomé (anciennement Université du Bénin), l’essentiel des juristes de notre pays.

Ensuite, pour avoir été pris aux premières loges lors du début du processus démocratique à des degrés divers, Gally et Dégli ayant été par exemple ministres, ils en maîtrisent les contours et ont par ailleurs activement participé à la rédaction ou à la mise en œuvre des textes objets de contentieux aujourd’hui. Enfin, les uns et les autres ont pris du recul vis-à-vis de l’engagement actif sur le terrain. De fait, leurs propositions étaient très attendues en ce qu’elles devraient être élaborées quasi « scientifiquement », pertinentes, cohérentes et innovantes ; loin des contingences habituelles des formations politiques et des intérêts de ceux qui gravitent autour, sous l’appellation opportune ou non de société civile. Certes, personne n’est assez naïf pour croire que leurs idées seraient des solutions miracles immédiatement exploitables par la classe politique ; celles-ci n’étant à la fin que ce que veulent bien en faire les protagonistes de la crise. Mais elles devaient refléter une expérience certaine et une hauteur de vue assumée. En lieu et place, la plate-forme a été le lieu de généralités et de postures habituellement campées par l’opposition, enlevant malheureusement à l’exercice tout équilibre indispensable à une démarche qui se prétend être une voie de sortie de crise. Cette dernière, intrinsèquement et essentiellement, supposant l’opposition entre deux parties.

IRREALISTES :

Si une partie des propositions du trio peut être considérée comme attendue pour des défenseurs des droits de l’homme, notamment la libération des détenus, l’exercice plein et entier sur toute l’étendue du territoire de la liberté constitutionnelle de manifester, ou encore la mise en œuvre diligente des réformes, d’autres sont plus problématiques. Voire irréalistes , au sens premier du terme, en ce qu’elles n’ont aucune prise sur ni la réalité des institutions ni sur le rapport de force politique, se contentant de reprendre des exigences de la coalition des 14 partis, sans en étayer les motivations, juridiques ou politiques. C’est d’ailleurs la faiblesse essentielle de ces propositions qui ne sont étayées par quelques arguments.

De fait, en demandant « la mise en place d’un Gouvernement de transition avec un premier ministre désigné au sein de l’opposition démocratique », le trio n’explique pas pourquoi et en vertu de quoi, alors qu’un gouvernement issu d’élections pluralistes tenues en 2013 et auxquelles les principales formations politiques du pays ont participé, devrait se faire hara-kiri au profit d’un autre dit de transition, alors même que ce gouvernement n’est pas paralysé dans ses actions et dans la mise en œuvre de sa politique. Ni au nom de quoi, un parlement dont d’ailleurs le mandat arrive à expiration très prochainement, offrant ainsi l’opportunité de son renouvellement et l’occasion d’une nouvelle majorité, devrait être dissous ; alors même qu’il fonctionne normalement, que les députés de la C14 y siègent régulièrement et y perçoivent y compris sans retard, leurs indemnités ?

En outre, l’idée d’une instance internationale pour remplacer la CENI en vue de l’organisation et de la supervision des élections législatives prochaines, des locales et de la présidentielle de 2020 est tout aussi curieuse. En effet, au-delà de l’argument de la souveraineté encore une fois dans un contexte où il n’y a pas de paralysie des institutions, cette proposition ne s’inspire pas suffisamment d’expériences d’ailleurs. Certes, l’idée est de d’établir la confiance des compétiteurs dans les institutions organisant les scrutins et d’en garantir la transparence et l’équité. Mais elle ne prend pas suffisamment en compte le fait dans les deux pays de la sous-région où à l’époque moderne cette expérience a été implémentée, elle ne fut pas tout à fait heureuse.

En octobre 2010, face à la situation explosive précédant le 2è tour des élections présidentielles guinéennes, le général malien Siaka Toumani Sangharé, a été nommé à sa tête, compte tenu de l’impossibilité de trouver une personne neutre faisant l’unanimité des candidats politiques, le syndicaliste Louseny Camara qui la dirigeait, était soupçonné par Cellou Dalein Diallo de rouler pour l’autre Alpha Condé. Si l’élection eut finalement lieu sans trop de heurts, ses résultats ne convainquent pas les partisans de Diallo qui fut annoncé battu, alors même qu’il est arrivé en tête lors du premier tour avec 43% des voix devant Condé 18%. Il a fallu beaucoup de diplomatie et l’appel à d’autres ressorts pour que la situation ne dégénère pas. Ce qui ne fut pas le cas en Côte d’Ivoire où malgré la certification mise en place par l’ONU et sensée mettre d’accord les candidats, il a fallu une intervention militaire de l’armée française pour mettre fin à la crise post-électorale, opposant Laurent Gbagbo à Alassane Ouattara. C’est dire donc que le recours à des solutions étrangères n’est pas une garantie de non contestation. L’idée du déploiement d’une force de la CEDEAO, avant, pendant et après les élections part aussi d’un bon sentiment. Mais difficile à vendre aux autorités civiles et militaires d’un pays qui n’est pas en guerre et non confronté à une insécurité y compris politique de masse. D’autant plus que les manifestations qu’organise régulièrement la C14 sont encadrées sans difficultés majeures par les forces de l’ordre qui assurent la sécurité de la plupart des leaders lors de leurs déplacements.

En convoquant l’âme et la conscience et uniquement elles, de Faure Gnassingbé par rapport à sa candidature de 2020, les trois avocats reconnaissent implicitement qu’en cas de réformes, y compris avec la mention « en aucun cas nul ne peut faire plus de deux mandats consécutifs » ajoutée à la disposition limitant les mandats présidentiels, le président de la République, s’il le désirait, pourrait juridiquement être de nouveau candidat. Même s’ils n’ont pas voulu expressément l’exprimer ainsi, sans doute par peur de la réaction du fameux « peuple », il faut tout de même le mettre à leur crédit. Et justement par rapport à ce « peuple », dont les aspirations profondes doivent être prises en compte par la CEDEAO afin que les recommandations qu’elle fera contribuent réellement à l’avancement du Togo, il eût été utile que les auteurs de ces propositions explicitent leur définition du peuple, où situent-ils et quelle est la place de ceux qui pensent différemment de ce « peuple », et par quel mécanisme ont-ils sondé et recueilli ces aspirations ?

Source : Sourhttp://focusinfos.net/propositions-de-gally-ajavon-et-degli-une-sortie-ratee/ce :

III / Dialogue politique : La méthode du CAR

On peut considérer que ses propositions soient régulièrement parmi les meilleures sur l’échiquier politique et relativement à de multiples sujets. Mais le Comité d’Action pour le Renouveau (CAR), empêtré souvent dans des contradictions et hanté par le populisme qu’exalte la rue, les assume peu jusqu’au bout. L’idée avancée par son président Me Yawovi Agboyibo , relevant au minimum du simple bon sens , mais pourtant fraîchement accueillie par ses pairs, en est la parfaite illustration.

Le 02 juin dernier, au sortir de la séance de travail qui a réuni autour d’une délégation de la Commission de la Communauté Economique des Etats de l’Afrique de l’Ouest ( CEDEAO) tour à tour les leaders de la Coalition des 14 partis de l’opposition ( C14), les membres de l’Union pour la République ( UNIR) et des représentants du gouvernement, Me Yawovi Agboyibo s’est confié à nos confrères d’Afreepresse. Selon lui, au-delà des difficultés à rapprocher les points de vues des protagonistes de la crise sur des questions essentielles, la cadence ralentie des rounds de discussions tient aussi à la configuration même du cadre du dialogue. Qui repose principalement sur les épaules du facilitateur ghanéen, Nana Akufo Addo qui doit parallèlement, assumer et assurer les lourdes tâches de chef d’état du Ghana.

De fait, le président du CAR a-t-il révélé que dans un courrier adressé le 21 mai aux autres partis de la coalition, il a proposé que le format du dialogue soit revu de telle sorte que les points inscrits à l’ordre du jour soient discutés dans un premier temps, en présence des représentants des facilitateurs, entre les protagonistes sous la direction d’un bureau constitué d’un commun accord par les deux parties et qu’en cas de désaccord persistant sur un ou plusieurs points discutés, il soit fait appel au facilitateur. Cette proposition somme toute logique et qui, en terme de méthodologie aura pour vertu d’accélérer le rythme d’un dialogue dont la qualité première n’a pas été jusque-là la rapidité alors qu’il était prévu pour ne durer initialement que quelques jours, a été rejetée par plusieurs membres de la C14, à la tête desquels l’Alliance Nationale pour le Changement ( ANC). «
«A croire que certains ne sont pas pressés d’en finir avec cette crise qui n’a que trop duré » se désole –t-on du côté du CAR. Où on relève que cette méthodologie n’enlève en rien aux positions ou aux revendications posées depuis le début sur la table. De fait, la proposition n’a pas pu être présentée à la Commission de la CEDEAO ni à UNIR ou au gouvernement. Toutes les parties sont désormais suspendues aux décisions et recommandations que fera la CEDEAO dans les prochains jours et qui seront dit-on contraignantes car comme l’a relevé à juste titre l’ancien Premier ministre, contrairement au dialogue national de 2006, celui ouvert le 19 février échappe entièrement désormais à la maîtrise des Togolais. La faute à l’absence d’un minimum de consensus et à la persistance d’une situation dont nos voisins ne peuvent plus s’accommoder.

Source : Focus Infos 7 juin 2018

 

Faure joue avec le feu en forçant les elections et risque de le regretter amèrement [Jean Degli]

– [ 1/12/2018 10:16:11 AM ]

 

Emission Taxi Presse du 11 Janvier 2018 Me Jean DEGLI de Batir le Togo était l’invite.

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Panel Dialogue inter-togolais

Thème de discussion : Dialogue inter-togolais

Invité : A partir du 20 Décembre 2017

Par Moderateur : Albert Kate

Le dialogue inter-togolais se tiendra dans les prochains jours.
Selon vous, quelle doit être la priorité des priorités sur la liste des sujets qui vous tiennent à coeur?
Si les discussions se passent bien, que pourriez-vous prédire à la suite dialogue?
S’il faut citer une chose que vous souhaitez voir être accomplie d’ici la fin de ce dialogue ce serait quoi?

 

Réponse de Dr. Kampatib

 

Réponse de Dr Edem Atsou Kwasi

Le dialogue inter-togolais se tiendra dans les prochains jours. Selon vous, quelle doit être la priorité des priorités sur la liste des sujets qui vous tiennent à cœur ? 
Le Collectif de résurgence de la diaspora (CRD) Togo et le Mouvement KEKELI (MK) tiennent à exprimer leur gratitude à l’équipe d’icilome.com pour l’initiative du présent débat. Avant toute chose, le CRD-TOGO et le MK (CRD-MK) souhaitent une Radieuse année 2018 à toutes les filles et tous les fils du Togo tout entier avec leurs vœux d’Amour, de Lumière, de Paix, de Joie et d’Accomplissement plénier à tous égards.
Depuis le 06 novembre 2017 que le dialogue inter-togolais est annoncé, force est de reconnaître qu’il peine à s’ouvrir alors que la rupture de confiance et la fracture sociale sont très accentuées dans le pays et que les défis à relever sont multiples et urgents.
Dans ce contexte, les mesures visant le retour de la confiance et l’apaisement dans le pays semblent, du point de vue du CRD-MK, la priorité des priorités dont doivent convenir ensemble toutes les parties prenantes au dialogue annoncé.
Le Gouvernement doit pouvoir courageusement procéder à la libération sans conditions de tous ceux qui sont encore détenus dans le cadre des mouvements de revendications déclenchés depuis le 19 août 2017. Nous pensons notamment aux membres du Mouvement citoyen Nubueke et ceux du Parti national panafricain (PNP) encore privés de liberté.
Il importe également que le dialogue s’élabore, s’ouvre et se conclue dans un esprit hautement patriotique au-delà de toutes considérations partisanes.
Le CRD-MK invite toutes les parties prenantes à ce dialogue à ne pas sous-estimer les aspirations profondes du Peuple togolais au vivre ensemble harmonieux et au mieux-être quotidien.
Une révolte populaire et une revendication politique sont à nuancer. Si la seconde peut être le fait d’un regroupement politique, le premier n’est rien d’autre que l’expression de l’exaspération du peuple face aux dysfonctionnements multiples dans la gestion des affaires publiques.
Nous sommes convaincus au CRD-MK que le Togo est secoué par une grande révolte populaire pour le moment encadré par les forces politiques de l’opposition érigées en véritable filet protecteur dont se couvre le pouvoir en place. Mais pour combien de temps encore ?
Le radicalisme sur fond de calculs politiciens, la diversion, la politique de l’autruche, forme puérile de reprise en main, prônée par d’aucuns risque d’entraîner une implosion sociale doublée d’une insurrection populaire aux conséquences désastreuses.
Au regard des considérations qui précèdent, le CRD-MK estime que le dialogue annoncé doit impérativement être le rendez-vous des Bâtisseurs. Il doit se dérouler sous médiation internationale impartiale et doit devoir arrimer les choix à opérer à la saison cosmique actuelle de l’Humanité et de Gaïa, notre planète Terre-Mère.

Si les discussions se passent bien, que pourriez-vous prédire à la suite ?
La déclinaison actuelle des événements sauf sursaut patriotique ne présage pas de négociations républicaines en perspective tant les extrémistes de tous bords semblent arc-boutés sur des agendas intenables et non conciliables avec l’intérêt supérieur de la Nation togolaise.
De tout cœur, le CRD-MK souhaite un véritable sursaut patriotique à tous les niveaux en vue de l’ouverture rapide d’un véritable dialogue républicain à même d’apporter des réponses conséquentes aux légitimes revendications du Souverain Peuple togolais. À ce titre, il n’est pas de trop de privilégier l’option d’une procédure d’urgence pour l’opérationnalisation des décisions du dialogue vu l’ampleur de la crise et les risques d’implosion sociale dont il ne faut se méprendre. Il faut absolument éviter le passage en force par voie référendaire pour opérer les réformes constitutionnelles ainsi que l’envisage le Pouvoir de Lomé à la lumière de l’adresse à la Nation du 03 janvier 2018 du Président de la République.
Dans le contexte sociopolitique actuel du Togo, la mise en place d’un gouvernement de mission intégrant toutes les forces du pays avec une feuille de route bien définie s’avère indiquée.Pour mémoire, les propositions contenues dans l’interview du 17 octobre 2017 de M. Sylvestre Apedo, vice-président du Conseil d’administration du CRD-TOGO, à la radio togolaise PYRAMID FM gardent toutes leurs pertinences. La plupart de ces éléments sont d’ailleurs contenus dans le point III de l’Accord politique global du 20 août 2006 à savoir, la poursuite des réformes constitutionnelles et institutionnelles nécessaires à la consolidation de la démocratie, de l’État de droit et de la bonne gouvernance :
1- La démission rapide du gouvernement annoncée par Faure Gnassingbé lui-même dans une adresse à la Nation pour répondre aux préoccupations légitimes du Souverain Peuple togolais
1- La formation d’un gouvernement de mission pour un retour de la confiance et la mise en œuvre des réformes constitutionnelles et institutionnelles
2- Le retour du projet de loi portant réformes constitutionnelles à l’Assemblée Nationale avec intégration des amendements de l’opposition parlementaire
3- La rencontre inclusive sur la réforme des institutions. Celle-ci devra déboucher sur une nouvelle Cour Constitutionnelle, une nouvelle HAAC, la mise en place d’une CENI purement technique, un accord sur l’audit du fichier électoral, le découpage électoral et le cadre électoral.
4- La libération de tous les détenus politiques et une véritable politique de réparation et de justice aux victimes de violence dans un souci d’authentique réconciliation nationale
5- La certification des élections à venir par une instance internationale acceptée par toutes les parties.

S’il faut citer une chose que vous souhaitez voir être accomplie d’ici la fin de ce dialogue ce serait quoi ?
Le CRD-MK souhaite après plus de deux mois de consultations que s’ouvre enfin courageusement le dialogue tant annoncé dans une perspective de refondation de la République.
Le temps presse et joue contre les principaux protagonistes de la crise qui risquent à terme de faire les frais d’un excès de calcul politicien.
Par ailleurs, au regard du contexte géopolitique et géoéconomique mondial actuel, le CRD-MK souhaite vivement la mise en place d’un Conseil Stratégique de la République (CSR) devant accompagner l’action gouvernementale. Ce Conseil doit rassembler quelques meilleures expertises du Togo et de sa diaspora, et devra se pencher sérieusement sur le plan stratégique de refondation du Togo à même d’en faire un pôle de rayonnement régional et continental sur les plans politique, économique, scientifique, culturel, philosophique et spirituel.
Pour terminer, le CRD-MK tient à réitérer sa compassion à toutes les victimes des douloureux événements survenus dans notre pays depuis le 19 août 2017. Il souhaite un prompt rétablissement aux blessés et traumatisés de tous ordres. Il adresse ses Lumineuses Pensées à tous les réfugiés où qu’ils se trouvent et exhorte les autorités à prendre toutes les dispositions rassurantes pour faciliter le retour au bercail de ceux qui le souhaitent.
Plaise à Dieu que l’Amour triomphe du non Amour pour plus de Justice sociale, de Paix, de Prospérité partagée pour tous, de vérité des comptes publics et des urnes au Togo !

Dr Edem Atsou Kwasi
Président du Conseil d’administration du CRD-TOGO

 

Réponse de Mr. Ayité CREPPY, Porte parole du mouvement Coalition de la diaspora togolaise.

En préalable , nous tenons à préciser que mes propos sont portés par la coalition de la diaspora pour l’alternance et démocratie au Togo. Cette coalition comme son nom l’indique, œuvre sans relâches  pour qu’advienne l’alternance et la démocratie au Togo.
En ce début d’année 2018 cruciale pour l’avenir du TOGO, nous tenons à présenter nos sincères vœux au peuple Togolais en nous exhortant qu’il est grand temps d’OSER LA DEMOCRATIE ! L’ALTERNANCE DEVIENDRA UNE EVIDENCE ET LA PAIX, UNE REALITE.

Aussi, avant de parler d’un éventuel dialogue, il conviendrait de s’entendre sur la forme et le fond. En tant qu’émanation ou partie de la société civile et proche du peuple, nous nous référons aux revendications de la population Togolaise. La population ne marche pas pour demander un dialogue. Certains parlent de dialogue, d’autres de médiation ou de négociation.
Nous pensons qu’il faut s’asseoir pour en définir les contours et les éventuels participants. Il est en effet inutile de vouloir battre le record des dialogues stériles.
Nous proposerons une rencontre avec une médiation forte et des conclusions exécutoires.
Mais comme préalable important à ces rencontres, il faut que la médiation puisse s’assurer de disposer d’une force d’interposition entre l’armée et la population togolaise.
L’histoire récente du Togo (Conférence Nationale) nous fait craindre en effet une immixtion de l’armée dans le débat, si les conclusions ne vont pas dans le sens de leurs intérêts.

1. Le dialogue inter-togolais se tiendra dans les prochains jours. Selon vous, quelle doit être la priorité des priorités sur la liste des sujets qui vous tiennent à cœur?

PARLER DE PRIORITÉ DES PRIORITÉS DANS LA SITUATION TOGOLAISE NE DOIT PAS OCCULTER LES 3 FONDAMENTAUX SUIVANTS :
–          Le peuple togolais est un peuple formidable qui a pris son destin en mains pour sa dignité car les revendications portées ne sont pas politiciennes,  elles révèlent une responsabilité intrinsèque de ce peuple et une maturité exemplaire  en vue de forger son destin.
–          La diaspora Togolaise qui est une diaspora de devoirs, porte aux nues cette volonté  populaire de liberté car c’est la condition nécessaire de l’avenir du Togo avec elle.
–          Une prise de hauteur nous amène à nous interroger sur la nature et la pratique du pouvoir essentiellement clanique, tribale, binaire violente, clivante ,  sourde, monolithique et exclusive qui est une insulte permanente à la sagesse et à l’intelligence des Togolais. On a cette impression qu’en dehors de cette forme de pouvoir, certains dirigeants n’existent pas, ne vivent pas, ne respirent plus. Une révolution culturelle est également indispensable à ce niveau car on peut servir son pays sans s’asservir. La noblesse de la fonction politique doit atteindre tous ceux qui y aspirent.
DANS CES CONDITIONS , la priorité des priorités est de recréer LA CONFIANCE en accédant aux 3 volontés démocratiques, à savoir : la démission de M. Faure Gnassingbé, le retour à la constitution originelle de 1992 en tenant compte des amendements des forces démocratiques, le vote de la diaspora togolaise toutes générations confondues.

2. Si les discussions se passent bien, que pourriez-vous prédire à la fin?
TOUTE DISCUSSION POLITIQUE SERIEUSE nécessite :
-Une trêve (arrêter la répression, des principes (viser le bien commun des Togolais,  l’intérêt général, la paix civile).
-Des résultats escomptés sans oublier une conférence de méthode.
NOUS VOUDRIONS PRÉDIRE QUE LE TOGO ENTRE ENFIN DANS LE CERCLE VERTUEUX D’UNE RÉPUBLIQUE démocratique moderne avec des institutions revitalisées, des élections transparentes,  la vérité des urnes, des électeurs intégrant la diaspora,  un esprit de Tolérance porté et incarné,  des valeurs communes de nouveau en marche. Un Togo , où chacun devra avoir sa place.

3. S’il faut citer une chose que vous souhaitez voir être accomplie d’ici la fin de ce dialogue ce serait quoi?
La paix (civile, politique,  sociale et économique) et son résultat le plus palpable : l’ALTERNANCE.
Nous tenons à remercier enfin iciLome.com pour son écoute et nous demandons à toutes les  forces vives que la RÉVOLUTION DEMOCRATIQUE du TOGO  reste la seule condition pour aller vers notre  vocation nationale commune : FAIRE DU TOGO l’ OR De L’HUMANITE

 

Réponse de Kafui Adjamagbo-Johnson Présidente CDPA. Coalition des 14

Réponse de Mr. Koffi Senam NYAZOZO, Mouvement NUBUEKE

Le dialogue inter-togolais se tiendra dans les prochains jours.

1- Selon vous, quelle doit être la priorité des priorités sur la liste des sujets qui vous tiennent àcœur?
A titre liminaire, il faut relever que la tenue des « négociations » trivialement appelées « dialogue »ne pourrait être effective sans la satisfaction au préalable des mesures d’apaisement. Notamment, lalibération des personnes arbitrairement détenues dans des conditions déplorables dont :
– M. Dodji EZA notre Vice-Président arbitrairement détenu depuis le 26 octobre 2017
– M. Messenth KOKODOKO arbitrairement détenu depuis le 19 octobre 2017
Aussi, la cessation des intimidations devrait-elle permettre le retour de nos membres contraints à
l’exil.
Rappelons à toutes fins utiles, que le harcèlement dont est l’objet le Mouvement NUBUEKE,
organisation de la société civile, est de travailler conformément à ses objectifs statutaires, à l’éveildes consciences par la sensibilisation sur les droits et devoirs du citoyen, et à titre subsidiaire, ladistribution de sachets d’eau au cours des manifestations pacifiques tant aux forces de l’ordre qu’auxmanifestants.
Ensuite, doit primer sur la liste des sujets, la mise en œuvre des revendications légitimes du Peuple,incarnées par l’Accord Politique Global, relayées par la CVJR et source de manifestations pacifiquesdepuis le 19 août dernier.
C’est-à-dire :
– la restauration de l’article 59 de notre Constitution
– l’effectivité du droit de vote de la diaspora
– les réformes institutionnelles assorties d’une révision du cadre électoral
Dans ce cadre, les acteurs doivent éviter d’aborder les négociations en mettant en perspective unelutte de clans ou d’hégémonie. Ces acteurs doivent tenir compte de ce qui permettrait à chaquetogolais de se nourrir, se vêtir, se soigner et travailler ; donc de satisfaire ses besoins fondamentauxdans un pays où l’arbitraire n’est pas érigé en mode de gouvernance.

2- Si les discussions se passent bien, que pourriez-vous prédire à la suite ?
Nous parlons de discussions ou de négociations, donc difficile d’en prédire l’issue. Toutefois, il estdans l’intérêt supérieur de celles et ceux qui seront autour de la table, de faire en sorte que ce soit lePeuple Togolais qui gagne et non des intérêts particuliers.

3- S’il faut citer une chose que vous souhaitez voir être accomplie d’ici la fin de ce dialogue ceserait quoi?
Comme préalablement indiqué, seule la préservation de l’intérêt du Peuple Togolais est en jeu. C’estdonc l’unique souhait qui tienne, à l’effet de permettre à notre Pays de s’inscrire au tableau des paysengagés dans un cycle de renouvellement politique. C’est-à-dire faire en sorte que le Togo, au termede ces négociations, cesse d’être cet îlot antidémocratique, source de curiosité en AfriqueSubsaharienne

Réponse Elliott Ohin VP UFC. Ministre auprès du Premier ministre

 

Réponse du Prof. Zeus Ajavon

 

 

 

Réponse du Ministre Gilbert Bawara

 

 

Réponse de Dr Yves Ekoué AMAÏZO

Quelle doit être la priorité des priorités sur la liste des sujets qui vous tiennent à cœur ?

Réponse à la question 1 par le Dr Y. E. Amaïzo :

Je tiens au nom des membres du Collectif pour la Vérité des Urnes-Togo-Diaspora à remercier IciLomé et l’ensemble de ses collaborateurs pour l’initiative d’associer la population et certains leaders d’opinions et d’influence à cet échange original.

Cela étant dit, la question me semble mal posée car lorsqu’il s’agit de traiter du cas Togo, la priorité des priorités pour le CVU-TOGO-DIASPORA est de trouver les conditions de sécurité, de transparence et d’équité dans le processus qui doit conduire à la vérité des urnes et à la vérité des comptes au Togo. Autrement dit, la priorité des priorités est que ceux qui sont au pouvoir et qui ont:

2.1 refusé d’honorer leur engagement inscrit dans l’accord politique global (APG) de 2006 (accepté par les représentants du pouvoir de Faure Gnassingbé et ceux de l’opposition de l’époque) ;

2.2 refusé de mettre en œuvre de manière proactive les recommandations du rapport de la Commission Vérité, Justice et Réconciliation (CVJR) de 2012 ;

portent l’essentiel de la responsabilité de la crise multiforme togolaise (électorale, constitutionnelle, institutionnelle, politique, militaire, sociale, culturelle, et psychologique).

La priorité des priorités pour le Peuple togolais n’est pas différente des préoccupations de CVU-TOGO-DIASPORA même si :

  • une cristallisation s’est faite sur le retour à la Constitution de 1992 avec des négociations sur les conditions de sa mise en œuvre immédiate ou négociable ;

  • le vote de la Diaspora togolaise (plus de 2 millions de personnes concernées) ; et
  • les réformes électorales et institutionnelles nécessaires pour une alternance pacifique, contrôlée par le Peuple togolais et reflétant la vérité des urnes.

La crise togolaise ne peut s’expliquer sans les interférences liées à des acteurs puissants du secteur privé comme du secteur public, adeptes de la post-colonie et contrôlant une partie importante des ressources du Togo grâce à des relations d’affaires avec des affidés du pouvoir.

En effet, les intérêts de ces derniers se sont confondus avec ceux qui contrôlent le pouvoir au Togo et sont trop souvent contraires aux intérêts des populations togolaises.

Réduire tout ceci à l’identification d’une priorité des priorités revient en fait à considérer hiérarchiser les problèmes au point de ne traiter que certains et laisser d’autres. Alors que tous ces sujets sont interdépendants et n’ont pas été analysés, ni même accordé un début de solution par le pouvoir RPT/UNIR.

Cette démarche consistant à sélectionner les sujets parmi des sujets interdépendants, -si elle devait se confirmer dans le cadre du dialogue inter-togolais-, serait un piège pour exclure par exemple le vote immédiat de la Diaspora des négociations.

La priorité des priorités est la démission du Gouvernement de Komi Sélom Klassou afin de permettre une représentation équitable au Gouvernement des représentations des composantes de la population togolaise exclues, à savoir la coalition des 14 partis politiques, la Diaspora togolaise, la société civile togolaise et les militaires républicains. Le pourcentage de représentation devra faire l’objet d’une négociation. Ce n’est qu’à cette condition que le retour à la Constitution originelle de 1992 sera possible. A moins qu’un coup d’Etat pacifique ou non pacifique intervienne par surprise !

 Question 2 : iciLome.com :

Si les discussions se passent bien, que pourriez-vous prédire à la suite dialogue ?

Réponse à la question 2 par le Dr Y. E. Amaïzo :

Attention, il ne s’agit pas de discussions mais bien de négociations entre le Peuple togolais et le pouvoir togolais par l’intermédiation de quelques représentants de ce Peuple, notamment la Coalition des 14 partis politiques. Nous considérons au sein de CVU-TOGO-DIASPORA mais plus largement au sein du réseau de la coordination de la Diaspora togolaise indépendante qu’il faudra tôt ou tard élargir le nombre de représentants du Peuple togolais dans ces négociations dénommées à tort « dialogue » ou « discussions ». Les dialogues au Togo (plus de 26) ont débouché sur des échecs. Les discussions risquent de n’être que des séances d’informations des positions principales et invariables du Gouvernement de Faure Gnassingbé de se représenter en 2020 et d’avoir la possibilité de rester au pouvoir jusqu’en 2030 sur la base d’une nouvelle Constitution taillée pour lui.

Le Peuple togolais exige le retour à la Constitution originelle de 1992. A moins que les représentants du Peuple togolais ne respectent pas le mandat que le Peuple togolais leur a confié dans la rue, il est difficile sans l’annonce de la non-représentation de Faure Gnassingbé en 2020 de conclure aussi rapidement que les « discussions se passeront bien ». En réalité, si les revendications principales du Peuple togolais sont prises en compte lors des négociations, alors la suite logique serait la démission du Gouvernement de Komi Sélom Klassou remplacé par un Gouvernement de transition devant conduire à l’avènement de la Vérité des urnes au Togo, ce sur la base de la Constitution originelle de 1992. Le vote de la Diaspora et les réformes électorales, institutionnelles et économiques du Togo devrait permettre de restaurer la confiance entre le nouveau pouvoir et les populations.

Rien de sérieux et d’avantageux pour le Peuple togolais ne pourra sortir de ce que le pouvoir RPT/UNIR appelle « dialogue » et d’autres « discussion »si les rapports de force en présence ne sont pas fondamentalement changés. Les manifestations pacifiques de rue et le refus obstiné du Pouvoir RPT/UNIR de rencontrer officiellement et face à la caméra un groupe élargi de l’opposition indépendante (partis politiques, société civile togolaise et diaspora togolaise non alignée sur le pouvoir) ne militent pas en faveur de la prédiction. On n’est pas dans l’ésotérisme ou la divination, mais bien dans des négociations politiques. Il n’y a rien à prédire mais tout à négocier.

 Question 3 : : iciLome.com :

S’il faut citer une chose que vous souhaitez voir être accomplie d’ici la fin de ce dialogue, qu’est-ce que cela serait ?


Réponse à la question 3 par le Dr Y. E. Amaïzo :

La réponse est qu’il ne s’agit pas d’un dialogue mais bien d’une négociation et que ce dialogue ne peut aboutir quand le Gouvernement est juge et partie d’un processus où il a besoin de gagner du temps, d’acheter les consciences pour affaiblir la partie adverse et surtout de limiter le nombre des participants en tentant de marginaliser certains protagonistes. On peut citer entre autres le Parti National Panafricain, la Diaspora togolaise indépendante et ses composantes plurielles et décentralisées dans le monde, notamment Allemagne, Autriche, Belgique, Canada, Etats-Unis, France, Hollande, Italie, Royaume Uni, Suisse, etc. mais aussi dans la plupart des pays africains notamment le Benin, le Ghana, la Côte d’Ivoire, le Burkina-Faso, le Nigeria, le Gabon, Sénégal, etc.
Ce n’est pas à la fin de ce que vous appelez « dialogue » mais avant que cela ne commence qu’il faut libérer tous les prisonniers politiques notamment les membres du Mouvement citoyen NUBUEKE, restituer les équipements et outils de travail saisis, compenser pour les dégradations matérielles occasionnés. Entre abus de droit et impunité, aucun dialogue sérieux ne peut déboucher sur une alternance de gouvernance politique et économique. Il va falloir « NÉGOCIER » !

A la fin des négociations sans pressions ni chantages, le Peuple togolais – au travers d’une représentation élargie et composée de partis politiques de l’alternance, d’une représentation plurielle de la Diaspora togolaise indépendante recomposée et regroupée, et de la société civile togolaise indépendante -, devrait écouter Faure Gnassingbé en personne et au Togo, annoncer son retrait de la vie politique et à défaut sa non-représentation en 2020 sur la base du retour de la Constitution originelle de 1992. Il pourra toujours se représenter en 2030.

La première raison fondamentale est que Faure Gnassingbé n’avait pas le droit de changer la Constitution originelle de 1992 sans passer par un référendum. Le fait de l’avoir fait est un vice de procédure qui rend nul et caduc l’ensemble des modifications constitutionnelles qu’il et son système ont introduit. Aussi, sa proposition actuelle d’imposer un référendum au Peuple togolaise relève du dol, une forme moderne de l’usurpation du pouvoir du Peuple togolais de choisir ses représentants, mais aussi de mettre un terme à leurs mandats. La Constitution originelle de 1992 prévoyait tout ceci. Mais subrepticement, Faure Gnassingbé en ne respectant pas le parallélisme de forme juridique (Constitution originelle de 1992 par référendum suppose toute modification de cette Constitution par référendum) a en fait réalisé un coup d’Etat constitutionnel.

Le Peuple togolais l’a compris avec un léger décalage et lui demande, pacifiquement par des marches régulières, de corriger tout ceci et laisser l’autodétermination du Peuple togolais reprendre ses droits afin de défendre en priorité les intérêts des citoyens togolais.

La deuxième raison fondamentale est que la vérité des comptes publics n’est pas au rendez-vous au Togo.

Ce serait bien qu’avant la fin des « négociations », toutes les recettes du Togo notamment le port, la zone franche, les mines dont le pétrole, etc. soient déclarées officiellement sur les comptes de l’Etat togolais. Le Peuple togolais serait surpris d’apprendre les noms des véritables bénéficiaires et de constater le manque à gagner depuis plusieurs années. Face à l’omerta institutionnalisé par un système cinquantenaire, il est difficile de ne pas exiger ces demandes légitimes en passant par les « marches et « sitting » pacifiques » de manière concomitante avec les négociations.

Rappelons tout de même que Faure Gnassingbé est le premier a constaté l’augmentation chronique de la pauvreté au Togo, avant et sous son règne.

YEA. Dr Yves Ekoué AMAÏZO
Coordonnateur général du Collectif pour la Vérité des Urnes
CVU-TOGO-DIASPORA. Une association de fait financièrement indépendante et politiquement libre.
20 décembre 2017

Faure Gnassingbé : « Dans un État de droit, le pouvoir ne se prend pas par la rue mais par les urnes »

Publié le 20 décembre 2017 à 15h34 — Mis à jour le 20 décembre 2017 à 15h50

Par François Soudan – envoyé spécial à Lomé

Togo: l’interview de Faure Gnassingbé à Jeune Afrique / Faure prend ses fantasmes pour la réalité

JEUNE AFRIQUE: Le Togo traverse une période de fortes turbulences depuis cinq mois. Pourquoi et comment en est-on arrivé là ?

FAURE GNASSINGBÉ: Il est encore un peu tôt pour avoir une pleine compréhension de ce mouvement assez complexe. Je m’en tiendrai donc à deux constats. Le premier est l’élément politique qui a porté la revendication, notamment dans les médias internationaux : les réformes constitutionnelles. Nous les avons engagées, le texte proposé est devant l’Assemblée nationale et le processus va suivre son cours. Le second constat est plus préoccupant. Nous sommes en Afrique de l’Ouest, où sévit un arc de crise terroriste qui va du Mali au lac Tchad. Quand on voit au Togo, lors des manifestations, des gens brandir des kalachnikovs, quand on entend des imams appeler à l’émeute dans certaines mosquées, quand on exige des forces de l’ordre de réciter des versets du Coran pour avoir la vie sauve, cela interpelle. Surtout lorsque le parti à l’origine de ces manifestations est d’apparition soudaine et que ses circuits de financement sont opaques. Ces aspects inquiétants ont certes été depuis tempérés lors des manifestations communes organisées entre ce parti et l’opposition, ce dont je me félicite, mais je ne les oublie pas. Ils sont là.

L’objectif, c’est évident, était de rééditer une sorte de scénario insurrectionnel.
Vous faites évidemment allusion à Tikpi Atchadam et à son parti, le Parti national panafricain, très implanté au sein de la communauté musulmane des Tem. Ni vous ni l’opposition « historique » n’avez vu venir ce phénomène. Pourquoi ?

En réalité, avant la manifestation violente du 19 août qui a été une sorte de climax, ce parti avait organisé une quinzaine de démonstrations pacifiques et encadrées. Puis, brusquement, les revendications et le mode opératoire se sont radicalisés. L’objectif, c’est évident, était de rééditer une sorte de scénario insurrectionnel. Ce à quoi nous avons assisté ensuite n’était rien d’autre qu’une tentative de prise du pouvoir par la rue. Elle a échoué.

L’opposition, disons, traditionnelle s’est greffée sur cette contestation avec un mot d’ordre classique – le retour à la Constitution de 1992 – et un autre maximaliste : votre départ immédiat du pouvoir. Est-elle également, selon vous, partie prenante de ce scénario insurrectionnel ?

Je crois que ces slogans, dont les auteurs savaient pertinemment qu’ils ne pouvaient être appliqués, ont été brandis pour justifier la poursuite des manifestations. Leur apparition est curieusement concomitante avec le dépôt du projet de réforme de la Constitution devant l’Assemblée. Ce texte répondant aux revendications de l’opposition, cette dernière a choisi un autre terrain : la rue. En ce sens, oui, sa volonté de déstabiliser le pouvoir était très claire. Elle ne s’en est d’ailleurs jamais caché.

Ce projet de réforme, qui doit être en principe soumis à référendum, que dit-il ?

Limitation du nombre de mandats présidentiels à deux fois cinq ans. Limitation également du mandat des députés. Instauration d’un mode de scrutin à deux tours. Une réforme très classique, qui de plus apporte un supplément de démocratie par rapport à 1992, de l’avis de nombre de constitutionnalistes.

Pourquoi un retour à la Constitution de 1992 est-il inenvisageable à vos yeux ?

Cette question a été vidée par les rédacteurs de cette Constitution eux-mêmes, qui ont expliqué lors d’un colloque qu’il était illusoire, inopportun d’y revenir et qu’il convenait d’aller de l’avant. La Constitution de 1992 était une Constitution partisane adoptée par une Assemblée monocolore. Elle a été rectifiée en 2002 par une autre Assemblée monocolore. Il fallait donc sortir de cette dichotomie des extrêmes et convenir d’un texte consensuel.

Pourtant, même la conférence épiscopale du Togo demande le retour à la Constitution de 1992!

Je crois que les évêques ont, depuis, mis un peu d’eau dans leur vin de messe. Cette revendication tardive de la conférence épiscopale a d’autant plus surpris qu’on ne l’avait jamais entendue auparavant de sa part, ni lors du dialogue de 2006 ni ailleurs. C’était une erreur d’appréciation de la complexité de la situation.

Autre personnalité à s’être prononcée pour un retour à ce qu’on appelle ici la C-92 : Gilchrist Olympio. Redeviendrait-il votre adversaire après avoir été votre allié ?

La réalité est plus simple. Le parti de Gilchrist Olympio s’est entre-temps divisé, et la majorité a rejoint l’ANC de Jean-Pierre Fabre. L’essentiel de sa propre famille biologique est également resté au sein de l’opposition. Ce sont ses proches qui ont exercé des pressions sur lui afin qu’il adopte cette position, tout en annonçant sa retraite politique.

L’opposition exige que la réforme constitutionnelle soit rétroactive en ce qui concerne le nombre de mandats. En d’autres termes, que vous soyez empêché de vous représenter en 2020. Que répondez-vous ?

Faisons les réformes, évitons de les personnaliser. Ne mélangeons pas les sphères politique et juridique. Les constitutions disposent pour l’avenir, non pour le passé.

Autre revendication : le vote des Togolais de l’étranger. Pourquoi vous y opposez-vous ?

C’est inexact. Je n’ai aucune position de principe à ce sujet, et cela fait partie des choses sur lesquelles nous pouvons nous entendre lors du dialogue. Il faut simplement bien examiner les aspects techniques.

Les manifestations qui se sont déroulées depuis le mois d’août ont fait des victimes. Combien, selon votre décompte?

Je ne cesse de penser à ces victimes innocentes, j’en suis peiné, nous n’avions nul besoin d’en arriver là. Il y a eu six morts par balles du côté des manifestants et deux membres des forces de l’ordre lynchés et décapités à Sokodé. C’est absolument déplorable. Des enquêtes sont en cours, et la justice fera son travail.

On a relevé la présence de milices, qualifiées de groupes d’autodéfense, aux côtés de la police et de l’armée. Le reconnaissez-vous?

C’est une réalité que je déplore mais qu’il faut replacer dans son contexte, celui des premières manifestations violentes du PNP et des multiples provocations auxquelles se sont livrés les militants de ce parti. C’est cela qui a donné naissance à ces groupes d’autodéfense, qui sont également condamnables et que nous condamnons.

On vous reproche d’avoir tenu des propos revanchards devant les bérets rouges du camp de Témédja, au début de novembre. Est-ce exact?

Écoutez. Je suis le chef des armées. Je demande aux militaires de ne pas faire usage de leurs armes. Deux soldats qui gardaient des édifices publics ont été massacrés. La moindre des choses de ma part était de compatir et de promettre aux militaires qu’on rechercherait les coupables sans relâche et par tous les moyens pour les livrer à la justice. Je n’ai pas dit autre chose. Tout chef d’État responsable aurait tenu les mêmes propos.

Une poignée d’imams radicaux a tenté d’enflammer les esprits en appelant au jihad contre l’armée.
Êtes-vous satisfait du comportement de votre parti, l’Unir, pendant ces événements ?

Tout à fait. L’Unir a organisé dans le calme de grandes manifestations, et ses dirigeants ont toujours tenu des propos responsables.

Vous semblez discerner derrière la frange la plus dure de l’opposition, en l’occurrence le PNP de Tikpi Atchadam, l’influence de réseaux islamistes radicaux. De quels éléments disposez-vous pour avancer cette hypothèse?

Je pense que cette hypothèse est réaliste. Les éléments constitutifs qui l’accréditent existent. La région de Sokodé, berceau du PNP, est fortement islamisée. Des armes circulent. Une poignée d’imams radicaux tente d’enflammer les esprits en lançant des appels au jihad contre l’armée et les familles des militaires. Deux d’entre eux ont été arrêtés, puis relâchés et placés sous contrôle judiciaire dans le cadre de la procédure. Cela dit, il ne faut pas stigmatiser cette ville, ni cette région. Lors de ma récente visite à Sokodé, j’ai reçu un accueil bienveillant, voire chaleureux, qui prouve que sa population aspire à la paix et rejette la radicalisation qui mène à la violence

Neuf mesures de confiance ont été prises début décembre par votre gouvernement afin de faciliter l’ouverture d’un nouveau dialogue avec l’opposition. Ce n’est pas le premier. Quel en sera l’ordre du jour ?

Le dialogue est un élément essentiel de notre société. Avant de décliner son ordre du jour, il va falloir convenir de sa composition. Nous avons, au sein de l’opposition, des partis représentés à l’Assemblée et des partis extraparlementaires : ils devront décider s’ils y viennent séparément ou en coalition. Nous avons aussi des partis qui n’ont ni manifesté ni revendiqué et qui agissent dans le cadre des institutions. Ceux-là aussi ont le droit de participer. Cette crise est politique, le dialogue sera donc une séquence purement politique.

Il y aura un dialogue et un référendum, mais pas de conférence nationale bis. Dialogue ou conférence nationale bis ?

Dialogue. Tout le dialogue. Rien que le dialogue. Il n’y aura pas de conférence.

Le référendum aura-t-il vraiment lieu ?

Nous y sommes tenus. C’est une disposition constitutionnelle. Il aura lieu après le dialogue.

Quand s’ouvrira celui-ci ?

Très rapidement en ce qui concerne sa phase préparatoire. Avant les fêtes de fin d’année.

Si le projet que vous avez soumis à l’Assemblée est adopté par référendum, vous pourrez vous représenter en 2020 puis en 2025 et, si vous l’emportez, rester au pouvoir jusqu’en 2030. Comprenez-vous que cette perspective soit insupportable aux yeux de vos adversaires ?

Je comprends leur impatience, bien sûr. Mais les épreuves que nous avons connues dans le passé doivent nous enseigner une chose essentielle : il faut respecter l’État de droit. Il n’y a pas d’autre moyen d’accès à la magistrature suprême que les élections. Il faut faire confiance au peuple togolais et, pour cela, l’interroger plutôt que de parler à sa place.

Serez-vous candidat en 2020 ?

Je ne me situe pas encore dans cette perspective. Ma préoccupation est immédiate : sortir de ce moment difficile afin que les Togolais retrouvent quiétude et sérénité et se remettre dans le sens de la marche, car cette crise a coûté cher à notre économie – en particulier aux femmes commerçantes, qui ont beaucoup souffert.

Les présidents guinéen, ghanéen, ivoirien, béninois, nigérian, d’autres encore ont offert leurs services de médiateurs dans cette crise. Cela ne fait pas un peu trop ?

Au contraire. Ce sont autant de preuves d’amitié et de solidarité à l’égard du Togo. Et puis toutes ces offres de facilitation tiennent compte de notre souveraineté et du fait que c’est aux Togolais que revient in fine la responsabilité de trouver une solution. Cela est essentiel.

Cette crise politique vous a contraint à annuler le sommet Afrique- Israël prévu en octobre à Lomé. Vos invités ont-ils eu peur de l’insécurité?

Non. La décision d’annuler cette conférence a été prise par moi avant le début de la crise, même si elle a été annoncée après. J’avais le fort sentiment qu’il fallait mieux expliquer son bien-fondé auprès de mes pairs, afin que son intérêt en matière de coopération technique pour un développement durable ne soit pas occulté par le conflit israélo-palestinien.

Allez-vous pouvoir maintenir un taux de croissance à 5 % par an malgré la situation politique ?

Cette crise est néfaste pour le Togo, pays de l’Afrique de l’Ouest qui a le plus investi dans les infrastructures en pourcentage de son PIB. Le secteur privé doit prendre le relais mais la situation ne s’y prête guère, notamment parce que le risque politique renchérit le coût des investissements. Il est urgent qu’on en sorte, et, pour cela, que le dialogue se tienne. « Le dialogue, disait Houphouët-Boigny, c’est l’arme des forts. »

Le Rwanda est-il toujours, en matière de politique économique, une sorte de modèle pour vous ?

Un modèle de réussite, sans aucun doute.

Dominique Strauss-Kahn vous conseille dans vos relations avec le FMI. Est-ce utile?

Absolument. Il nous a été précieux dans la phase de négociation de notre programme avec le Fonds. C’est un expert dans ce domaine.

Et Tony Blair ?

Le Tony Blair Institute intervient avec efficacité dans le domaine de la good governance, comme il l’a fait dans plusieurs pays d’Afrique anglophone et francophone.

Comment jugez-vous l’attitude de la communauté internationale à votre égard ?

Les gouvernements ont été en général respectueux de notre souveraineté car ils comprennent les enjeux en matière de stabilité politique au niveau de la sous-région. Je n’en dirais pas autant des médias internationaux : il y a eu beaucoup de désinformation et de mensonges de leur part. Le nombre des manifestants et celui des victimes ont été outrageusement gonflés, sur la base de ce que véhiculaient les réseaux sociaux.

Et le président français Emmanuel Macron ? Vous êtes-vous parlé à Abidjan, fin novembre, lors du sommet UA-UE?

Nous avons eu un bref échange au cours duquel il a exprimé le vœu que les élections législatives et locales prévues en 2018 se déroulent dans le meilleur des climats possible.

Une prochaine rencontre à l’Élysée est-elle envisageable ?

Je ne suis pas demandeur pour l’instant. Je préfère me consacrer en priorité à nos problèmes internes.

Les anciens présidents Rawlings et Obasanjo ont tous deux tenu des propos critiques à votre encontre. Leur en tenez-vous rigueur ? Ils s’en sont, l’un et l’autre, expliqués depuis auprès de moi. Ils ont à présent bien intégré les vrais enjeux de cette crise. L’incident est clos.

Lors du congrès de l’Unir à la fin d’octobre, vous avez eu cette phrase : « Les réseaux sociaux m’ont transformé d’un homme simple en un dictateur sanguinaire. » Qu’est-ce à dire ?

C’est ce que les Américains appellent le « character assassination ». On vous prête des actions, des intentions, des propos qui ne sont pas les vôtres au point que, lorsque vous lisez le résultat, vous vous dites : est-ce de moi que l’on parle ? Toujours,

L’opposition n’a pas de leçons de démocratie et de respect des droits de l’homme à me donner.

j’ai pensé que la conquête et la préservation du pouvoir ne pouvaient pas tout autoriser, qu’il y avait des lignes rouges à ne pas franchir. Pour moi, le respect de la vie humaine est sacré, absolument sacré. Or, si les mots ont un sens, un dictateur sanguinaire est quelqu’un qui tue et qui tue en série. Je veux bien admettre que ceux qui profèrent ce genre d’insanités n’en mesurent pas la portée et je n’ai pas de leçons de démocratie et de respect des droits de l’homme à donner à l’opposition. Mais cette opposition n’a pas plus de leçons à me donner en la matière.

Comment vivez-vous cette crise ?

Je suis triste pour mon pays. Au-delà de l’affichage d’intentions démocratiques, ce que cherchent mes adversaires c’est la captation du pouvoir avant le terme de mon actuel mandat. Tout cela est vain, mais le risque de ruiner la réputation du Togo auprès de la communauté internationale et des investisseurs est, lui, bien réel. C’est pourquoi je suis déterminé à faire respecter l’État de droit et à protéger nos acquis économiques et sociaux dans l’intérêt de tous les Togolais.

La revendication de votre départ immédiat est une revendication maximaliste. N’est-ce pas plutôt une posture de négociation ?

C’est possible, même si je suis certain que certains ont cru que mon renversement par la force était faisable. C’est là le problème de notre opposition : poser des exigences irréalistes, être par la suite incapable d’expliquer à sa base pourquoi elles ne sont pas suivies d’effet et en être réduit à blâmer le gouvernement.

Vous avez succédé à votre père. Peut-on, pour autant, parler d’alternance ?

Je le crois, oui. Le Togo d’aujourd’hui, tous les observateurs, toutes les institutions internationales le reconnaissent, n’a plus guère à voir avec celui d’hier. Ce changement, je l’ai fait avec mon parti, qui s’est transformé, et avec les Togolais de bonne volonté. Si la presse est ce qu’elle est ici, libre et pugnace, si les manifestations de l’opposition peuvent se dérouler sans encombre, c’est bien parce qu’il y a eu dépénalisation des supports essentiels de la démocratie formelle.

Pourtant, vous êtes un Gnassingbé, fils de Gnassingbé. Impossible de vous défaire de cette étiquette dynastique, au point qu’on vous attribue, finalement, cinquante ans au pouvoir !

Je suis le fils de Gnassingbé Eyadéma et j’en suis fier. Devrais-je changer de nom pour satisfaire certains ? Et lorsque j’entends mes pairs qui l’ont connu me parler de lui avec admiration, pourquoi aurais-je honte du président Eyadéma ? Ce délit de patronyme n’a aucun sens par rapport aux trans- formations politiques, économiques et sociales que connaît le Togo depuis 2005. Lorsque viendra l’heure des campagnes électorales, alors nous débattrons devant le peuple avec de vrais arguments. Pour le reste, qu’on ne pense pas que je cherche à m’accrocher à tout prix au pouvoir.

Savez-vous vraiment ce que pensent les Togolais ?

Oui. Je parle peu mais j’écoute beaucoup et j’ai mes propres canaux d’information. Si j’ai placé mon actuel mandat sous le signe du social, c’est bien parce que j’ai constaté que la pauvreté n’avait pas assez reculé.

Une sortie de crise est-elle possible à court terme ?

Absolument. Mais à une condition : que l’on comprenne bien qu’il est impossible de laisser de côté nos institutions et notre Constitution pour se livrer à des arrangements politiques de circonstance. Avec le dialogue, qui permet de dépasser les slogans, le seul chemin praticable en démocratie, ce sont les élections. Les appels au soulèvement, à l’insurrection et autres stratégies extralégales n’aboutiront qu’à nous faire perdre du temps, beaucoup de temps. Chacun le paiera cher, à com- mencer par l’image même de notre pays qui est considéré aujourd’hui par les instances internationales comme faisant d’énormes progrès économiques et sociétaux. Je partage pleinement la vision de leaders de nouvelle génération comme Paul Kagame, Alpha Condé ou Nana Akufo-Addo, qui revendiquent une véritable indépendance à la fois politique, économique mais aussi culturelle et mentale des nations africaines. Je ne peux pas imaginer une seconde que le Togo régresse sur cette voie.

1- https://www.togosite.com/index.php/togo/9782-togo-l-interview-de-faure-gnassingbe-a-jeune-afrique-faure-prend-ses-fantasmes-pour-la-realite Publication : 18 décembre 2017

2- Faure Gnassingbé : « Dans un État de droit, le pouvoir ne se prend pas par la rue mais par les urnes »

http://www.jeuneafrique.com/mag/502325/politique/faure-gnassingbe-dans-un-etat-de-droit-le-pouvoir-ne-se-prend-pas-par-la-rue-mais-par-les-urnes/ Par François Soudan – envoyé spécial à Lomé Publié le 20 décembre 2017 à 15h34 — Mis à jour le 20 décembre 2017 à 15h50

La Voix du Peuple du 19 décembre 2017

AVULETE 842124Face aux réactions du peuple Togolais qui signe son omniprésence dans les rues au pays et à l’étranger pour exiger le retour à la constitution de 1992, et le vote de la diaspora entre autres, l’UFC de Gilchrist Olympio sort de son silence et fait le bilan de l’accord RPT/UFC. Que comprendre de cet accord dit caduque?

Quelle issue à cette interminable crise ?

Sena ALIPUI, président de la branche UFC CANADA et cadre de l’UFC, au micro de notre correspondant permanent au Togo, Rodrigue Ahégo.

Togo : l’inattendu opposant Tikpi Atchadam

L’ancien fonctionnaire, musulman et nordiste, a su réveiller la rue togolaise ces dernières semaines

PORTRAIT  Lomé – envoyé spécial

Tikpi Revolution_2 2Son nom est sur toutes les lèvres. Prononcé avec des accents divers : avec espérance par ses partisans, marqué d’un mépris jaloux par les opposants historiques ou sur l’air du soupçon dans les cabinets ministériels. Depuis un mois, pourtant, Tikpi Atchadam est quasiment invisible. L’homme qui a réveillé la rue togolaise, et du même coup une opposition qui s’épuisait vainement à contester un pouvoir monopolisé depuis un demi-siècle par la famille Gnassingbé père et fils, se méfie. L’histoire togolaise fourmille de destins politiques prometteurs, fracassés au fond d’une geôle ou sous les balles de tueurs impunis.Tikpi Atchadam reconnaît « que les temps ont changé », que « le Togo n’est plus l’une des plus sanglantes dictatures d’Afrique ». Et puis, cette image de révolutionnaire aux abois n’est-elle pas la meilleure protection ? Elle lui donne de l’importance, alors qu’il n’a encore écrit que les premières lignes de son histoire. Rencontré mi-septembre, avant une nouvelle vague de manifestations qui allait jeter, pendant 48 heures, quelques dizaines de milliers d’opposants dans les rues de la capitale, Tikpi Atchadam prend des faux airs de bête traquée. Un garde du corps taillé dans le roc surveille l’entrée, une radio Motorola à la ceinture. « Le président a tous les pouvoirs entre les mains : législatif, exécutif et judiciaire. Il monte un dossier contre moi », affirme-t-il, à l’ombre d’un manguier biscornu dans la cour de sa villa d’Agoé, quartier populaire à la sortie de la capitale Lomé.

« Moments de misère »

Petite paranoïa, excès de prudence ou calcul politique ? Le fait est que Tikpi Atchadam dérange. Il siphonne dans le réservoir du pouvoir des électeurs originaires du nord du pays, musulmans comme lui, lassés des promesses non tenues d’un pouvoir familial demi-centenaire. Il donne aussi un coup de vieux à l’opposition historique, celle des « sudistes » de Jean-Pierre Fabre et consorts, et attire certains de ses partisans. Le pouvoir se pencherait donc sur son cas. « Il n’est pas encore dans l’illégalité, mais il nous inquiète», avoue le colonel Yark Damehame, ministre de la sécurité. « L’un de ses financiers est allé en Arabie saoudite », ajoute-t-il. Le sous-entendu d’une menace islamiste transpire, sans aucun élément pour l’étayer. Tikpi Atchadam balaie l’accusation: « Ils ne connaissent que la loi de l’argent et de la force, pas celle de la conviction. » « De toute façon, il est intouchable pour le moment », lâche Isabelle Ameganvi, chef du groupe parlementaire de l’Alliance nationale pour le changement (ANC), le principal parti d’opposition. « Pour le moment », Tikpi Atchadam est en effet très populaire, ce qui lui assure une forme d’immunité. En aurait-il été autrement si le pouvoir avait pu déceler l’apparition de cette comète dans le ciel politique togolais ? « On ne l’a pas vu venir », reconnaît une source à la présidence togolaise. Jusqu’au 2 juillet 2017.

« Combat à la loyale »

Ce jour-là, le fondateur du Parti national panafricain (PNP) réunit 8 500 personnes dans un stade d’Agoé et se révèle être un redoutable tribun. Sur le fond, il reprend les arguments que l’opposition serine depuis des années : halte à la prédation des richesses nationales par une minorité face à la misère du plus grand nombre, et restauration de la Constitution de 1992 avec scrutin présidentiel uninominal à deux tours et une limitation du nombre de mandats à deux. Et donc, départ du président Faure Gnassingbé, au pouvoir depuis douze ans, qui ne pourrait pas briguer un nouveau quinquennat en 2020.

Plus surprenantes, ses nombreuses références à Mahatma Gandhi. L’homme dégage une grande sérénité, à l’écoute de ses interlocuteurs, courtois, les yeux plissés accentuant le relief des scarifications striant ses joues. Tikpi Atchadam est né en 1967 à Kparatao, un village proche de Sokodé, la capitale de la région centrale, au sein de la communautéTem.

M. Atchadam donne un coup de vieux à l’opposition historique, celle des « sudistes », et attire certains de ses partisans

Elevé par des parents paysans, il dit avoir connu des « moments de misère ». « Ma haine de l’injustice a décidé de mon engagement politique », affirme-t-il. Jeune, il voyage en Europe, où il découvre qu’il existe des endroits où « manger, se soigner n’est pas un problème, que l’ouverture d’esprit est la garantie du développement ». L’anti-Togo, en quelque sorte. Diplômé en droit, il s’imagine professeur d’université. « On m’a refusé une bourse en raison de mon militantisme dans les organisations

étudiantes », racontet-il. Pas de carrière professorale, donc, pour ce quinquagénaire dont un de ses proches vante « les talents de pédagogue ». « La parole a une force, dit-il. Il faut ramener le discours politique dans la vie des gens. Je leur explique avec des mots simples ce que c’est qu’un budget, des lois sociales… » Finalement, il rejoint la fonction publique puis, en 2005, l’antenne togolaise de l’organisation non gouvernementale Care International. « J’ai à nouveau touché la misère des autres du doigt. J’ai aussi compris qu’en Afrique, on ne peut rien changer si l’on n’est pas au pouvoir. »

En 2014, il crée le PNP avec d’« anciens copains de fac ». Il prend comme symbole la couleur rouge et un cheval cabré, pour « sa force, sa courtoisie et son élégance». Autant de qualités dont il aimerait être paré. Les structures dirigeantes du PNP restent floues. Le parti semble reposer sur le charisme de son leader. « On dit toutefois que le général Seyi Mémène, son cousin direct, serait son parrain politique », affirme une source de la présidence. Ce militaire à la retraite ne figurera pas au panthéon de la démocratie togolaise. Originaire de la même région que son supposé filleul, il dirigeait la redoutable Sûreté nationale au temps d’Eyadema, lorsque le bouillant dirigeant du Parti socialiste panafricain, Tavio Amorin, pourfendeur de la dictature de Gnassingbé père et inspirateur de Tikpi Atchadam, est assassiné, en 1992. A ce jour, Tikpi Atchadam se garde de dévoiler ses ambitions politiques personnelles. « L’heure est à l’unité d’action avec les autres partis d’opposition pour obtenir le départ de Faure Gnassingbé. Ensuite, seulement, viendra le temps du combat à la loyale, programme contre programme, dit-il. Enfin, s’ils ne m’éliminent pas. »

Christophe Châtelot

Source : Le Monde du JEUDI 09 NOVEMBRE 2017

 

Togo : Nous avons le choix


S’il y a une chose sur laquelle je peux être certain que nous tous Togolais sommes d’accord, c’est que ce qui se passe dans notre pays, particulièrement depuis ces derniers mois est inadmissible. Des Togolais massacrent des Togolais, pour une portion de rue. Alors que l’un des acquis du soulèvement du 5 octobre 1990, à savoir la liberté d’expression est devenu une réalité incontestable, des Togolais meurent pour exprimer leur opinion politique. Des villes toute entières sont transformées en camps retranchés où règne la terreur au point que des familles entières ne trouvent d’autre solution que de prendre le chemin de la brousse. On avait connu pareil scénario il y a quelques années. Cela n’était pas acceptable hier. Ça l’est encore moins aujourd’hui. On dirait que nous n’avons rien appris de notre histoire. Et pourtant…

Chaque Togolais connait par cœur les causes profondes de ce déchaînement de violence. Le bilan de la conférence nationale souveraine n’a jamais eu lieu. Les promesses faites à la population et à la jeunesse par les uns et les autres d’un lendemain meilleur après ce rendez-vous historique n’ont pas résisté aux réalités sociologiques d’une Nation en construction qui se rêve l’OR de l’Humanité. A toute personne qui se fait violence pour analyser la situation politique du Togo sans passion, il saute aux yeux que jusqu’à août 2017, il s’est établi une espèce de pacte politique entre le pouvoir et ce qu’un doyen de la politique togolaise n’a cessé d’appeler le courant dominant de l’opposition. Selon certaines critiques ce pacte tacite avait pour les pactisés l’avantage de leur permettre de se faire leur beurre sur le dos du peuple. Des observateurs avisés ont essayé à plusieurs reprises de tirer la sonnette d’alarme, mais pouvoir comme opposition leur ont répondu quasi à l’unisson par des formules du genre ; « circulez, il n’y a rien à voir, laissez-nous travailler, nous avons la solution, faites-nous confiance, etc. Pendant ce temps la paupérisation s’accentue au sein de la population, alors qu’au parlement les députés découvrent les plaisirs des joutes oratoires auxquelles ils ont fini par prendre goût. Députés de la majorité et de l’opposition travaillent, échangent, discutaillent au sein des commissions, en plénière. Puis une fois les séances terminées, ils se précipitent individuellement ou parfois ensemble devant les meutes de journalistes pour donner leurs versions respectives du déroulement des débats dans l’hémicycle, afficher le cas échéant leurs accords ou désaccords sur telle ou telle thématique en prenant le peuple à témoin. Parfois ils font profil bas sur certaines décisions, par exemple lorsqu’ils ont pris la décision d’augmenter leur indemnité de députés. Ce qui a le mérite d’agacer le peuple et leur attire des critiques, voire des moqueries. Comme quoi être député dans une « démocratie tétraplégique » comme dirait un éditorialiste franco- togolais relève du sacerdoce.

Tout cela contraste bien sûr avec la vision que le leader du PNP se fait de la politique. Ce n’est pas un scoop que de dire que personne n’a vu venir « l’ouragan » Atchadam, – peut-être y compris l’intéressé lui-même – qui brusquement est venu troubler le tranquille sommeil du microcosme politique Loméen. Les revendications de Atchadam ont le mérite de la clarté (Constitution de 1992, élection du président par suffrage universel à deux tours et vote de la diaspora). N’ayant pas de représentants dans aucune instance nationale, c’est donc naturellement que le leader du PNP se tourne vers le peuple pour solliciter son soutien à travers des manifestations dans la rue. Depuis lors et malgré un déchainement de violence on sent à travers les réactions dans les fameux réseaux sociaux que beaucoup commencent à y croire. Galvanisés par la dynamique des mobilisations, les militants et les sympathisants de l’opposition sont convaincus que la victoire est à portée de main. De son côté le pouvoir fait tout pour ne pas laisser la rue à l’opposition. Les leaders de tout bord savent cependant mieux quiconque que la rue peut être d’un soutien précieux pour porter des revendications mais la rue seule ne suffit pas. Tôt ou tard pouvoir et opposition devront se retrouver quelque part pour discuter.

Si les événements de 2017 sont à plusieurs points semblables à ceux d’octobre 1990, il y a une différence de taille du point de vue de leurs genèses respectives. Le 5 octobre 1990 a été un mouvement spontané de la jeunesse venue devant le tribunal apporter leur soutien à des jeunes arrêtés et traînés devant la justice pour délit de distribution de tracts séditieux. L’apparition des leaders politiques n’est intervenue que par après pour canaliser et transformer ce mouvement spontané de la jeunesse en revendications politiques structurées devant conduire au changement du système politique et partant au changement du régime lui-même. De ce mouvement spontané de la jeunesse l’acquis le plus précieux aujourd’hui reste la liberté de création de parti politique mais aussi et surtout la fragile liberté d’expression qui se manifeste par le foisonnement d’organes d’information dont la presse écrite, radio, télévision etc. Quant au changement de système et de régime, les événements que nous vivons actuellement sont là pour nous rappeler que cela ne se fait pas d’un coup de baguette magique. Le peuple a pris la rue en 2017 à l’appel de la classe politique, d’abord de l’opposition, puis par réaction du pouvoir. La classe politique est donc solidairement responsable de ce qui se passe actuellement. Et dans le degré de responsabilité la part du lion revient naturellement au pouvoir en ce qu’il a le monopole de la force. Un pouvoir qui prêche le dialogue, la paix et se veut démocratique doit être en mesure de protéger les manifestants dans l’exercice de leur droit d’exprimer leur opinion politique, y compris dans la rue sans qu’il y ait atteinte à l’intégrité physique des manifestants, encore moins des pertes en vies humaines. Seulement voilà, la situation est bloquée actuellement. Les media parlent à juste titre d’enlisement. Pourtant des bonnes volontés aussi bien internes qu’externes ont manifesté leur disponibilité à nous accompagner. Le Togo est le seul pays au monde à avoir inscrit dans son hymne national l’ambition de s’offrir comme or à l’humanité pour contribuer à la paix mondiale. Sauf que jusqu’ici au lieu

d’offrir le plus précieux des métaux à l’humanité, nous en sommes réduits à avaler goulûment des gorgées de salive chaque fois qu’il se produit une avancée démocratique réelle ou supposée dans l’un des pays qui nous entourent. Notre orgueil en a pris pour son grade et du coup nous appréhendons l’extérieur avec suspicion. En réalité nous n’avons plus confiance en nous-mêmes et ceux qui de l’extérieur se proposent de nous venir en aide ne nous inspirent pas plus confiance.

Le médiateur de profession que je suis ne peut qu’approuver et même encourager la volonté des Togolais de régler leurs problèmes par eux-mêmes. Cette prise de position claire en faveur d’une solution interne nécessitera l’aide de facilitateurs, que ces derniers soient nationaux ou étrangers. Je suis certain que notre pays regorge de compatriotes médiateurs compétents, capables d’assumer ce rôle avec professionnalisme. On dit souvent que nul n’est prophète chez soi. Mais le peuple togolais peut faire démentir cet adage en confiant à ses filles et fils professionnels de la médiation la lourde mais exaltante mission historique de facilitateurs afin d’aider la classe politique à mettre fin à cette crise qui n’a que trop duré. Je saisis ici l’occasion pour lancer un appel solennel à tous mes collègues qu’ils soient de la diaspora ou sur place au pays de se faire connaître et de proposer leur service afin de constituer un panel de facilitateurs togolais prêts à rendre service à la Nation. Nous devons par modestie cependant reconnaître que nous aurons besoin d’une manière ou d’une autre de l’appui de ce qu’il est convenu d’appeler la communauté internationale. Il reviendra au panel national de définir en accord avec la classe politique la forme de cette contribution internationale.

Depuis l’intrusion du premier colon sur notre territoire, le peuple togolais a montré sa capacité de résilience à toute épreuve face à l’adversité. Comme un roseau, il plie, puis se redresse une fois le danger passé. Mais le peuple togolais a besoin aussi de connaître des moments de tranquillité afin que ses filles et fils puissent s’occuper de l’essentiel, comment conjuguer leurs efforts pour mettre en place les voies et moyens permettant de joindre les deux bouts dans un monde de plus en plus enclin au repli sur soi. J’espère ne pas jouer la dramatisation en disant que nous nous approchons dangereusement du bord du précipice. Nous pouvons décider de franchir le pas et nous y jeter. Mais nous pouvons aussi décider l’inverse en choisissant la voie de la raison. Nous avons donc le choix.

Moudassirou Katakpaou-Touré
Francfort, Allemagne
05 novembre 2017

LA CRISE TOGOLAISE : ANALYSE, PERSPECTIVES, SOLUTIONS

par Frédéric Atsou Galley médecin retraitéGALLEY index

1°Petit Rappel Historique :

Le Togo actuel est une partie du Togoland allemand créé à la Conférence de Berlin en 1883. Après la première guerre mondiale et la défaite allemande il fut partagé en 2 à Versailles. Une partie, le Togo actuel de 56 785 kms carrés avec 7,6 Millions d’habitants en 2017 fut mise sous protectorat Français par la Société des Nations. L’autre partie d’une superficie de 33 800 Kms carrés fut rattachée au Ghana après un référendum en 1957.

Quelques dates clés :

27 Avril 1958 : Referendum d’auto détermination

27 Avril 1960 Proclamation de l’Indépendance du Togo

13 Janvier 1963 : Coup d’Etat Militaire avec Assassinat du Premier Président élu du Togo, M. Sylvanus OLYMPIO

15 Avril 1967 : Nouveau coup d’Etat Militaire, Etienne Gnassingbé Eyadema prend le pouvoir et s’auto proclame Président de la République.

27 septembre 1992 Nouvelle Constitution adoptée par Référendum Promulguée le 14 octobre 1992. Révisée par la loi n°2002-029 du 31 décembre 2002

Décembre 2002 : Modifications de la Constitution de 1992

5 Février 2015 : Décès de M. Eyadema Etienne

24 Avril 2005 : Election controversée de M. Faure Gnassingbé suivie de troubles qui auraient provoqué la mort de 500 personnes selon un rapport des Nations Unies

07 Mars 2010 : Nouvelles Elections Présidentielles contestées de M. Faure Gnassingbé

Janvier 2015 : Demande officielle d’un audit des fichiers électoraux corrompus par des manipulations diverses dans un courrier adressé expressément à M.Faure Gnassingbé par M. Alberto Olympio Président du Parti Politique dénommé : « Parti des Togolais »

19 Août 2017 : Marche du peuple Togolais dans plusieurs villes, organisée par le Parti National Panafricain dirigé par M. Tikpi ATCHADAM. Cette marche a réuni plus d’un million de participants. Elle fut sévèrement réprimée par les éléments militaires dépéchés sur les lieux. Depuis cette marche, le peuple défile régulièrement en réclamant le retour à la Constitution de 1992 et pour une partie des manifestants la démission immédiate de M. Faure Gnassingbé à la tête du Pays.

2° La Situation Politique, Economique et Sociale Actuelle

Situation fortement dégradée caractérisée essentiellement par une rupture totale de confiance entre la majorité des citoyens et les Institutions de la République. Le Chef de l’Etat est perçu par cette majorité comme un chef de clan, d’un clan oligarchique familial disposant de tous les leviers de commande du pays que ce soit sur le plan de l’organisation administrative, de la gestion des finances publiques, de l’administration de  la justice, de la gestion des structures sécuritaires. Ces dernières sont par ailleurs

souvent éclipsées par des éléments de défense lors de grandes opérations de maintien de l’ordre en se déguisant dans des tenues des forces de l’ordre. Il semble que certains militaires des régiments spéciaux disposeraient désormais de deux tenues, une militaire identifiant leur arme et une de la Gendarmerie Nationale qui leur permet de vaquer à des fonctions de sécurité, de maintien de l’ordre voire de police judiciaire.

La gestion des finances publiques est dans une opacité totale. M. Faure Gnassingbé est perçu comme un prestidigitateur, un manipulateur entouré d’une équipe rodée de communicants professionnels  internationaux qui lui permet d’afficher de grands principes et d’utiliser la surenchère de grands engagements aussi bien vis à vis du peuple qu’à l’égard de la communauté internationale qu’il est sûr au départ de ne jamais respecter.

Depuis 2005 où il a pris le pouvoir à l’occasion d’élections contestées. M. Faure Gnassingbé a multiplié les initiatives de régulation et d’apaisement de la vie politique du Togo qui n’ont jamais produit de résultats.

Sur le plan économique et social, la situation est catastrophique. Le chômage des jeunes est très élevé (plus de 30%) et endémique. Le Togo dispose néanmoins de quelques atouts qui pourraient lui permettre d’amorcer un véritable développement mais la gestion personnelle, opaque voire clandestine des ressources naturelles et claniques des ressources humaines ne fait que dégrader la situation. Ceci pousse les autorités à recourir soit à la mendicité internationale soit à un endettement permanent de l’Etat vis à vis de prêteurs irréguliers comme les fonds vautours ou institutionnels comme les bons du trésor de moyen et long terme de l’UEMOA.

2, 1 Principaux Indicateurs économiques

2014 2015 2016(p) 2017 (p)

Croissance PIB (%) 5,4 5,3 5,0 5,2

Inflation (moyenne annuelle) 0,2 1,8 2,1 2,5

Solde budgétaire / PIB (%) -4,8 -6,7 -6,3 -6,3

Solde courant / PIB (%) -9,9 -7,0 -8,0 -8,2

Dette publique / PIB (%) 57,5 62,3 63,2 64,6

(p) Prévisions

POINTS FORTS

Pays producteur de phosphate

Trafics portuaire et aéroportuaire en hausse

Réformes structurelles en cours (finances publiques, système bancaire, secteurs

des phosphates et du coton)

Investissements public et privé dans les infrastructures

POINTS FAIBLES

Fortes tensions sociopolitiques

Environnement des affaires déficient

Forts taux de pauvreté et de chômage

Secteur agricole peu productif

Sous–investissement en matière d’éducation et de santé publique

Appréciation du risque

Malgré une légère baisse, la croissance reste robuste La croissance togolaise devrait légèrement diminuer en 2017. L’activité demeure soutenue par le secteur primaire ainsi que par les services qui pèsent pour près de 50 % dans le PIB. Ces derniers, principalement portés par les transports et le commerce international, doivent toutefois faire face à la concurrence des ports des pays voisins. Les

projets d’investissements publics, ayant pour objectif de doter le pays en infrastructures, constituent aussi un pilier majeur de l’économie. Pour ce faire, les autorités prévoient d’investir massivement dans les transports et les infrastructures énergétiques, et d’intensifier les dépenses sociales. Les réformes structurelles portant sur les secteurs de l’énergie et de la finance devraient soutenir la croissance économique à l’avenir.

L’entrée des géants miniers Elenilto et Wengfu fin 2015 sur le marché du phosphate togolais (gisement de Kpémé) entre en résonance avec le projet de redressement de la filière voulu par le gouvernement. À l’horizon 2018, la production annuelle de phosphates devrait s’élever à 3 millions de tonnes, favorisant la production du secteur manufacturier.

Le secteur reste néanmoins tributaire des cours des phosphates, qui bien que stables, resteraient modestes.

L’ouverture du marché de l’énergie à la concurrence devrait améliorer l’approvisionnement en électricité, dans un pays où seul 31 % de la population ont accès à cette ressource. Le projet du barrage d’Adjarala et l’appel d’offre portant sur 3 centrales photovoltaïques s’inscrivent dans une optique de diversification des sources d’électricité. Un accès plus fiable à l’énergie aurait de plus des retombées positives sur des secteurs clés de l’économie (production de phosphates ainsi que ses produits dérivés)

L’inflation devrait légèrement augmenter en 2017, en restant toutefois modérée, conformément à la tendance des autres pays de l’UEMOA, en raison de la hausse modeste des cours des produits alimentaires.

Des déficits jumeaux persistants

Les dépenses électorales de 2015 ont contribué à grandement dégrader le déficit budgétaire. Après une légère consolidation en 2016, le déficit fiscal devrait rester stable en 2017. En effet, la loi de finances de 2017 s’articule autour d’une logique d’équilibre entre recettes et dépenses. Par ailleurs, le Togo, membre depuis mai 2016 de la banque africaine d’imports exports (Afreximbank), pourrait à l’avenir bénéficier de ses prêts afin de financer ses infrastructures. Enfin, l’engagement financier de la Banque Mondiale devrait s’intensifier en 2017, ce qui soulagerait les comptes publics. Enfin, des réformes concernant les recettes et la gestion des dépenses seront mises en oeuvre pour stabiliser la situation budgétaire, à moyen terme.

Le déficit courant devrait légèrement se dégrader en 2017 du fait de la progression du déficit de la balance commerciale. Les importations de biens de consommation et d’équipement, dans le cadre des projets d’infrastructures, demeureraient importantes, empêchant une réelle réduction du déficit. La balance des revenus primaires devrait rester déficitaire, principalement en raison du rapatriement des bénéfices par les sociétés étrangères, tandis que les transferts des travailleurs expatriés, les subventions des bailleurs de fonds et les IDE devraient continuer à limiter le déficit courant.

2,2 Le Président et son parti tiennent les rennes du pouvoir d’une main « ferme »

Le président, Faure Gnassingbé, qui est au pouvoir depuis 2005, continuera à gouverner le pays, après sa réélection aux présidentielles du 25 avril 2015 pour un troisième mandat qui devrait le mener jusqu’en 2020. Sa position devrait être renforcée par les performances économiques du Togo ainsi que par l’amélioration des relations avec les bailleurs de fonds au cours des dernières années. Il pourra également s’appuyer sur le soutien des forces armées, qui répriment l’opposition. « Officiellement », Le

gouvernement prévoit de mettre en oeuvre une stratégie de réduction de la pauvreté à l’horizon 2017, ainsi qu’une stratégie de croissance accélérée, ayant pour but de stimuler la croissance, l’emploi et l’inclusion économique, le renforcement de la gouvernance et la réduction des inégalités régionales. (Nous sommes aujourd’hui en Novembre 2017. Ces prévisions optimistes de 2015 et 2016 de certains organismes internationaux d’analyse conjoncturelle ne sont malheureusement pas au rendez-vous même pas avec les maquillages officiels habituels. Le front de l’emploi est toujours aussi sinistré qu’au paravant, le niveau de vie se dégrade toujours plus et les couvertures sociales en particulier la couverture sanitaire sont dans un trou )

Sur le plan extérieur, le Togo devrait renforcer ses relations avec les autres membres de l’UEMOA, ainsi qu’avec la Communauté économique des Etats d’Afrique de l’Ouest (CEDEAO). Le pays cherche aussi à diversifier ses partenaires économiques (demande officielle d’intégration au Commonweath comme en témoignent les 2 visites de suivi effectuées récemment au Togo par l’ancien Premier Ministre du Royaume Uni M.Tony Blair ). Au printemps 2016, le Président a ainsi rencontré les gouvernements chinois et allemand, dans le cadre d’accords portant sur le financement du développement du pays.

Enfin, malgré quelques améliorations portant sur le commerce transfrontalier et le règlement de l’insolvabilité, le Togo continue d’afficher de faibles performances en matière de gouvernance. Le rapport Doing Business 2017 classe le pays 154ème sur 189 pays. (Dernière mise à jour : Janvier 2017)

Par ailleurs, le pays devrait continuer à contribuer de manière importante aux opérations de maintien de la paix sur le continent, notamment au Mali. Sur ce dernier plan il existe depuis l’année dernière une certaine interrogation sur la doctrine réelle du Togo en matière de lutte contre le terrorisme djihadiste islamiste.

Le Togo, depuis plusieurs années est un contributeur non négligeable aux forces multinationales des Nations Unies pour le maintien de la Paix. Cependant, un événement passé presque inaperçu permet de se poser des questions sur la sincérité de nos engagements vis à vis de la Communauté internationale. Cet événement concerne la visite impromptue rendue en 2016 par M. Faure Gnassingbé aux blessés de Jabhat Al Nosra (devenu depuis Fath Al-Sham) branche de rebelles syriens alliés à Al Qaïda et soignés à Ziv Hospital en Israël.

On peut légitimement se poser la question de savoir le but diplomatique ou sécuritaire de cette visite à des blessés sans identité réelle dont certains sont soupçonnés d’être des soldats de Daesh. Ne peut-on pas être tenté de voir dans cette inattendue visite aux blessés de Jabhat Al Nosra une certaine forme d’allégeance au Califat terroriste Daesh parrain idéologique et financier de la secte Boko Haram opérant au Nigéria afin d’obtenir de cette dernière un engagement de ne pas perturber le Sommet sur la Sécurité Maritime qui devrait avoir lieu quelques semaines plus tard à Lomé ? Notre Aéroport de Niamtougou servirait il à convoyer des djihadistes et des armes vers le Nord Nigéria ? Il ne s’agit pas ici de simples spéculations intellectuelles mais d’une affaire grave qui concerne la Sécurité de notre pays, de la sous-région ouest africaine et du monde.

Quand un Chef d’Etat va porter son soutien moral, sa compassion et peut-être de l’aide  matérielle ou financière à des soldats d’organisations terroristes, notre communauté nationale et au delà d’elle toute la communauté internationale doivent lui demander de s’expliquer sur les objectifs et aussi sur les  résultats de cette démarche inhabituelle et incompréhensible

2, 3 La Crise Politique depuis le 19 Août :

Depuis la grande marche du 19 Août 2017, le pays est dans un état quasi insurrectionnel quotidien avec l’inexorable jeu du couple Manifestations/Répressions qui a déjà fait officiellement une vingtaine de morts (mais plus probablement une quarantaine), de très nombreux blessés et de nombreux disparus. Si rien n’est fait, la situation ne fera que se dégrader. Une évolution pratiquement prévisible vers la guerre civile à base ethnique et ethnico-religieuse n’est pas du tout à exclure si rien n’est fait par la communauté internationale pour porter secours au « Peuple Togolais en danger ». A la division dichotomique et manichéenne verticale Nord/Sud ancienne se sont ajoutées 2 nouvelles divisions du pays, l’une horizontale Nord/Nord (les Kabyè contre les Kotokoli + Les autres ethnies du nord) et une tentative débutante manipulée par le pouvoir de division transversale en formation ( les Musulmans contre le Reste de la Population animiste et/ou chrétienne). Tout ceci est naturellement porteur de grandes inquiétudes. 

  3° Que Faire ? Les Solutions : Arrêter la casse, Reconstruire l’Etat, Reconstruire la République, Reconstruire laNation.

3, 1 Arrêter la casse.

Une Réalité Incontestable:

La Volonté de M. Faure Gnassingbé de perdurer au pouvoir jusqu’à sa mort comme son père (qui le lui aurait d’ailleurs conseillé) : « Papa m’a dit qu’on ne quitte pas le pouvoir » aurait-il déclaré en 2005. La volonté de s’accrocher illégitimement et illégalement au pouvoir se met en oeuvre dans la défiance permanente envers les Togolais et la communauté internationale. Cette double défiance est toujours enrobée d’excipients manipulatoires choisis, faits de verbes et de postures montés avec une très grande

virtuosité. La stratégie est de disposer d’un réseau solide de canons d’obligés, d’amis , de manipulateurs autour et à l’intérieur des organisations politiques régionales africaines, panafricaines, internationales d’une part et parmi les élus, politiciens, journalistes et opérateurs économiques français et européens d’autre part prêts à envoyer des salves d’obus contenant des gaz soporifiques ou euphorisants en faveur du système antidémocratique et anti républicain de chez nous.

Cette assurance de M. Gnassingbé en sa posture de défiance et de mépris envers le peuple du Togo et surtout envers la Communauté Internationale à travers ses Institutions Représentatives comme la CEDEAO, l’Union Africaine, l’Union Européenne, les Organisations Internationales de Défense des Droits de l’Homme, Amnesty International etc si rien n’est fait aujourd’hui et dans l’urgence, peut et va conduire immanquablement à un grand drame Togolais du type de ce qui s’est passé au Rwanda.

Face donc à l’urgence humanitaire et politique sécuritaire géostratégique régionale et internationale que constitue le présent du Togo, nous considérons que la priorité des priorités, ici et maintenant est de mettre fin au système tel qu’il existe et qui paralyse le fonctionnement républicain et démocratique de notre pays depuis plus de 50 ans.

Cependant il faut néanmoins affirmer aussi dès maintenant que cette nécessité de changement ne signifie en aucun cas, l’engagement de notre pays dans une aventure incontrôlable devant déboucher à terme sur le chaos. Pour y arriver dans la sérénité et la responsabilité 2 alternatives évolutives s’offrent à nous:

3, 1, 1 Ce que le Peuple veut : Projet A

La seule option que veut le peuple en ce moment, c’est la démission pure et simple de M. Faure Gnassingbé et la mise en place d’un gouvernement de transition jusqu’à l’organisation dans un an ou deux d’élections présidentielles et législatives sur la base de la Constitution de 1992 qui devra être rétablie dans sa version originelle.

Le peuple, dans sa très grande majorité considère que le projet de Référendum Constitutionnel proposé par M. Faure Gnassingbé et son parti le RPT n’est qu’une basse manoeuvre politicienne destinée à dévoyer le principe même du suffrage universel. En effet, dans son essence, cette consultation référendaire ne présente aucune alternative sérieuse permettant une expression populaire crédible. M. Faure Gnassingbé propose un référendum au terme duquel si le peuple dit « non », il va dire que « le peuple ne veut pas changer la Constitution actuelle » qui ne limite pas le mandat présidentiel donc qui

lui permet de rester au pouvoir à vie. A l’inverse si le peuple dit oui, M. Gnassingbé va dire : « le peuple me donne un quitus de mes 13 ans de pouvoir et me demande de faire encore un minimum de 12 ans supplémentaires » (2 ans jusqu’en 2020 et 2 mandats supplémentaires de 5 ans à partir de 2020). Le peuple Togolais serait ainsi présenté comme un peuple masochiste qui n’enverrait dans la rue plus de 1 000 000 de manifestants avec une quarantaine de morts probables depuis le 19 Août que pour supplier M. Faure Gnassingbé de le faire souffrir davantage encore 12 ans C’est le même sens de manque de rationalité qu’il faudrait accorder aux rumeurs de « conseils » qu’aurait distillés à certains membres de l’opposition un responsable politique sous régional les invitant à accorder un bonus plus réduit de 7 ans supplémentaires à M. Faure Gnassingbe « ami » et « bienfaiteur »

3, 1, 2 Projet B

Si le projet « A » devrait s’avérer difficile à mettre en oeuvre pour des raisons diverses on pourrait envisager une alternative par un projet « B ». Celle ci consisterait à accepter que M. Faure Gnassingbé restât au pouvoir jusqu’en 2020 avec néanmoins 5 conditions non négociables.

3, 1, 2, 1 La première condition est le rétablissement pur et simple de la Constitution de 1992 dans sa version originaire à travers une loi qui abolirait en une seule fois toutes les modifications apportées à la Constitution depuis son adoption par voie référendaire en 1992.

3, 1, 2 2 La deuxième condition est l’ouverture immédiate d’une période de transition conduite par un Premier Ministre qui prête serment sur la constitution de 1992 au préalable rétablie. Ce Premier Ministre de transition sera investi de la totalité des pouvoirs régaliens, avec des attributs de chef des forces de défense et de sécurité. Il aura aussi la responsabilité de la Diplomatie, de l’Economie, des Finances publiques, du Budget ainsi que le pouvoir de nomination aux hautes fonctions civiles et militaires.

3, 1, 2, 3 La troisième condition est que M. Faure GNASSINGBE renonce dans une adresse à la Nation, par une déclaration solennelle, à se présenter comme candidat à l’élection présidentielle de 2020.

3, 1, 2, 4 La quatrième condition est la dissolution de l’Assemblée Nationale actuelle.

Jusqu’aux nouvelles élections. La fonction législative sera dévolue à une institution transitoire provisoire dont les Membres seront choisis dans les partis politiques, la Société Civile et les Institutions Religieuses.

3, 1, 2, 5 La cinquième condition est la présence d’une force militaire de la CEDEAO

durant toute la période de transition. Ceci afin d’éviter d’éventuelles immixtions de l’armée nationale dans la mise en oeuvre des réformes indispensables pour bâtir des Institutions de l’Etat de droit. Un tel dispositif dissuasif devrait permettre d’éviter les écueils de la précédente transition de 1991-1993 qui fut dramatiquement marquée par l’immixtion intempestive de l’armée et des assassinats.

3, 2 Le Gouvernement de Transition :

Le Premier Ministre

Il pourra être issu de la classe politique, de la société civile, de la diaspora, des forces religieuses, de l’armée active, de la réserve ou en arrêt de contrat. Il devra être une femme ou un homme de bonne moralité, ayant le sens de l’Etat, possédant une certaine expérience de la politique. Une personne de conviction, de dialogue et de décision. La durée de son mandat sera fixée par le Conseil de la Transition qui fera office de parlement et dans lequel seront représentées toutes les régions du Togo. Pour occuper le poste de Premier Ministre de la transition, la personne choisie doit renoncer avant d’entrer en fonction à être candidate aux Présidentielles suivantes.

3,3 Le Haut Conseil de la Transition :

Il jouera le rôle de parlement pendant la transition. Ses membres seront choisis pour les 7/9 ème dans les partis politiques représentés dans l’actuelle Assemblée Nationale soit 1/9 ème pour ANC CAR ADDI CDPA et SURSAUT TOGO UNIR et UFC. Les 2/9 èmes restants devront être partagés entre la Société Civile, la Société Religieuse et la Diaspora. Le Président de ce Haut Conseil de la Transition devra aussi renoncer à être Candidat aux Présidentielles suivantes avant d’entrer en fonction.

3, 4 Les Institutions de défense et de Sécurité de la Transition

Pendant la période de transition, les Forces de Défense et de Sécurité Togolaises devront subir des évolutions qui pourront leur permettre après cette période d’en faire de véritables Forces Nationales de Défense et de Sécurité. Les Régiments Commandos de la Garde Présidentielle (Bérets Verts) et Para commandos de Kara (Bérets Rouges) devront être reconstruits. Pendant la transition, la Sécurité de la Primature devra être assurée par l’Armée Nationale Togolaise épaulée par un détachement de la brigade de la CEDEAO déployée sur l’ensemble du territoire et soutenue par des unités d’infanterie francoallemande, ceci pour la transparence et pour éviter ce qui s’est passé en 1992 avec la transition de Joseph Koffigoh. Il serait par ailleurs souhaitable que pendant cette période, il y ait sur le terrain, un déploiement de forces spéciales Européennes ainsi que des unités de renseignement civil européennes.

3, 5 Mesures Conservatoires concernant certaines personnalités pendant la

Transition

3, 5 , 1 Situation de M. Faure Gnassingbé :

Si Mr Faure Gnassingbé joue le jeu avec franchise et honnêté, sur proposition du gouvernement de transition, il lui sera octroyé une amnistie totale avec sursis ainsi qu’à un certain nombre de membres civils de sa famille et de ses collaborateurs. Il bénéficiera d’une protection rapprochée pour lui et sa compagne .

3, 5, 2 Situation des Ministres actuels et des anciens Ministres :

Les Ministres et Anciens Ministres Civils qui ont travaillé dans les gouvernement successifs du RPT et d’Unir seront amnistiés pour les fautes administratives qu’ils auront commises. En revanche celles et ceux qui sont poursuivis ou le seront pour détournement de deniers publics ou de spoliation de biens devront répondre devant la justice de ce qui leur aura été reproché.

3, 5, 3 Situation du personnel des Forces de Sécurité et de Défense :

Les personnels des forces de Sécurité et de Défense qui auront été convaincus d’avoir utilisé de la violence et de la torture sur des citoyens ou d’avoir tué des citoyens dans un contexte qui n’est pas celui de la légitime défense seront poursuivis pénalement.

3, 5, 4 Situation des Milices

Les milices d’Etat vont être dissoutes. Le secteur de sécurité privée et de gardiennage va être réorganisé avec un code de déontologie fixant les obligations des patrons, les droits des salariés avec constitution de syndicats et de fédérations de syndicat sectoriels. Une nouvelle règlementation sur le port d’arme va être introduite

4° Construire l’Etat, Construire la République, Construire la Nation.

La Nation Togolaise en gestation dont nous avons hérité à l’indépendance s’est lentement mais sûrement délitée au cours des 50 dernières années et s’est transformées en une mosaïques de micronations cohabitant avec beaucoup de méfiance les unes à côté des autres. Des affirmations identitaires exclusives ont proliféré un peu partout aussi bien à l’intérieur qu’à l’extérieur du Togo. Des fêtes traditionnelles locales comme les Evala en pays kabyè ont été transformées en obligations nationales imposées aux hommes, aux institutions, aux administrations voire au gouvernement et même aux chancelleries accréditées chez nous. Ces parades utilisées comme des éléments d’affirmation

identitaire des dominants se font au détriment de la marche normale du pays. Elles doivent être ramenées à leur réalité patrimoniale du terroir et à leur exigence fondatrice afin d’éviter à l’avenir une « ethnicisation »exclusive de l’Etat, des Administrations, de la Police et des Armées.

5° Les Réformes Institutionnelles

D’importantes Réformes Institutionnelles doivent être opérées pendant la période de transition : Elles toucheront

– Le Code Electoral :

– Le Conseil Constitutionnel

– La Cour des Comptes

6° Le Vote des Togolais de l’Etranger :

Une attention particulière doit être portée à cette question importante et complexe. En effet s’il semble à tout un chacun totalement légitime de donner le droit de vote aux Togolais vivant à l’étranger, il faudra aussi ne pas oublier que si ce droit n’est pas bien balisé, il servira à ouvrir une boite de pandore qui servira de tremplin à toutes sortes de manipulations. Dans le pire des cas, elle servira à faire élire à la tête du pays une femme ou un homme qui ne connaît pas le Togo mais qui voudra tout simplement s’en servir pour ses intérêts personnels en manipulant le vote de l’extérieur. A notre point de vue ce droit doit être octroyé progressivement après avoir procédé à un recensement sérieux des Togolais de l’extérieur et après en avoir étudié tout aussi sérieusement son impact sur la stabilité de nos institutions et aussi sur les prérogatives des Togolais de l’intérieur

NEW WORLD FORUM, LE RENDEZ-VOUS TÉLÉ DU DIMANCHE Invité politique de ce 10/12/17 – 12h10 – 13h : Prof. Aimé GOGUE, Economiste – Universitaire / Pdt-Alliance des Démocrates pour le Développement Intégral (ADDI) Thème / Togo : nouveau dialogue, nouvel espoir de sortie de crise ?

 

NEW WORLD FORUM 19 11 2017 P1 APEVON

 

PROGRAMME NEW WORLD FORUM DU 19 – 11 – 17 Invité : Paul Dodji APEVON, Pdt – Forces Démocratiques pour la République (FDR) Thème : Togo – 19 août / 19 novembre : 3 mois de contestation pour quels résultats ?

 NEW WORLD FORUM 22 10 2017 JEAN DEGLI B

Gilles Bocco

Ajoutée le 25 oct. 2017

Quelles solutions pour la crise politique au Togo ? Gilles Bocco fait le tour de la question avec Me Jean Yaovi DEGLI, Avocat, Ancien ministre togolais.

 

 

NEW WORLD FORUM 22 10 2017 JEAN DEGLI A

 

Quelles solutions pour la crise politique au Togo ? Gilles Bocco fait le tour de la question avec Me Jean Yaovi DEGLI, Avocat, Ancien ministre togolais.

 

 

 

Me Afangbedji

Me Afangbedji: la lutte échoue à cause des opposants radicaux qui acceptent l’argent du R PT-UNIR

Source www.fmliberté.com

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RETOUR AUX ANCIENNES PRATIQUES DU REGIME EYADEMA !

Sommes-nous entrain de revivre les pratiques politiques du régime Eyadema ?

L’article ci-dessous intitulé  Le «Sommet» du siècle et la masse du peuple est parvenu à la Rédaction du site de la CDPA-BT ce 8 octobre 2016. Nous nous faisons le devoir de le publier pour permettre à l’opinion d’avoir un éventail le plus large possible des réactions au sujet de ce « Sommet ».

Les opinions émises dans ce document n’engagent que son auteur. Elles ne constituent en aucune manière une position officielle de la CDPA-BT.

La Rédaction

Le « Sommet » du siècle et la masse du peuple

sommet-827717Le «Sommet» va s’ouvrir dans 48 heures. Elle se tient du 10 au 15 octobre. Lomé va être en fête comme on n’en a plus jamais vu depuis des années. La rentrée scolaire programmée pour 26 septembre est reportée au 17 octobre. Rien ne doit venir perturber la grand’messe. Le Togo renoue avec un passé que beaucoup ont cru révolu.

Une publicité monstre a envahi tout le pays depuis plusieurs mois déjà. Ce que nous autres, le commun du peuple, en avons retenu est que l’argent va couler à flot tout au long des 5 jours où le «Sommet» va occuper le pays. Et sans doute après. Chacun des 3000 invités étrangers en apportera à gogo. Les hôtels de haut standing, les restaurants chics, les taxis, les woleyia (les taxis motos)… Tout ce monde va en ramasser à foison.

On va même, semble-t-il, nous apporter un grand bateau-hôtel de luxe, qu’on nous placera sur notre grand océan ; car, on estime que nos hôtels de luxe ne sont pas encore suffisamment luxueux pour les invités de marque qui nous apporteront de l’argent à gogo. Nous devons en être reconnaissants et remercier Dieu le Père. Chaque Togolais, y compris bien entendu le paysan de Mandouri, de Yotokope et d’ailleurs sur le territoire doit se plier en quatre pour recevoir nos illustres hôtes comme il se doit. Ce sommet du siècle, c’est en plus pour le développement. Et le développement, c’est pour tous (dit-on).

On a peut-être pensé à l’animation pour mettre nos hôtes en joie comme dans les grandes occasions d’autrefois. Dans ce cas, nous chanterons et nous danserons dans la salle de conférence. « Eyadema oye ! Oye !!! Agbé woèzu alafia!!!» Dommage que nos animateurs distingués d’autrefois ne sont plus de ce monde. Mais nous avons sûrement des ressources. Il suffira de les activer.

L’événement est historique on vous dit ! Bien plus historique que les Lomé 1 ou autres grand’messes du passé. Il mérite donc de la part de nos journalistes locaux un langage spécial. Pas question de raconter n’importe quoi, ou d’écrire n’importe quoi sur le «Sommet». On a donc réuni ces hommes de presse en séminaire pour leur apprendre le langage approprié pour la circonstance. C’est sérieux ! Gare aux brebis égarées. De toute façon, pas de souci. A l’exception peut-être de deux ou trois galeux incorrigibles, le reste du troupeau des journalistes est déjà acquis à la grande cause. Ils se sont mis à chanter « l’économie bleue » depuis des mois déjà, et à faire joyeusement « la promotion » du « Sommet » dans un concert de louanges remarqué. C’est dans le sang on vous dit !

Mais dans l’ensemble de la presse nationale, certains des «louangeurs» font tout de même grise mine. Pas qu’ils estiment que le «Sommet» n’apportera rien au Togolais d’en-bas. Mais parce la presse étrangère aurait eu la part du lion du budget consacré à la publicité pour la «promotion» du «Sommet». Le journaliste local n’a eu droit qu’à la portion congrue : 250.000 francs semble-t-il pour la page noircie ! On grince les dents dans le microcosme : où est donc le sens du patriotisme de ceux d’en-haut ? Mais on a pris quand même les 250.000 francs. On est spécial au Togo, vous le savez bien. C’est pour cela qu’on est si bien dans le pays ! La «vie chère» ? Ça fait des miracles !

Le budget global prévu pour le «Sommet» s’élevait au départ à 5 milliards et des poussières. Et puis, au cours de la route, des journalistes se sont mis à parler de 13 milliards. Où sont-ils bien allés dégotter ce chiffre ?

Prise de tournis devant ces chiffres vertigineux, une femme s’est mise à demander où le Togo va bien trouver tout cet argent à verser dans un «Sommet» par les temps qui courent ? Et un illustre opposant de lui répondre : «le Togo ne sortira pas un seul sous ; l’Union Africaine, l’Union européenne, les Etats-Unis et la Banque mondiale… paieront tout». Comme ce grand opposant de la dernière heure qui soutient bruyamment le «Sommet», est le plus grand connaisseur au Togo, la femme est partie, un peu dubitative tout de même. Ces opposants togolais !

En admettant même que le «Sommet» du siècle ne sera gourmand qu’à concurrence de 5 milliards, le pouvoir togolais semble n’avoir pas 900 millions pour doter le pays d’un seul scanner (pour 6 millions d’habitants). Et il vient de doubler le coût des péages sous prétexte qu’il a besoin d’argent pour entretenir les routes. Il est de notoriété publique qu’aujourd’hui un grand nombre de Togolais parvient difficilement à s’offrir trois repas par jour, dans le milieu rural comme dans les villes.

Le discours sur « l’économie bleue » et autres « protection de nos Océans » est simplement mystificateur. Si une infime minorité tirera ou tire déjà profit du grand «Sommet», la grande majorité de la population n’a rien à y attendre, sauf l’accentuation de la dégradation de ses conditions de vie. Vraiment rien d’autre.

S. Sylvain.

 

 

 

Pourquoi faut-il rejoindre le Mouvement de la Force Alternative d’Opposition ?

 

Senouvo Agbota ZINSOULe professeur Emmanuel Gu-Konu, pédagogue expérimenté explique, de sa voix calme, posée, avec des gestes précis, sans excès, ni dans le ton, ni dans la gestuelle, sa vision du mouvement auquel il appelle à participer tous les Togolais et par par-delà les Togolais, les Africains qui souhaitent réellement le changement, un nouveau départ. J’ai en face de moi une force morale et intellectuelle, une force de persuasion.

Je l’écoute et je suis captivé. Je me demande tandis qu’il parle : pourquoi la majorité des Togolais n’écoute pas cet homme qui porte en lui la vision dont nous avons besoin ? Cet homme qui avait mis en garde contre tous les faux accords (12,13 ?) signés par l’opposition togolaise avec le pouvoir Gnassingbé et qui ne nous ont jamais conduits qu’à l’échec, aux massacres des populations, aux fraudes électorales, à la déception, au désespoir, à l’exil, à la misère économique, à l’absence d’un véritable Etat, d’une véritable nation, tandis que le système se perpétue, tandis que le clan Gnassingbé s’installe, presque définitivement, comme une monarchie héréditaire, atteint son but inavoué ?

Cet homme qui n’a été compromis dans aucun de ces accords, aucun gouvernement sous Eyadema ou sous son fils. Est-ce, comme Jean-Baptiste, la voix de celui qui crie dans le désert, qui tranche avec les faux prophètes, les leaders préoccupés avant tout par leur ambition personnelle ? Je m’interroge : est-ce parce que Emmanuel Gu-Konu ne promet ni portefeuilles ministériels, ni sièges à l’Assemblée, ni postes juteux, ni ceci, ni cela ?

L’homme me paraît trop honnête, trop intègre pour promettre quoi que ce soit de ce genre. Il me dit :” À mon âge, on ne se préoccupe que d’une chose : accomplir modestement sa tâche pour les générations futures. Emmanuel Gu-Konu appelle, voilà tout : il appelle à la prise de conscience concernant la voie dangereuse sur laquelle le Togo s’est engagé depuis 1963, voie d’une tragédie nationale qui s’est aggravée depuis 1967 et qui, malgré la révolte de 1990, malgré la Conférence Nationale, malgré la fin d’Eyadema en 2005, n’a jamais pu être redressée.

Pourquoi ? Simplement parce qu’il manquait à l’opposition togolaise une force organisée ou mieux, parce que cette opposition n’a jamais su se transformer en force organisée, bien structurée, basée sur le peuple. Soyons lucides et soyons francs avec nous-mêmes : beaucoup de nos mouvements n’ont été que feux de pailles vite éteints, gaspillage d’énergie, la sueur versée,le sang qui a coulé, temps et moyens perdus pour rien. Faut-il recommencer de la même manière ?

Emmanuel Gu-Konu explique : n’est pas une force, une population longtemps brimée, longtemps étouffée, longtemps privée des libertés et des droits fondamentaux, à qui on fait croire simplement un matin que la liberté est possible, que la démocratie est possible. Il fallait aller plus loin. Mais pour aller plus loin, il fallait un travail pédagogique de base, un travail préparatoire qui rende ce peuple parfaitement responsable de son destin, lucide quant aux actions à mener méthodiquement. Travail fait par des hommes et des femmes qui s’imposent une vertu primordiale : l’abnégation ; des hommes et des femmes qui ne réclament, ni ne recherchent pour eux-mêmes des postes ministériels, des honneurs, la gloriole d’être en bonne place sur les tribunes dans les meetings, l’argent… mais qui au contraire sont prêts au sacrifice.

Tout cela signifie autre chose que d’être dans la position de ceux qui haranguent les foules du haut des tribunes ( on n’a jamais vu Emmanuel Gu-Konu sur une de ces tribunes cependant qu’il lutte contre la dictature depuis les années 63), autre chose que d’envoyer des hommes et des femmes de tout âge se faire massacrer par la soldatesque d’Eyadema, autre chose que de lancer une grève générale sans stratégie aucune, en faisant croire au peuple qu’au bout de trois jours, au bout d’une semaine, au bout d’un mois, au bout de huit mois…le dictateur cédera, autre chose que de courir à Paris, à Ouaga, à Abuja, à Libreville, à Dakar etc. à la recherche d’appuis extérieurs pour obtenir, finalement, des miettes de pouvoir, autre chose que de signer des accords en sachant très bien que derrière les textes à signer, se cache une supercherie. Ce n’est pas là la force. Donc ce n’est pas là la solution. Tout est à repenser avec le MFAO auquel Emmanuel Gu-Konu nous appelle. Presque tout est à refaire, et à refaire avant qu’il ne soit trop tard.

Lorsqu’on a subi quarante ans de régime Gnassingbé et qu’on sait qu’actuellement, aucune force n’est en en face de ce régime pour l’empêcher de se perpétuer, lorsque surtout on sait que ce régime, de jour en jour nous conduit à la ruine économique, à l’impasse politique et à la déchéance morale, il n’y aucune compromission à faire avec lui. Il n’y a aucune autre solution que de devenir une force en face de lui. Emmanuel Gu-Konu, qui est Premier Secrétaire de la Convention Démocratique des Peuples Africains, branche togolaise (CDPA-BT), précise que le MFAO n’est pas un nouveau parti (unique) de l’opposition. Nous y sommes tous conviés, que nous appartenions déjà ou non à un parti.

Le MFAO ne considère pas comme un but suprême de gagner les élections présidentielles de 2010, même s’il va nécessairement oeuvrer pour la victoire du candidat de l’opposition qui lui paraîtra le mieux placé pour mettre fin au système dynastique, inique et cynique des Gnassingné. Le but suprême, c’est la construction d’une nationale togolaise, libre et démocratique, pour un développement en profondeur. Le MFAO veut y travailler avec le peuple, pour le peuple. Le MFAO veut, par-delà le cas du peuple togolais, contribuer à la démocratisation réelle en Afrique, au moins dans notre sous région.

N’y a-t-il pas de leçon à tirer de l’élection de John Atta-Mills au Ghana voisin, l’idée que l’alternance est possible et que nous pouvons y parvenir aussi au Togo ? Emmanuel Gu-Konu se propose de convoquer, lorsque l’heure sera jugée propice, un grand congrès pour la mise en place définitive du MFAO, avec ses structures, sa stratégie. Pourquoi alors les Togolais créeraient-ils 10, 20, 30…mouvements, oeuvrant dans le même but, de petites forces éparpillées, alors que nous pouvons en avoir une seule, puissante, structurée, efficace ?

Sénouvo Agbota ZINSOU