MFAO

Résumé,Synthèse & Plate forme d’adhésion au MFAO

« La démocratie ne vient ni d’élections bidons, ni de dialogues avec le régime de dictature. Elle vient d’une pulsion du peuple résolu à se libérer de l’oppression, pour transformer ses conditions de vie. »

Prof Emmanuel Gu-Konu

 

 
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 Interview de M. Emmanuel Boccovi, accordée à Togonew le 13 janvier 2010

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1 – Monsieur Emmanuel Boccovi, vous êtes membre de la CDPA-BT et aujourd’hui vous faites aussi partie du MFAO, pouvez vous nous parler de ce mouvement?

Vous avez raison de souligner mon appartenance à la CDPA-BT, l’un des partis politiques d’opposition historiques dont les membres fondateurs ont créé la CDPA en 1988 pour lutter contre le régime de dictature instauré au Togo depuis l’assassinat du Président Sylvanus Olympio en 1963. Soyons sérieux, en politique, l’éthique exige une certaine vérité contrairement à ce que l’on croit : le père fondateur de la CDPA n’est pas celle ou celui qu’on présente comme tel. La CDPA a été créée par le Prof. Emmanuel GU-KONU ensemble avec un petit groupe d’amis dont ne font pas partie ceux qui se proclament aujourd’hui ses fondateurs. La CDPA est créée en 1988 et non en 1990.

Ceci dit, mon adhésion au MFAO ne date pas d’aujourd’hui comme le laisse penser votre question. Je voudrais tout juste vous rappeler quelque chose : c’est à son Conseil national, tenu les 17 et 18 février 2001 à Kpalimé, que la CDPA-BT a émis pour la première fois l’idée de faire émerger de la population une Force alternative d’opposition (FAO) comme une exigence pour recentrer la lutte pour la fin du régime de dictature. Par la suite, la nécessité de concrétiser ce concept pour en faire un instrument de lutte sous la forme d’un vaste mouvement, le MFAO, s’est imposée.

Pourquoi recentrer la lutte engagée en 1990 ?

Comme vous le constatez, certains courants de l’opposition ont, depuis quelques années, remplacé la lutte par une politique de revendication du partage du pouvoir. Ils collaborent ainsi avec le régime en participant au gouvernement de Faure Gnassingbé. Aujourd’hui, la perspective de l’élection présidentielle renforce cette tendance et nous éloigne davantage de l’objectif pour lequel la population était descendue dans la rue en 1990, à savoir la fin du régime de dictature.

Alors, qu’est-ce que le MFAO ? D’abord, le MFAO n’est pas un parti politique de plus. C’est un mouvement citoyen qui s’efforce de rassembler tous ceux qui aspirent au changement réel dans une organisation structurée pour rendre possible l’instauration des libertés démocratiques dans notre pays. Pour cela, il se veut un mouvement d’envergure nationale sur la base d’une alliance la plus large possible d’individus et d’organisations démocratiques ayant une volonté commune d’œuvrer pour le changement politique.
Comme vous le voyez, le MFAO n’est pas un parti politique d’opposition de plus. Mais il n’est pas contre les partis d’opposition qui œuvrent réellement pour le changement politique, ni contre les organisations associatives qui se battent pour ce même but.

Le MFAO se propose comme la force organisée de la masse de tous les opposants, qu’ils soient des opposants individuels ou des opposants membres d’un parti politique, d’un syndicat ou d’une organisation associative quelle qu’en soit la nature.

2 – Le MFAO n’est-il pas une branche de la CDPA-BT ? Un militant d’un autre parti politique peut-il adhérer au MFAO ?

Le MFAO une branche de la CDPA-BT ? Non ! Vous conviendrez qu’un mouvement de masse d’envergure nationale ne peut pas être une branche d’un parti politique d’opposition, y compris bien entendu la CDPA-BT, même si tout le monde reconnaît aujourd’hui que c’est ce parti qui a lancé l’idée de la nécessité de l’émergence du Mouvement. Que tous ceux qui pensent que le MFAO est une branche de la CDPA-BT se rassurent donc. Le MFAO est un mouvement citoyen porté par une alliance la plus large possible de tous ceux qui veulent le changement politique et acceptent de se donner les moyens de créer les conditions propices à ce changement. C’est donc un mouvement ouvert à tous sans considération partisane. J’invite donc une fois de plus les membres des partis politiques de l’opposition, les membres des organisations syndicales, les membres des organisations associatives, les personnalités individuelles à rejoindre le Mouvement, pour qu’ensemble nous réalisions ses objectifs.

3 – Quels sont les objectifs du MFAO ?

Ils se résument en un objectif unique : Travailler ensemble pour créer les conditions du changement politique et mettre les togolais en mesure de défendre les institutions et les libertés démocratiques auxquelles ce changement ouvrira la voie.

Cela suppose une mobilisation conséquente de la population pour l’impliquer davantage dans le processus politique, la mettre en mesure de prendre en mains ses destinées et de se donner les moyens de commencer à satisfaire ses besoins élémentaires en attendant que le système politique démocratique issu du changement mette en œuvre une véritable politique de développement national. Et cela suppose que le MFAO participe par un travail méthodique d’information et de formation citoyenne pour élever le niveau de conscience politique et du sens civique de la population. Car, ce sont là les conditions sine qua non de la construction d’un système politique démocratique dans le pays.

4 – Avez-vous les moyens de vos ambitions ?

Nous sommes conscients qu’aucun parti politique, aucun candidat à la présidentielle de 2010 ne peut à lui tout seul se donner dans le contexte actuel, les moyens de ses ambitions. Comme le disait Anani Santos en 1958, « c’est ensemble que nous bâtirons ce pays », avec la contribution de tout un chacun, si minime soit cette contribution. Ensemble donc, nous pouvons nous donner les moyens de nos ambitions ; et plus nombreux nous serons, plus vite nous réussirons. C’est pourquoi nous disons que tous ceux qui veulent le changement doivent se mettre ensemble pour construire le MFAO, ensemble pour donner au Mouvement les moyens de ses ambitions. Tout est possible quand on se met ensemble. C’est une évidence.

5 – Le MFAO donnera t-il des consignes de vote pour les élections de 2010 ?

Oui. La Coordination Provisoire du MFAO se prépare à organiser fin janvier, une concertation auprès des Associations MFAO déjà constituées, avant de décider de la consigne de vote à donner.

6 – Quelle est votre vision globale sur la politique togolaise depuis le 5 octobre 1990 en passant par l’Accord Politique Globale ?

La CDDPA-BT a été le seul parti d’opposition à proclamer, avant même la signature de l’APG le 20 octobre 2006, que ce document ne permettra aucune avancée démocratique dans le pays, parce qu’il est piégé par ses rédacteurs de dispositions qui sont de nature à légitimer le pouvoir de Faure Gnassingbé et à consolider le régime qu’il a hérité de son père. Au risque même de lasser nos compatriotes par notre insistance sur ce plan, nous avons mis l’opinion en garde à plusieurs reprises, contre les illusions et les grandes manœuvres de manipulation qui se profilaient alors à l’horizon. Nous avons parlé d’échec, souligné la nécessité d’abandonner la politique d’opposition conduite jusqu’alors et recommandé de recentrer courageusement la lutte politique sur l’objectif pour lequel les Togolais se sont insurgés en 1990.

L’échec ne fait plus l’ombre d’un doute aujourd’hui : Tout le monde convient que le système de dictature est maintenu, parfois avec la complicité de certains leaders qui, d’accords en accords, ont conforté le régime du père et du fils. Tout ce qui se passe dans la perspective de cette présidentielle de 2010 le montre bien. Les accords de Ouaga ont toujours conforté le régime en place. La constitution adoptée en 1992 est bafouée. Les institutions (la Cour Constitutionnelle, la HAAC, la CENII) sont aux ordres du pouvoir. L’opposition est divisée. Le processus démocratique engagé en 1990 est relégué aux calendes grecques. Cela n’est pas un bon présage pour l’avenir de notre pays.

7 – Aujourd’hui l’ensemble des Partis politiques de l’opposition réclame les élections à deux tours, qu’en pensez-vous ? Croyez-vous que cette revendication soit une condition nécessaire pour la victoire de l’opposition ?

Même si elle est très légitime, cette revendication ne change rien à la situation présente où tout le pouvoir est concentré entre les mains des tenants du régime, N’est-il pas plus judicieux de se battre pour revenir à la constitution de septembre 92, celle – là même qui avait été largement adoptée par le Peuple togolais, et arbitrairement modifiée par le régime en 2002 ?

Je ne suis pas convaincu de la nécessité de cette revendication trop tardive. Car, on la formule en sachant bien qu’elle n’aboutira pas. De toute évidence, elle apparaît comme une manière de faire dire que « l’on fait tout de même quelque chose ».
Voyez par ailleurs le nombre de candidats à cette présidentielle au moment où tout le monde parle de candidature unique de l’opposition. Ils sont tous convaincus qu’en allant ainsi aux urnes en rang dispersé, ils favorisent l’élection de Faure Gnassingbé avec ce mode de scrutin à un tour. Pourtant, ils y vont tout de même.

Alors, vous me demandez si je crois nécessaire la tenue des élections à deux tours. Les conditions dans lesquelles cette présidentielle va se dérouler apportent une réponse à votre question. Inutile de servir de caution à la légitimation de ce qui se prépare.

8 – Aujourd’hui il y a un autre Mouvement le MCA, n’est-il pas judicieux de rassembler les mouvements qui poursuivent les mêmes objectifs ?

Depuis 2001, la CDPA-BT a commencé à en appeler à la formation d’un mouvement citoyen qui rassemble toutes les forces démocratiques sans considération d’appartenance politique pour rendre l’opposition plus forte et plus cohérente. Puis le MCA s’est constitué hier, à la veille de ce scrutin de 2010, et s’est mis à redire les mêmes choses dans la précipitation comme si ses créateurs n’ont jamais entendu parler du MFAO. Mais le MCA n’est pas le seul mouvement dans ce cas ; la perspective de l’élection de 2010 en a suscité d’autres comme cela se passe à la veille de chaque présidentielle depuis 2003.
Ce qui est regrettable dans cette lutte togolaise pour la démocratie, c’est qu’on ne veut jamais se mettre ensemble pour définir et mener ensemble les actions qui s’imposent. Chacun se démène dans son coin tout en sachant que l’action qu’il entreprend est déjà en train d’être menée ailleurs par d’autres. Ainsi, on crée le MCA alors que nous n’avons pas cessé, depuis 2001, d’inviter les partis politiques d’opposition, les organisations associatives de l’opposition, les individus et les personnalités quelque soit leur appartenance idéologique, à se joindre à nous pour qu’ensemble nous construisions ce mouvement citoyen sur des bases très claires que nous proposons.
Quand, en réponse à une telle invitation on crée d’autres mouvements comme si on n’a jamais entendu parler du MFAO, on fait faire à l’opposition toute entière du surplace dans la confusion. Une confusion dangereuse « qui a profité jusqu’à présent au régime en place, à son parti et à leurs alliés de l’intérieur et de l’extérieur » comme l’a déjà dit le Premier Secrétaire de la CDPA-BT.

Puisque vous avez cité le MCA, j’ajouterai ceci : le MFAO n’est pas créée pour rameuter au profit d’un candidat à une élection donnée. Il est conçu pour contribuer à créer les conditions du changement politique et à mettre la population en mesure de défendre les acquis démocratiques. Son horizon ne se borne donc pas à l’élection présidentielle de 2010. Il va bien au-delà, d’autant plus que tout laisse voir clairement que la lutte pour le changement politique devra se poursuivre après février 2010.

9 – Qu’en est-il du congrès du MFAO annoncé lors de l’Assemblée générale de Bayreuth ?

Les commissions mises en place pour préparer le congrès sont à l’ouvrage. Si nous ne tenons pas le congrès avant le 28 février 2010, nous le tiendrons après, au moment le plus opportun.

10 – Votre mot de fin

A partir du moment où le Togo n’est pas encore devenu un Etat démocratique, je formule le vœu que les responsables de l’opposition arrêtent cette compétition désastreuse entre eux : elle ne fait que conforter le régime de dictature et retarde d’autant la marche vers la démocratie.
Je formule le vœu qu’ils fassent preuve de plus de responsabilité et se mettent ensemble pour se donner les moyens de se battre pour mettre fin au régime de dictature et de n’engager la compétition pour le pouvoir qu’une fois la démocratie instaurée.
Convaincu que la pléthore de candidats de l’opposition à la présidentielle de 2010 favorise le maintien de Faure Gnassingbé au pouvoir , je formule pour le peuple togolais le vœu que l’opposition ne se mette pas dans la situation d’endosser la responsabilité de ce maintien, et de ce qui en résultera si, frustrée une fois de plus, la population se trouve forcée de réclamer sa victoire.

A la dernière candidate qui vient d’être jetée dans le panier à crabes et a été lancée dans la bataille par ses pairs, je souhaite Bonne Chance !

Dans tous les cas, je formule pour terminer mes meilleurs vœux à vous tous et au MFAO.

Merci à vous

Paris le 13 janvier 2010

Emmanuel Boccovi

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Assemblée constitutive du MFAO

Assemblée constitutive du MFAO 16 mai 2009

 

 

 

Assemblée générale du MFAO à Bayreuth (Allemagne)

Résolution finale

MFAOL’Assemblée Générale du Mouvement de la Force Alternative d’Opposition, tenue á Bayreuth en Allemagne le 27 juin 2009, dans le cadre de la préparation du Congrès Constitutif du Mouvement a eu à examiner les aspects politique, économique, social, culturel de son thème central :

Le MFAO et sa vision pour le Togo. Ce thème central a été subdivisé dans les différents sous-thèmes suivants :

1° Le MFAO et la transformation démocratique de la société togolaise
2° Le MFAO et la responsabilité dans l’acte de création artistique et littéraire
3° Le MFAO et la nouvelle politique de jeunesse
4° Le Financement du MFAO

Après analyse de l’évolution de la situation politique togolaise depuis la période coloniale, l’Assemblée constate que le régime militaro-clanique actuel qui est la source de tous les maux dont souffre le peuple togolais est un régime essentiellement de type néo-colonial, instauré, soutenu et défendu par l’ancienne puissance dominatrice.

Dès lors, aucune réforme n’a été ni effectuée, ni même possible, qui devrait permettre au peuple togolais de retrouver sa souveraineté confisquée et partant d’être l’acteur d’un développement véritable et du progrès réel basés sur l’expression de sa volonté.

  Le climat politique et social dans lequel la société togolaise a évolué depuis le 13 janvier 1963, et surtout à partir du 13 janvier 1967 n’est guère de nature à favoriser ce genre de reformes.

L’exercice de la souveraineté par le peuple, condition sine qua non et un des traits essentiels de la pratique démocratique, le développement véritable et le progrès réel ont été entravés tout au long des années de différentes manières par le système mis en place depuis 1963 : la force militaire et brutale, la fraude électorale massive, le tripatouillage des textes constitutionnels, la nomination des membres des institutions de la République sur le seul critère de leur allégeance au pouvoir en place, la répression exercée contre les citoyens qui souhaitent manifester leur volonté de changement, le clientélisme, l’achat des consciences…, autant de méthodes caractéristiques d’un régime anti-démocratique.

 Comme on peut le constater, notre pays s’achemine de jour en jour vers sa propre destruction, vers la disparition des valeurs qui devraient constituer le socle d’une nation libre digne, unie, promise á un avenir florissant.

Les participants à l’Assemblée Générale estiment en conséquence que les Togolais ne doivent pas accepter cette dégringolade de la nation togolaise née le 27 avril 1960, à la proclamation de l’Indépendance.

 Des différentes communications présentées par les conférenciers et des débats qui les ont suivi, il découle que :
1° Le Togo et les Togolais doivent retrouver la force qui avait animé le peuple togolais dans sa lutte pour l’Indépendance.

2° Le Togo et les Togolais doivent retrouver et/ou réapprendre les valeurs politiques, culturelles et sociales indispensables à l’existence d’une société démocratique.

3° Le Togo et les Togolais doivent se donner les moyens de réaliser les reformes institutionnelles et constitutionnelles pour pouvoir construire une société démocratique.

 L’Assemblée Générale estime que le Mouvement de la Force Alternative d’Opposition (MFAO) est le cadre idéal pour la réalisation de ces objectifs.

En conséquence, l’Assemblée Générale lance un appel pressant à tous les Togolais sans distinction, à toutes les organisations associatives, à toutes les formations syndicales, et à tous les partis politiques qui souhaitent le changement, à contribuer à la préparation du Congrès Constitutif du MFAO.

 Dans cet esprit, l’Assemblée Générale a retenu le principe de la création d’associations MFAO au sein de la diaspora, comme il en existe déjà sur le territoire national.

Fait à Bayreuth, Allemagne, le 27 juin 2009

L’Assemblée Générale.


 Pourquoi faut-il rejoindre le Mouvement de la Force Alternative d’Opposition ?

 

Senouvo Agbota ZINSOULe professeur Emmanuel Gu-Konu, pédagogue expérimenté explique, de sa voix calme, posée, avec des gestes précis, sans excès, ni dans le ton, ni dans la gestuelle, sa vision du mouvement auquel il appelle à participer tous les Togolais et par par-delà les Togolais, les Africains qui souhaitent réellement le changement, un nouveau départ. J’ai en face de moi une force morale et intellectuelle, une force de persuasion.

Je l’écoute et je suis captivé. Je me demande tandis qu’il parle : pourquoi la majorité des Togolais n’écoute pas cet homme qui porte en lui la vision dont nous avons besoin ? Cet homme qui avait mis en garde contre tous les faux accords (12,13 ?) signés par l’opposition togolaise avec le pouvoir Gnassingbé et qui ne nous ont jamais conduits qu’à l’échec, aux massacres des populations, aux fraudes électorales, à la déception, au désespoir, à l’exil, à la misère économique, à l’absence d’un véritable Etat, d’une véritable nation, tandis que le système se perpétue, tandis que le clan Gnassingbé s’installe, presque définitivement, comme une monarchie héréditaire, atteint son but inavoué ?

Cet homme qui n’a été compromis dans aucun de ces accords, aucun gouvernement sous Eyadema ou sous son fils. Est-ce, comme Jean-Baptiste, la voix de celui qui crie dans le désert, qui tranche avec les faux prophètes, les leaders préoccupés avant tout par leur ambition personnelle ? Je m’interroge : est-ce parce que Emmanuel Gu-Konu ne promet ni portefeuilles ministériels, ni sièges à l’Assemblée, ni postes juteux, ni ceci, ni cela ?

L’homme me paraît trop honnête, trop intègre pour promettre quoi que ce soit de ce genre. Il me dit :” À mon âge, on ne se préoccupe que d’une chose : accomplir modestement sa tâche pour les générations futures. Emmanuel Gu-Konu appelle, voilà tout : il appelle à la prise de conscience concernant la voie dangereuse sur laquelle le Togo s’est engagé depuis 1963, voie d’une tragédie nationale qui s’est aggravée depuis 1967 et qui, malgré la révolte de 1990, malgré la Conférence Nationale, malgré la fin d’Eyadema en 2005, n’a jamais pu être redressée.

Pourquoi ? Simplement parce qu’il manquait à l’opposition togolaise une force organisée ou mieux, parce que cette opposition n’a jamais su se transformer en force organisée, bien structurée, basée sur le peuple. Soyons lucides et soyons francs avec nous-mêmes : beaucoup de nos mouvements n’ont été que feux de pailles vite éteints, gaspillage d’énergie, la sueur versée,le sang qui a coulé, temps et moyens perdus pour rien. Faut-il recommencer de la même manière ?

Emmanuel Gu-Konu explique : n’est pas une force, une population longtemps brimée, longtemps étouffée, longtemps privée des libertés et des droits fondamentaux, à qui on fait croire simplement un matin que la liberté est possible, que la démocratie est possible. Il fallait aller plus loin. Mais pour aller plus loin, il fallait un travail pédagogique de base, un travail préparatoire qui rende ce peuple parfaitement responsable de son destin, lucide quant aux actions à mener méthodiquement. Travail fait par des hommes et des femmes qui s’imposent une vertu primordiale : l’abnégation ; des hommes et des femmes qui ne réclament, ni ne recherchent pour eux-mêmes des postes ministériels, des honneurs, la gloriole d’être en bonne place sur les tribunes dans les meetings, l’argent… mais qui au contraire sont prêts au sacrifice.

Tout cela signifie autre chose que d’être dans la position de ceux qui haranguent les foules du haut des tribunes ( on n’a jamais vu Emmanuel Gu-Konu sur une de ces tribunes cependant qu’il lutte contre la dictature depuis les années 63), autre chose que d’envoyer des hommes et des femmes de tout âge se faire massacrer par la soldatesque d’Eyadema, autre chose que de lancer une grève générale sans stratégie aucune, en faisant croire au peuple qu’au bout de trois jours, au bout d’une semaine, au bout d’un mois, au bout de huit mois…le dictateur cédera, autre chose que de courir à Paris, à Ouaga, à Abuja, à Libreville, à Dakar etc. à la recherche d’appuis extérieurs pour obtenir, finalement, des miettes de pouvoir, autre chose que de signer des accords en sachant très bien que derrière les textes à signer, se cache une supercherie. Ce n’est pas là la force. Donc ce n’est pas là la solution. Tout est à repenser avec le MFAO auquel Emmanuel Gu-Konu nous appelle. Presque tout est à refaire, et à refaire avant qu’il ne soit trop tard.

Lorsqu’on a subi quarante ans de régime Gnassingbé et qu’on sait qu’actuellement, aucune force n’est en en face de ce régime pour l’empêcher de se perpétuer, lorsque surtout on sait que ce régime, de jour en jour nous conduit à la ruine économique, à l’impasse politique et à la déchéance morale, il n’y aucune compromission à faire avec lui. Il n’y a aucune autre solution que de devenir une force en face de lui. Emmanuel Gu-Konu, qui est Premier Secrétaire de la Convention Démocratique des Peuples Africains, branche togolaise (CDPA-BT), précise que le MFAO n’est pas un nouveau parti (unique) de l’opposition. Nous y sommes tous conviés, que nous appartenions déjà ou non à un parti.

Le MFAO ne considère pas comme un but suprême de gagner les élections présidentielles de 2010, même s’il va nécessairement oeuvrer pour la victoire du candidat de l’opposition qui lui paraîtra le mieux placé pour mettre fin au système dynastique, inique et cynique des Gnassingné. Le but suprême, c’est la construction d’une nationale togolaise, libre et démocratique, pour un développement en profondeur. Le MFAO veut y travailler avec le peuple, pour le peuple. Le MFAO veut, par-delà le cas du peuple togolais, contribuer à la démocratisation réelle en Afrique, au moins dans notre sous région.

N’y a-t-il pas de leçon à tirer de l’élection de John Atta-Mills au Ghana voisin, l’idée que l’alternance est possible et que nous pouvons y parvenir aussi au Togo ? Emmanuel Gu-Konu se propose de convoquer, lorsque l’heure sera jugée propice, un grand congrès pour la mise en place définitive du MFAO, avec ses structures, sa stratégie. Pourquoi alors les Togolais créeraient-ils 10, 20, 30…mouvements, oeuvrant dans le même but, de petites forces éparpillées, alors que nous pouvons en avoir une seule, puissante, structurée, efficace ?

Sénouvo Agbota ZINSOU