Togo

SITUATION SOCIOPOLITIQUE  AU  TOGO DANS LES MEDIA  

EXASPERATION DE “LA CRISE”

 

LA VIOLENCE DE L’OPPRESSEUR ET LA VIOLENCE DE L’OPPRIME

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“Un peuple opprimé a le droit de lutter pour se dégager de l’oppression. C’est une vérité de l’histoire de l’Humanité. Ce que veut le peuple togolais, c’est vivre libre dans un pays démocratique. Ce n’est là qu’une exigence légitime. « La crise togolaise » découle du refus opposé par le pouvoir à la réalisation de cette exigence. La confrontation entre la population et le régime est née de ce refus. Les événements survenus avant, pendant et après les prétendues élections du 24 avril 2005 ne sont qu’un des épisodes violents de cette confrontation. La violence n’est pas un défaut culturel de la société togolaise. C’est le régime de dictature qui en est la source et qui l’impose à tout le monde pour se perpétuer.”
(Lomé, le 1er Mai 2009, Prof. E.Y. GU-KONU
Premier Secrétaire de la CDPA-BT)

Réunion du Comité de suivi de la feuille de route

Par RFI Publié le 11-09-2018 Modifié le 11-09-2018 à 06:37

Le Comité de suivi de la feuille de route se réunit avec les protagonistes de la crise togolaise depuis hier, lundi 10 septembre. Une première réunion pour évaluer ce qui a été fait depuis l’adoption de la feuille de route issue du 53e sommet des chefs d’Etat et de gouvernements de la Cédéao, le 31 juillet dernier, et faire avancer le processus. Cette réunion prépare une rencontre prochaine avec les deux facilitateurs, Nana Akufo-Addo du Ghana, et le professeur Alpha Condé de la Guinée.

Une journée de lundi en trois actes : Tout commence par des discours sur la nécessité de faire avancer le processus. Puis, acte deux, le Comité de suivi propose une discussion directe entre la majorité présidentielle d’un côté et la coalition des quatorze partis de l’opposition de l’autre. Une salle est aménagée à cet effet. Mais, la salle reste vide ; les protagonistes ont tourné les talons. C’est seulement à 15h, pour la plénière, que les protagonistes font leur réapparition.

Nouvelles divergences

Enfin, acte trois, le Comité de suivi annonce qu’il va accompagner la Céni, la commission électorale pour l’organisation des prochaines élections législatives. Des experts sont recrutés, ils seront installés le 17 septembre.

Il faut savoir que de nouvelles divergences sont apparues après la publication de la feuille de route, le 31 juillet dernier. Cette feuille de route recommande la tenue d’élections législatives au plus tard le 20 décembre prochain ; la Céni est déjà au travail. Or, pour l’opposition, il faut d’abord reformer la Céni avant d’aller à des élections. L’opposition refuse donc jusqu’à présent de prendre les quatre sièges qui lui sont attribués au sein de l’institution.

Nouvelles discussions

Selon une source du Comité de suivi, le processus de réforme et le processus électoral se feront de manière concomitante. Ces sujets-là devraient être abordés aujourd’hui lors de nouvelles discussions.

La rencontre de ce 10 août 2018 entre la C14, UNIR & les facilitateurs de la CEDEAO

Source Icilome : le 10 septembre 2018

Jean-Claude BROU : « Il s’agira de faire l’évaluation de la mise en oeuvre de la feuille de route… »

Dans son discours d’ouverture, le président de la Commission de la CEDEAO, Jean-Claude Kassi Brou a reprécisé le rôle du Comité de suivi et l’ordre du jour de la rencontre de ce jour à Lomé. Suivez plutôt !

 

Discours du ministre ghanéen de la Sécurité Albert Kan-Dapaah


Voici le discours de l’envoyé spécial du président Ghanéen, l’un des facilitateurs dans la crise togolaise.

 

L’intervention sarcastique de Gilbert Bawara qui frustre ses adversaires…

Après l’intervention du ministre ghanéen de la Sécurité Albert Kan-Dapah en Anglais, des voix (notamment du côté de la Coalition des 14) se sont élevées dans la salle pour une traduction. Occasion pour le ministre togolais de la Fonction publique, Gilbert Bawara de verser dans le sarcasme. Suivez-le !

Quand les deux protagonistes refusent de se concerter

La première réunion du Comité de Suivi de la CEDEAO a démarré ce lundi matin à l’hôtel 2 Février. A la fin de la cérémonie d’ouverture, les représentants de la Facilitation ont demandé aux deux protagonistes de la crise togolaise de se concerter avant la reprise des travaux à 15 heures. Mais malheureusement, les deux parties ont refusé de se parler. Suivez plutôt les images à la fin de la cérémonie d’ouverture des travaux.

 

Nicodème Habia: « Il n’y a rien de concret pour le moment »

Nicodème Habia, président de “Les Démocrates” reste toujours confiant. Pour l’homme politique, le respect de la feuille de route et la libération des détenus politiques restent les points importants pour la Coalition des 14.

 

Dr Georges KOUESSAN:”La toute première chose c’est de demander à la CENI d’arrêter ses travaux”

08 SEPTEMBRE 2018 Interview de Docteur Georges KOUESSAN Président du parti Santé du peuple sur la crise sociopolitique et l’arrivée des facilitateurs à Lomé.

 

Jean-Pierre Fabre: « La question de la CENI trouvera solution auprès des facilitateurs eux-mêmes »

Les travaux de la première réunion du Comité de Suivi de la CEDEAO viennent de prendre fin à l’Hôtel 2 Février. « Au cours de la réunion, ils nous ont expliqués un peu ce qui a été fait depuis notre dernière rencontre. Il a été question de recrutement des experts électoraux, experts en droit constitutionnel, experts en observation électorale, experts en audit de fichier électoral », a indiqué Jean Pierre Fabre, président de l’ANC (parti membre de la Coalition des 14). Selon le chef de file de l’opposition, la question de la recomposition de la CENI a été également abordée au cours des discussions. Notons que les travaux reprennent demain matin à l’hôtel 2 Février.

Journal RFI: Togo: la Coalition des 14 reporte les marches sur ordre du mediateur Akuffo Addo

Crise au Togo: rendez-vous raté pour la préparation au dialogue national

Par RFI Publié le 13-12-2017 Modifié le 13-12-2017 à 11:31

Le gouvernement togolais tente de rencontrer des partis politiques et quelques personnalités du pays depuis mardi 12 décembre. Personne ne connaît la date d’ouverture du dialogue; l’opposition ne veut aborder les sujets du dialogue qu’en présence de la médiation, alors que le pouvoir tente de le préparer avec ceux qui lui font confiance.

La presse privée et la presse internationale n’ont pas eu accès à la cour de la Primature du Togo. Les journalistes ont aperçu les véhicules aux vitres teintées à partir des jardins environnants.

A la fin de cette journée de rencontre, l’Union des forces du changement de Gilchrist Olympio et l’Union pour la république au pouvoir sont les seuls partis à avoir répondu à l’invitation du Premier ministre.

Les anciens Premiers ministres : Agbéyomé Kodjo, Arthème Séléagodji Ahumey-Zunu,Joseph Kokou Koffigoh et Edem Kodjo ont également échangé avec Komi Selom Klassou.

Selon un officiel, qui a pris part à ces rencontres, ce furent des échanges riches empruntés d’une ambiance cordiale. Les sujets de discussions ont porté sur le nombre de participants au dialogue, et sur ceux qui peuvent y prendre part. Les forces de défense et de sécurité sont malgré elles impliquées et doivent également être de la partie.

Les consultations devront se poursuivre jeudi 14 décembre, selon cet officiel avec d’autres partis politiques certainement ; pendant que la coalition et ses membres contestent cette initiative et ne répondent pas à l’invitation du Premier ministre.

La coalition des 14 partis reprend les manifestations de rue dès ce mercredi, puis jeudi, et samedi prochain.

Cédéao: la timide déclaration des dirigeants ouest-africains sur la situation au Togo

Par RFI Publié le 17-12-2017 Modifié le 17-12-2017 à 08:24

Lors de son 52e sommet à Abuja, ce samedi, la Cédéao a choisi un nouveau président pour sa Commission. L’actuel ministre des mines ivoirien Jean-Claude Brou va remplacer le Beninois Marcel De Souza. Etaient attendues aussi les prises de positions des dirigeants ouest-africains sur la situation sécuritaire en Guinée-Bissau et sur la crise politique au Togo. Mais alors qu’à Lomé, ils étaient des milliers de nouveau à battre le pavé contre le régime du président Faure Gnassingbé hier, les dirigeants ouest-africains se sont contentés d’une déclaration a minima.

Les dirigeants ouest-africains se sont contentés d’exprimer « leur préoccupation face à la tension politique persistante » dans le pays et d’appeler au dialogue. Il faut « s’engager dans les plus brefs délais à un large dialogue dans un esprit de compromis » peut-on lire dans le communiqué final. Des pourparlers pour se mettre d’accord sur des réformes politiques respectant l’ordre constitutionnel au Togo.

Ainsi, malgré la demande vendredi de la coalition de l’opposition togolaise, à l’origine de la contestation populaire dans le pays, que les pays de la Cédéao fassent tout pour que le régime togolais « intériorise et accepte enfin l’alternance », les dirigeants ouest-africains se sont limités à une position très diplomatique.

Vers un présidence plus volontaire ?

Mais la fermeté sera peut-être pour plus tard. En effet, le sommet d’Abuja a aussi été l’occasion pour la Communauté économique des Etats d’Afrique de l’Ouest de trouver un nouveau président pour sa Commission. Et c’est l’actuel ministre de l’Industrie et des mines ivoirien, Jean-Claude Brou, qui a été désigné pour succéder au Béninois Marcel De Souza.

Pour Pape Ibrahima Kane, spécialiste des organisations régionales au sein de la fondation Open Society Initiative for West Africa (Osiwa), ce changement est une bonne nouvelle. Elle entrouvre la possibilité, justement, d’une politique plus ferme vis-à-vis du Togo pour trouver une issue à la crise politique qui déchire ce pays.

« Une des particularités de la Cédéao, c’est sa capacité à gérer les crises dans la région, explique le chercheur. Or, il se trouve qu’il y a une crise qui perdure et pour laquelle la Cédéao n’arrive pas vraiment à trouver le bon créneau pour la gérer. C’est la crise togolaise. Le président de la Commission de la Cédéao a pour ainsi dire un intérêt puisque son épouse est la sœur de l’actuel président de Togo. Donc sa capacité à pouvoir gérer cette situation paraît difficile car on ne peut pas être juge et partie. »

La Cédéao « déçue » sur la question bissau-guinéenne

Le ton des chefs d’Etat était plus ferme par contre sur le dossier de la Guinée-Bissau, avec la menace de sanctions collectives ou individuelles si aucune solution à la crise politique que traverse le pays n’est trouvée dans les deux mois. La Cédéao s’est dite « déçue de l’absence de progrès dans le processus de paix » dans le pays.

Depuis la destitution en août 2015 par le président José Mario Vaz de son Premier ministre, Domingos Simoes Pereira, le pays est en proie à une grave crise politique. Incapable de trouver un Premier ministre de consensus et de former un gouvernement d’union nationale.

 ■ [Reportage] L’opposition togolaise maintient la pression

Alors que la Cédéao tenait son sommet, une fois de plus, ce samedi, des milliers de Togolais ont répondu à l’appel de l’opposition, et ont traversé le centre-ville de Lomé jusqu’à la plage.

Comme sous un arbre à palabre, la fin de la marche de ce samedi a été l’occasion pour les manifestants d’interpeller leurs leaders. Jean-Pierre Fabre en a profité pour répondre à Faure Gnassingbé qui déclare à Jeune Afrique à paraître cette semaine : « Nous avons, au sein de l’opposition, des partis représentés à l’Assemblée et des partis extraparlementaires. Ils devront décider s’ils y viennent séparément ou en coalition. Nous avons aussi des partis qui n’ont ni manifesté ni revendiqué et qui agissent dans le cadre des institutions. Ceux-là aussi ont le droit de participer. »

« Oui, moi je voudrais poser une question et faire une proposition, a déclaré Jean-Pierre Fabre. On nous parle de dialogue. Nous marchons jusqu’à présent mais nous ne voyons pas s’ouvrir le dialogue et je voudrais savoir : tous ceux qui se bousculent – je ne voudrais nommer aucun parti – pour prendre part au dialogue mais que nous ne voyons pas dans les rues manifester à nos côtés, qu’est-ce que vous pensez de ces partis ? »

Nathaniel Olympio, regardant la foule présente, a estimé que c’était une preuve que la population croit à une victoire très proche et que donc elle était prête à faire des sacrifices pendant ces périodes de fête pour obtenir la démocratie, l‘Etat de droit et l’alternance.

 “Nous ne ferons de reformes valables que s’il y a une pression populaire”
Pr Emmanuel Gu Konu

 Ecoutez l’ Intervention du 18 Octobre 2014 du responsable de la Convention Démocratique des Peuples Africains – Branche Togolaise (CDPA-BT) lors de la conférence de presse de l’Appel des Patriotes

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LA CDPA-BT & LE PROCESSUS POLITIQUE DEPUIS LE 19 AOUT 2017

Vers quel dialogue ?

 

La situation politique a inexorablement évolué vers un dialogue… Mais la nature du problème politique togolais est telle que les positions ne peuvent pas ne pas être tranchées comme elles le sont en ce moment… Où pourra se situer le compromis ? Et quel en sera le goût pour l’opposition ?
 

Le Bureau Exécutif National de la CDPA-BT est très préoccupé par l’évolution de la situation politique au cours de ces derniers mois. Il estime que le moment est venu de donner son point de vue sur cette évolution, et d’apporter aux membres du parti quelques informations de nature à permettre à chacun d’apprécier le cours des choses avec clairvoyance politique. Il appelle tous les membres du Parti à poursuivre la lutte d’opposition avec détermination et avec vigilance.

1- Le groupe des quatorze partis

Depuis la fin de la Conférence nationale, c’est la première fois qu’un si grand nombre de partis d’opposition ont accepté de se mettre ensemble pour agir ensemble, apparemment sans cet état d’esprit qui a toujours présidé la formation de ce genre de regroupement depuis des années. Nous ne pouvons que nous en réjouir.

Si l’on a vraiment compris maintenant que la confrontation ouverte entre l’opposition et le régime à partir du 5 octobre 1990 n’est pas une lutte entre partis d’opposition pour le pouvoir ou pour une parcelle de pouvoir dans le régime, mais une lutte pour mettre fin au régime de dictature lui-même afin de permettre au pays de se donner de véritables institutions démocratiques, alors l’opposition considérée dans son ensemble pourra mieux avancer à grand pas vers le changement.

2- La force de l’opposition… !

Depuis la fin de la Conférence nationale, c’est également la première fois que les manifestations populaires ont vraiment acculé le régime, et l’ont forcé à commencer à prendre l’opposition togolaise au sérieux ? C’est ce que montrent les décisions prises, souvent à la hâte, par le pouvoir depuis la veille des manifestations du 6 septembre :

– Envoi précipité d’un projet de réforme à l’Assemblée par le Gouvernement le 6 septembre 2017 ;

– Levée tout aussi inattendue de l’interdiction arbitraire des manifestations au cours de la semaine ;

– Surtout les dispositions contenues dans le communiqué du Gouvernement en date du 6 novembre 2017 …

Sans doute ces mesures inspirent-elles un fort sentiment de duplicité, de fausseté. Elles n’en constituent pas moins pour l’opposition prise dans son ensemble autant de victoires dans cette confrontation renforcée avec le régime despotique.

Nous avons toujours dit à la CDPA-BT que la force de l’opposition réside dans la force organisée de la masse des opposants. Dans le cours nouveau pris par la lutte d’opposition depuis ces derniers mois, il n’est pas superflu de le redire, à toutes fins utiles.

3- L’inacceptable discours de Temedja

Depuis plusieurs mois déjà, certains n’avaient pas arrêté de demander à Faure Gnassingbé de parler, en estimant avec tant de candeur qu’avec la position qu’il tient dans le régime, une parole venant de lui aurait pour effet de calmer le jeu et de rapprocher pour trouver une solution à « la crise ».

Mais quand Faure va finalement décider de dire quelque chose sur la situation politique en plus de sa brève allocution lors du congrès de son parti le 28 octobre, c’est pour aller tenir au camp militaire de Témédja, devant son parterre d’officiers, le curieux discours du 10 novembre 2017.

Un discours où l’appel à l’armée et la hargne contre l’opposition ne laissent filtrer aucune volonté de poser les vrais problèmes politiques de l’heure et de leur rechercher les vraies solutions.

Le discours de Témédja est inacceptable pour tous ceux qui aspirent réellement à la paix dans le pays. C’est en plus une faute politique. Une faute d’autant plus grave que le Gouvernement, dont Faure Gnassingbe est le chef, a publié le 6 novembre un communiqué qui passe pour être une volonté d’apaisement, et que l’on présente aux « extrémistes » du groupe des quatorze partis d’opposition comme une « main tendue » qu’ils sont tenus de prendre sans condition.

Le discours de Temedja est en contradiction totale avec l’appel au dialogue du communiqué du Gouvernement. On n’éteint assurément pas un feu avec un bidon d’essence !

4- Le dialogue ?

La situation a inexorablement évolué vers un dialogue. Un énième de plus. Le chef d’Etat du Ghana semble décidé de prendre les choses en main au nom de la CEDEAO. Il vient de rencontrer ce 14 novembre le groupe des quatorze dans la capitale togolaise, et compte faire de même avec le camp d’en-face.

On voit dans la démarche de la médiation une volonté de rapprocher les positions pour préparer les conditions de la tenue du dialogue. Mais la nature du problème politique togolais est telle que les positions ne peuvent pas ne pas être tranchées comme elles le sont en ce moment.

Dans ces conditions, où pourra se situer le compromis. Et quel en sera le goût pour l’opposition dans l’état actuel du rapport des forces ?

4- Le changement démocratique

Pour un certain nombre de raisons, le Bureau Exécutif National n’a pas engagé la CDPA-BT dans le groupe des 14 partis d’opposition aujourd’hui au-devant de la scène politique. Il préfère expliquer ces raisons lors du prochain atelier de formation des cadres du parti.

Au demeurant, dans l’état d’organisation actuel de l’opposition, tous les partis d’opposition ne sont pas obligés de s’afficher dans le groupe des 14 avant d’apporter leur contribution à la lutte en cours.

Ce que veut la masse des opposants togolais, c’est le changement démocratique. C’est pour cela qu’elle continue de se battre sans répit depuis des décennies. Elle n’y parvient pas en raison de la nature du régime certes, mais aussi à cause des contradictions qui ont miné la politique d’opposition jusqu’à présent.

Si donc les actions engagées par le groupe des quatorze partis d’opposition aboutissent à ce changement démocratique, la CDPA-BT ne peut qu’applaudir en communion avec toutes les autres catégories d’opposants. Tous ses membres souhaitent intensément qu’il en soit ainsi, afin que l’opposition togolaise parvienne à engager le pays dans la voie d’un progrès propice à l’amélioration des conditions de vie de la grande masse de la population.

Dans le cas contraire, il faudra évidemment rechercher ensemble des voies nouvelles pour poursuivre la lutte.

Lomé le 18 novembre 2017

Pour la CDPA-BT
Son Premier Secrétaire

Prof. E. GU-KONU

 

 

Crise au Togo: quelle forme pourrait prendre un dialogue?

par RFI Publié le 18-11-2017 Modifié le 18-11-2017 à 02:51

L’opposition togolaise continue de mettre la pression en organisant des manifestations pour réclamer le retour à la Constitution de 1992 et le départ du président Faure Gnassingbé. Pendant ce temps, les préparatifs d’un dialogue se poursuivent. La délégation ghanéenne est partie mercredi 15 novembre. Elle a rencontré le chef de l’Etat ainsi qu’une délégation des 14 partis de l’opposition. Vendredi, Alpha Condé, en tant que président de l’Union africaine, a réaffirmé sur RFI sa disponibilité à résoudre la crise au Togo et va recevoir dans les jours à venir les différents acteurs de la crise togolaise, dont les partis d’opposition. Quelle forme pourrait prendre ce dialogue ? Peu d’informations filtrent.
Un dialogue d’accord, mais quand, où, avec qui et sur quoi ? Il reste encore bien des questions à régler. Selon des sources de l’opposition comme du pouvoir, ce dialogue pourrait s’ouvrir, à Lomé, d’ici début décembre. Le reste est à définir.
L’opposition a d’ores et déjà mis sur la table des mesures d’apaisement préalables, notamment la libération de tous les manifestants arrêtés. Pour elle, ce dialogue doit mettre, face à face, la majorité présidentielle et la coalition des 14 partis politiques. Les autres formations devraient donc choisir leur camp. Le Ghana souhaiterait pour sa part des délégations assez restreintes.
A la délégation ghanéenne, l’opposition a aussi proposé la mise une place d’un comité préparatoire mixte paritaire sous la modération du Ghana. Le gouvernement fait déjà savoir qu’il n’acceptera aucun préalable ni aucune pression de la rue pendant ce dialogue. Mais il se dit prêt. « Ce dialogue, c’est nous qui en avons pris l’initiative », rappelle une source proche du chef de l’Etat.

Pour le moment, l’opacité est de mise : « Si l’on veut donner une chance à ces négociations, il faut que cela se fasse dans la confidentialité, explique une source togolaise. Il y a trop de cristallisation, trop de méfiance, trop d’attentes ».

Togo: poursuite des manifestations en vue d’un «dialogue»

Par RFI Publié le 17-11-2017 Modifié le 17-11-2017 à 22:01

L’opposition togolaise continue de mettre la pression, elle était encore dans les rues à Lomé et dans plusieurs autres villes du pays ce vendredi. Objectif : réclamer le retour à la Constitution de 1992 et le départ du président Faure Gnassingbé. Cela fait bientôt trois mois que la contestation dure contre le régime de Lomé. Depuis quelques jours, on parle de l’imminence d’un dialogue : qu’en pensent les militants ?

Jean-Pierre Fabre n’était pas au milieu de la marche de ce vendredi. Selon plusieurs sources, il est allé à la rencontre du président en exercice de l’Union africaine, le Guinéen Alpha Condé, à qui il doit remettre la plateforme de revendication de la coalition de l’opposition.
Déjà mardi, Jean-Pierre Fabre et une délégation de la coalition avaient rencontré des émissaires du président Ghanéen, Nana Akufo-Addo, avec qui ils ont discuté des préliminaires du dialogue.
Pour les manifestants, à quoi doit ressembler ce dialogue qui s’annonce ? « Le régime n’a pas voulu faire les réformes, et nous en sommes là ! Donc le seul dialogue maintenant, c’est un dialogue pour l’alternance », prévient l’un d’entre eux.
Il n’est pas nécessaire de rassembler la centaine de partis averti Binafame : « Au Togo, aujourd’hui, on connaît les protagonistes, on sait ceux qui sont sur le terrain et qui revendiquent, pour ne pas perdre du temps dans le nombre il faut prendre d’un côté la coalition de l’opposition et de l’autre côté le pouvoir ».
Pour le professeur David Dosseh, c’est un dialogue qui doit déboucher sur une transition courte : « C’est un dialogue qui est important puisqu’il va nous permettre de mettre sur pied une transition qui va nous permettre vraiment de revoir les institutions, pour faire en sorte que toutes les institutions importantes aient un véritable caractère républicain que nous n’avons pas aujourd’hui. »

La date du dialogue n’est pas connue, encore moins son lieu et ceux qui y prendront part, mais tous les protagonistes, pouvoir et opposition s’accordent à le voir se tenir Lomé. En attendant l’ouverture de cet énième dialogue, la coalition de l’opposition continue de manifester à travers les villes du pays.

 

Mission de facilitation du Ghana pour trouver une issue à la crise togolaise

Par RFI Publié le 14-11-2017 Modifié le 15-11-2017 à 00:02

Une délégation ghanéenne rencontre à Lomé depuis la mi-journée les protagonistes de la crise togolaise à Lomé. Les émissaires du président ghanéen Nana Akufo-Addo ont entamé ce mardi 14 novembre des discussions avec une délégation de la coalition de l’opposition conduite par Jean-Pierre Fabre. Les discussions devront se poursuivre et aboutir à l’ouverture d’un dialogue.

 

Le ministre ghanéen de la Sécurité et chef de la délégation Albert Kan-Dapaah a déclaré à la presse que ce qui se passe au Togo inquiète la sous-région et il est maintenant temps d’aller au dialogue entre les deux parties.

« Le président du Ghana a effectivement commencé à discuter, fort du mandat que lui ont donné ses pairs de la sous-région, avec les partis d’opposition et avec le gouvernement de la République du Togo. Des discussions se sont tenues au Ghana au cours des dernières semaines. Nous avons aussi parlé avec le gouvernement togolais, ici à Lomé, à deux ou trois occasions. Pour nous, l’heure est venue d’un dialogue entre les deux protagonistes. Ce mardi, nous avons évoqué les modalités d’organisation de ce dialogue avec les partis d’opposition et nous allons faire de même avec le parti au pouvoir. L’espoir est d’arriver à un consensus sur comment, quand et où tenir ce dialogue  », a déclaré l’émissaire ghanéen.

La délégation ghanéenne a rencontré ce mardi Jean-Pierre Fabre, chef de fil de l’opposition accompagné d’une délégation de la coalition des 14 partis.
« Nous avons abordé les préliminaires d’un dialogue, a déclaré Jean-Pierre Fabre et de poursuivre, nous avons discuté du cadre du dialogue, nous ne sommes pas encore dans la discussion proprement dite ».
Selon un autre membre de la délégation, le cadre du dialogue, c’est entre autres le lieu et la date du dialogue et les points à discuter.
Pour Albert Kan-Dapaah, chef de la délégation, mandat a été donné au président du Ghana par ses pairs de la sous-région. Il avait commencé par prendre langue avec l’opposition et le parti au pouvoir depuis quelques jours ou semaines, que ce soit au Ghana ou ici au Togo dès que l’opportunité a été offerte ;  il est maintenant temps d’aller au dialogue entre les deux parties.
La mission ghanéenne devrait aussi rencontrer, outre le gouvernement, l’Union pour la République (Unir), parti au pouvoir et les membres de la société civile.
C’est une facilitation pour permettre de rassembler les frères et les sœurs togolais autour d’une table pour commencer à discuter. Le point positif, c’est que, aujourd’hui, j’ai entendu tout à l’heure la déclaration de Jean-Pierre Fabre qui n’est pas hostile, même s’il a mis des conditions, il n’est pas hostile au dialogue. Donc, c’est déjà un pas. Et j’espère que chacun va pouvoir faire le pas nécessaire pour que très vite on se retrouve autour de la table pour régler cette affaire, pour pouvoir enfin parler entre frères et sœurs et trouver le compromis, le consensus qui permettra de régler très rapidement dans la paix et la sécurité ce problème de révision constitutionnelle.
Le ministre togolais de la Communication, Guy Madjé Lorenzo: «Le point positif c’est que Jean-Pierre Fabre n’est pas hostile au dialogue »

14-11-2017 – Par Sonia Rolley

 

 
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 Crise au Togo : les principales réactions au dialogue politique annoncé par le gouvernement

Source : Jeune Afrique N° 2966 13 novembre 2017 à 14h46

Après environ trois mois de crise, le gouvernement togolais a annoncé le 6 novembre 2017 l’ouverture d’un dialogue avec l’ensemble de la classe politique. Une semaine après cette annonce, petit tour d’horizon des réactions de quelques leaders politiques du pays.
La réaction de Jean-Pierre Fabre était – avec celle de Tikpi Atchadam, leader du Parti national panafricain – la plus attendue au lendemain de l’annonce d’un dialogue politique. Le président du principal parti d’opposition, l’Alliance nationale pour le changement, dont le contrôle judiciaire dans l’affaire des incendies des marchés de Lomé et de Kara en janvier 2013 a été levé en guise de mesure d’apaisement, s’est montré ouvert mais très prudent à l’idée de dialoguer avec le pouvoir pour trouver une issue pacifique à la crise que traverse le pays depuis le 19 août.

Interrogé dès le lendemain de la proposition gouvernementale, Jean-Pierre Fabre a estimé avoir toujours été en faveur d’un dialogue. Mais « pour discuter des conditions du départ du chef de l’État ». Il a également demandé la libération de toutes les personnes détenues « injustement » depuis plusieurs années dans le cadre, notamment, de l’affaire des incendies des marchés dans laquelle il reste inculpé.

Donner au peuple ce qu’il attend

Jusqu’ici, le leader du Parti national panafricain (PNP) ne s’est pas officiellement prononcé sur la main tendue du gouvernement. Tikpi Atchadam avait néanmoins laissé, fin septembre, la porte ouverte à des discussions. « Ce serait illogique que les pacifistes que nous sommes rejettent une idée de dialogue pacifique », avait-il indiqué, réfutant toute idée de discussions permettant « au dictateur de gagner du temps ».

Brigitte Adjamagbo-Johnson, présidente du Combat pour l’alternance politique en 2015 (CAP2015), espère, quant à elle, que le dialogue annoncé par le gouvernement ne sera pas similaire aux 25 autres que le Togo a connus. « Il ne faut pas que ce soit un dialogue sans effets mais un dialogue qui donnera au peuple ce qu’il attend », a-t-elle indiqué.

Le plus dur est devant

L’ancien candidat à la présidentielle de 2015, Gerry Taama, s’est, pour sa part, montré favorable à l’ouverture de discussions. « Nous sommes l’un des tous premiers partis à avoir demandé directement au chef de l’État, l’ouverture d’un dialogue. C’est donc une première étape qui vient d’être franchie. Et nous nous en réjouissons, mais le plus dur est devant », a indiqué le patron du Nouvel engagement togolais (NET) qui estime que « nul n’a intérêt à ce que les violences se poursuivent ».

Dans un communiqué, le parti Union pour la République (Unir), au pouvoir, a salué les « courageuses mesures » prises par le gouvernement. Unir espère que « l’opposition saisira cette nouvelle offre de dialogue comme l’opportunité unique pour sauvegarder la cohésion et la paix sociale ».

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Qu’évoque pour vous Emmanuel_GUKONUle 27 avril ?

( Interview réalisée le 30/04/ 08 par la rédaction letogolais .com &Video)

Emmanuel GU-KONU : Une lutte résolue menée par les nationalistes indépendantistes togoindependance monument 827299lais contre l’occupant colonial et ses appuis internes. L’occupant colonial, c’est la puissance coloniale française. Les appuis internes sont de deux ordres : des personnalités qui se sont mis du côté de l’occupant colonial et des organisations politiques créées de toutes pièces par le colonisateur comme l’UCPN (Union des Chefs & des Populations du Nord), ou soutenus par lui comme le Parti Togolais du Progrès (PTP).

On est bien obligé de citer quelques noms pour lever les confusions et démonter les machinations de tout ordre pour tordre le cou à l’histoire : Ayeva Derman, Mama Fousseni pour l’UCPN ; Grunitzky, Adjavon, Aquerebourou… pour le Parti Togolais du Progrès (PTP).
Disons le clairement : Ces hommes et ces organisations politiques instrumentalisées par la puissance coloniale se sont déclarés opposés à l’indépendance du Togo. Ils ont clairement traduit cette position dans les faits en usant de violence et d’exactions de toutes sortes sur les militants nationalistes toutes les fois qu’ils en ont trouvé l’occasion ; et ils l’ont fait soit directement, soit par l’intermédiaire des commandants de cercle et de leurs subordonnés.
Ils estimaient que le pays devait continuer d’être dans le giron de la France (dans l’Union Française qui deviendra à partir de 1958 la Communauté franco-africaine et malgache !). En fait, ils voulaient que le Togo reste sous la domination coloniale française comme l’ont voulu des hommes tels que Houphouet, Sengor, Yameogo, Maga, respectivement pour la Côte d’Ivoire, le Sénégal, la Haute Volta (Burkina Fasso), le Dahomey (Bénin)…
Il ne faut pas oublier que sous la pression de la guerre d’Algérie et d’autres foyers qui commençaient à embraser d’autres colonies françaises d’Afrique subsaharienne comme le Cameroun avec l’Union des Populations Cameroun (UPC) ou le Niger (la Sawaba), de Gaulle s’est trouvé dans l’obligation de forcer quasiment ces hommes à prendre l’indépendance dans la précipitation en 1960. Il valait mieux éviter que le feu, que le parti colonial français s’efforçait vainement d’étouffer en Algérie, ne se propage pas dans le reste des colonies françaises d’Afrique.
En étant pour le maintien du Togo dans l’Union française comme le veut la France, ces hommes et leurs organisations sont forcément opposés aux nationalistes-indépendantistes qui se battaient eux pour sortir le pays du joug colonial français. Ces nationalistes, c’est en réalité l’immense majorité de la population d’où se sont dégagés les hommes et les femmes qui ont conduit la lutte anticoloniale dans le cadre de deux partis politiques, le Comité de Unité Togolaise (CUT) et la JUVENTO.
Il convient de mentionner quelques noms dans ce cas aussi, toujours dans le souci de lever les confusions dont on enveloppe tout le pays pour manipuler les consciences et les détourner de la lutte en cours pour la démocratie : Pa de SOUZA, Sylvanus Olympio, le populaire Piampiam et bien d’autres encore à Lomé ; Sam Klu, Marc Atidefe, Gerson Konu et bien d’autres encore à Kpalime ; Félix Color et d’autres à Atakpame ; Odanou Dobli, Martin Sankaredja, Laurent Djagba à Dapango (Dapaong)…

Quelques vérités simples s’imposent après cette présentation succincte, même à ceux qui sont chargés de noircir l’histoire de la lutte anticoloniale au Togo.
1- Pour combattre les nationalistes-indépendantistes afin de maintenir le Togo sous la domination coloniale de la France, l’autorité coloniale française a réussi à diviser la population togolaise en deux : d’un côté ceux qui revendiquaient l’indépendance et se battaient pour mobiliser la masse de la population (les nationalistes indépendantistes) et de l’autre ces hommes et organisations politiques fabriqués par la France coloniale pour montrer aux Nations Unies et ailleurs que les Togolais ne veulent pas de l’indépendance et préfèrent « rester français ».

La manœuvre est classique dans l’histoire de la colonisation française. C’est donc un mensonge éhonté (ou alors une preuve d’ignorance) que d’affirmer aujourd’hui qu’aucun togolais « n’était contre l’indépendance de son pays », et que 27 avril 1958 serait le couronnement d’une lutte anticoloniale que tous les togolais se seraient mis ensemble pour mener de concert dans un admirable consensus ! Le 27 avril 1958 est la victoire de ceux qui ont mené la lutte anticoloniale avec tant d’acharnement et d’abnégation sur la France coloniale, le Parti Togolais du Progrès et l’Union des Chefs et Populations du Nord. Affirmer le contraire est un honteux mensonge. Et c’est très vilain d’agir ainsi.
C’est parce que le 27 avril 1958 est une victoire des nationalistes sur les pro-français que le coup d’Etat du 13 janvier est justement une revanche du parti colonial français pour ramener le pays dans le giron de la France.
2- Le PTP et l’UCPN n’avaient pas que le CUT en face d’eux. C’est une alliance CUT-JUVENTO que ces deux partis pro-coloniaux ont combattu aux côtés de la France coloniale. Sans cette alliance historique, les nationalistes-indépendantistes n’auraient pas remporté la victoire du 27 avril 1958. C’est une leçon importante qu’il importe de tirer des élections du 27 avril 1958. Elle est précieuse pour redéfinir les modalités du combat en cours pour la démocratie. Car, l’Alliance CUT-JUVENTO n’a été possible que parce que tous les nationalistes-indépendantistes se sont mis d’accord sur un objectif commun, véritablement rassembleur de tous ceux qui ne veulent plus de la domination coloniale française. Cet objectif, c’est la fin du régime colonial par l’accession du pays à la souveraineté nationale.
Ce qui avait opposé les nationalistes-indépendantistes au PTP/UCPN n’est nullement une simple question du choix de la date de l’indépendance mais bien la question de savoir si le Togo devait obtenir sa souveraineté nationale (l’Indépendance) ou rester sous la domination de la France. Entre les deux courants, c’est donc une opposition fondamentale, irréductible.
C’est pour cette raison que le combat en cours pour la démocratie est de même nature que la lutte anticoloniale. Entre ceux qui veulent maintenir la dictature militaire d’Eyadema pour pouvoir continuer de se maintenir au pouvoir et ceux qui se battent pour l’instauration de la démocratie, la contradiction est irréductible. Des hommes hier de l’opposition qui se mettent au service du vieux régime de dictature créé dans l’esprit de la population une confusion préjudiciable à l’avenir du pays.

Faire passer aujourd’hui les membres du Parti Togolais du Progrès (PTP) pour des « progressistes » relève d’une escroquerie intellectuelle indigne d’un professeur d’Université togolais. C’est une manière indirecte de charger injustement ceux qui se sont battus pour l’indépendance du pays et de salir leur mémoire, tout comme les auteurs du coup d’Etat du 13 janvier 1963 n’ont pas cessé de le faire jusqu’aujourd’hui. Il est scandaleux de prendre pour des progressistes des hommes et des organisations politiques qui ont cherché à maintenir leur pays sous domination étrangère, à plus forte raison sous le joug colonial.

LTG : Avez-vous un hommage particulier à faire à l’un des glorieux combattants de l’indépendance togolaise ?

E. GU-KONU : La lutte anticoloniale ou la lutte pour l’indépendance n’a pas été une partie de plaisir. Pas plus au Togo que partout où une population est soumise à un régime colonial d’oppression et d’exploitation. Comme toute lutte pour la liberté d’un peuple, c’est un combat difficile, où un grand nombre d’hommes, de femmes et de jeunes portés par un engagement profond pour la liberté et la dignité se sont retrouvés en prison, ont vu leur avenir détruit ou ont perdu la vie. Tous ceux-là méritent qu’on leur rende un hommage profond pour leur engagement dans la lutte, leur sens élevé de nationalisme et de patriotisme, leur sens d’abnégation et du sacrifice pour leur pays, leur capacité à faire passer l’intérêt général avant les ambitions égoïstes pour le pouvoir, la richesse et les petits honneurs.

Toutes ces femmes qui ont compris la nécessité de cotiser 25 francs comme apport pour permettre à Sylvanus Olympio de porter les pétitions des nationalistes-indépendantistes aux Nations Unis, et qui l’ont fait régulièrement avec espoir et enthousiasme méritent cet hommage.
Pour éviter les tracasseries de l’administration coloniale, des hommes du PTP et de l’UCPN, des femmes et des hommes de Dapaong, de Mango, de Bassar, de l’Akposso, de Klouto étaient obligés de passer la frontière Togo-Ghana et de descendre jusqu’à Aflao pour pouvoir s’infiltrer à Lomé dans le seul but de participer à un meeting politique organisé par le CUT ou la JUVENTO ou les deux ensemble. Ces hommes et ces femmes méritent qu’on leur rende cet hommage pour leur courage et leur sens civique.

Ceux qui ont bravé la force coloniale au péril de leur vie pour faire avancer la lutte pour la fin du régime colonial comme ceux qui ont déchiré le drapeau de « Zotonomie » sur le terrain de Lomé méritent qu’on leur rende cet hommage pour leur courage et leur détermination à faire aboutir la lutte pour la fin du régime colonial.

Il en est de même de toutes ces personnes, demeurées inconnues, toute cette masse de femmes et d’hommes qui n’ont pas cédé aux pressions, aux intimidations, aux brimades, aux violences de nombre de chefs de village comme ceux des commandants de cercle et ont ainsi contribué par leur ténacité et leur détermination à la victoire du 27 avril 1958 ont également droit à cet hommage.
A l’occasion de la mise en ligne de son nouveau site le 27 avril 2008, la CDPA-BT a rendu hommage à toutes ces femmes et à tous ces hommes qui sont les réels artisans de notre indépendance malheureusement aujourd’hui détournée et confisquée. Elle leur a dédié le nouveau site.

LTG : Selon vous, quel est le véritable esprit de l’Ablodé ?

E. GU-KONU : Ablodee ! Woa tsa dua ! C’est le cri de ralliement dans tous les grands meetings publics de l’époque, surtout de 1956 à 1958, qu’il s’agisse des meetings du CUT ou ceux de la JUVENTO. Pour les nationalistes-indépendantistes sans distinction d’appartenance partisane et pour la masse de la population qu’ils ont réussi à mobiliser par ce slogan, le sens profond de l’Ablodee traduit la liberté, et au-delà la libération de l’oppression coloniale, et donc du régime colonial.
Car, le régime colonial est par nature un régime dictatorial. Les chefs de Klouto que le commandant de cercle a forcé à se mettre en rond autour d’un grand feu de bois sous un soleil brulant pendant des heures à Agou Gare ne démentiront pas cette affirmation. La villageoise qui prend sur elle d’aller en pleine nuit dans la forêt, un lampion à la main, pour ramasser des noix sous des palmiers à huile afin d’éviter que son mari ne soit jeté en prison le lendemain non plus.

L’esprit de l’Ablode est indissociablement lié à l’idée de la lutte pour l’obtenir, je dirai plutôt pour l’arracher. Car, l’Ablode ne se donne pas. Il ne tombe pas du ciel tout seul. L’oppresseur ne l’offre pas aux opprimés sur un plateau d’argent. L’Ablode se conquiert par la lutte. Les nationalistes indépendantistes et la masse de la population qu’ils avaient su organiser et mobiliser l’avaient bien compris. C’est pour cela qu’ils se sont battus ensemble comme un seul homme contre l’oppresseur colonial pour l’arracher.
L’esprit de l’Ablode est également indissociable de l’idée selon laquelle la lutte pour l’Ablodé est avant tout une lutte de masse, c’est-à-dire une lutte impliquant activement la masse de la population dans son processus. L’implication de la masse de la population ne s’était pas limitée à la participation de celle-ci aux élections. La participation massive des Ablodetowo aux élections du 27 avril 1958 n’est qu’un aspect et une des conséquences de la participation active et massive de la population au combat politique lui-même pour l’Ablode.
Cette participation massive n’a été possible que parce que les nationalistes-indépendantistes s’étaient imposé la tâche d’organiser, d’informer et de mobiliser la population sur ce thème commun et unique de l’Ablode. Il ne faut pas oublier le rôle fondamental joué par les Comités créés dans les villages soit par le CUT, soit par la JUVENTO. Et il faut leur rendre hommage pour le travail remarquable d’organisation, de formation et de mobilisation qu’ils ont accompli auprès de la population sur le thème de l’Ablode.

Bien avant nous, les acteurs de la victoire politique (pas seulement électorale) de 1958 ont compris que la force de l’opposition à un régime de dictature réside dans la force organisée de la masse de la population opprimée. Et que l’unité d’action du CUT et de la JUVENTO est une condition incontournable pour pouvoir justement organiser la masse de la population afin d’en faire une force politique capable de jouer un rôle décisif dans la lutte pour le renversement du régime colonial.
Aucun leader du CUT ou de la JUVENTO ne disait à l’époque que le PTP et l’UCPN ne font pas que de mauvaises choses comme le patron de la CPP le dira malencontreusement du RPT pour se préparer la voie vers le pouvoir. Aucun leader indépendantiste de l’époque n’est rentré dans le gouvernement Grunitzky de « l’Autonomie interne » (1956-1958) sous le fallacieux prétexte qu’il « faut y aller pour limiter les dégâts ou pour apprendre à gouverner ». Ils étaient tous unis pour le combattre avec acharnement et esprit de suite. Ni Sylvanus Olympio, ni Marc Atidepe, ni Anani Santos, ni Apaloo Ben, ni Aithson… n’a divisé la masse de la population en essayant de clienteliser et de ranger derrière lui une fraction des Ablodetowo. Il ne leur était pas venu à l’esprit de le faire parce qu’aucun d’entre eux ne roulait pour lui-même, et parce qu’ils avaient su se donner un objectif unitaire et rassembleur pour la lutte : l’Ablode.

LTG : Cette conception de la lutte est- elle d’actualité au Togo ?

E. GU-KONU : L’Ablode, c’est donc la liberté arrachée à l’oppresseur à travers une lutte portée par la masse de la population organisée et mobilisé sur un objectif rassembleur (la fin du régime colonial). C’est sur cette conception qu’est fondée en réalité l’insurrection populaire d’octobre 1990 contre le régime de dictature militaire d’Eyadema. Le mot d’ordre central de la lutte anticolonial était « le départ des Français ». Celui de l’insurrection populaire d’octobre 1990 est « le départ d’Eyadema ». Si la ressemblance est si frappante, c’est parce que l’objet du combat anticolonial comme celui de la lutte pour la démocratie est le même : la fin d’un régime de dictature.
Mais il y a une différence de taille : la lutte anticoloniale conduite par les nationalistes indépendantistes s’est traduite par la victoire du 27 avril 1958 tandis que la lutte pour la fin du régime d’Eyadema s’est soldée par un échec : Le régime de dictature se maintient avec toujours comme assise la même armée personnelle et le même parti-Etat (le RPT). Il continue de fonctionner sur la base des nouvelles institutions qu’Eyadema s’était données à partir de 1996 pour justement se maintenir au pouvoir et se consolider sans cesse (la constitution de 2002, la Cour constitutionnelle…), et d’autre part sur la base des mêmes pratiques politiques, de la même haine pour la démocratie, de la même vision des rapports Etat-Population…

En conséquence, la conception de la lutte empreinte de l’esprit de l’Ablodé est plus que jamais d’actualité. Si le CUT et la JUVENTO avaient instauré un climat de rivalité entre eux pour le pouvoir tout au long de la lutte anticoloniale jusqu’à la veille des élections d’avril 1958, les nationalistes indépendantistes n’auraient pas remporté la victoire.
Si la direction du CUT s’était surtout préoccupée de démontrer aux Juventistes et à l’opinion togolaise que le CUT est le parti d’opposition le plus grand, que son chef est l’opposant historique, que la JUVENTO devait donc rester à la traîne du CUT ou se fondre en lui ; si elle avait dit qu’il lui appartenant par conséquent de décider seule de la politique d’opposition à conduire vis-à-vis du régime colonial, les nationalistes- indépendantistes n’auraient pas remporté la victoire du 27 avril 1958.

Si la direction du CUT et celle de la JUVENTO n’avaient pas eu la sagesse et l’humilité d’accepter le principe d’une alliance (au lieu d’une « fusion » ou d’une « fédération ») pour aller ensemble aux élections, les nationalistes-indépendantistes n’auraient pas remporté la victoire du 27 avril 1958.
Si le CUT et la JUVENTO avaient marginalisé la masse de tous ceux qui voulaient « le départ des Français » et avait maintenu la masse des « Ablodetowo » dans le rôle réducteur d’aller aux élections le moment venu, s’ils n’avaient pas fondé leur politique respective de mobilisation populaire sur une bonne organisation de la population et sur un mot d’ordre rassembleur commun (Ablodee, Woatsa dua), les nationalistes indépendantistes n’auraient pas remporté la victoire sur le PTP/UCPN le 27 avril 1958.


LTG : Certains négationnistes mènent une campagne virulente contre la symbolique de notre lutte d’indépendance. Avez-vous une mise en garde particulière à faire contre ces manœuvres ?

E. GU-KONU : Vous avez raison. Laisser croire que ceux qui ont combattu l’idée de l’accession du Togo à l’indépendance sont des progressistes participe à cette campagne négationniste. Faire croire que le PTP/UCNP et le CUT/JUVENTO voulaient tous l’indépendance et qu’il ne divergent que sur le choix de « la date de l’indépendance » est un mensonge qui participe à cette campagne négationniste.

Imputer les violences postélectorales de 1958 aux nationalistes en taisant tout ce qui s’est passé pendant la période de « l’Autonomie interne » (1956-1958) et avant, participe à cette campagne négationniste. C’est pourquoi l’idée de « Vérité & Réconciliation » que l’on a commencé à agiter avec force surtout après que l’armée et les caciques du RPT ont mis Faure Gnassingbe au pouvoir par la force est extrêmement pernicieuse et manipulatrice.

Pourquoi n’a-t-on pas étendu le champ d’investigation de la Commission « Vérité & Réconciliation » au-delà de 1958 ? Pourquoi a-t-on pris en compte la période 1958-1960 ? Que fait-on des chefs traditionnels qu’on avait détrôné avec brutalité pendant la période de « Zotonomie » simplement parce qu’ils avaient eu le courage de choisir d’être du côté des nationalistes-indépendantistes ou avaient refusé de s’engager dans le PTP ? Que fait on de toutes ces femmes et de toutes ces hommes qu’on avait intimidé, battu, jeté en prison, soumis à des traitements inhumains et dégradants parce qu’ils ont choisi d’être du CUT ou de la JUVENTO ? Identifier l’UFC aux nationalistes indépendantistes et en profiter pour montrer à chaque fois Gilchrist Olympio comme le revanchard à abattre participe à cette campagne négationniste.
Mettre aujourd’hui le 27 avril 1960 sur le même plan que le 13 janvier 1963 et commencer à commémorer de la même manière les deux événements marqués par ces dates participent à cette campagne négationniste. Ce fait exprime une volonté de tout brouiller dans les têtes, de noircir le passé pour qu’il ne soit plus possible dans quelques années d’y distinguer quoi que ce soit, d’y faire les différences qu’impose l’histoire pour une vision claire de l’avenir. Au demeurant, le 27 avril qui vient d’être fêté avec faste l’a été à la gloire du régime et de Faure, de la même manière que l’on célébrait et que l’on célèbre toujours le 13 janvier pour la gloire d’Eyadema et de son régime.

On pourrait multiplier les exemples à l’infini… Mais ce qui est plus important est que cette campagne ne date pas d’aujourd’hui. Elle avait commencé avant même 1990. Négation de l’indépendance, banalisation de la commémoration du 27 avril, répression de tout ce qui rappelle l’Ablode… Cette campagne négationniste haineuse s’est intensifiée sans cesse et a pris un ton quasiment hystérique à partir de 1992. A partir de cette date, le régime en avait fait une des composantes essentielles de sa stratégie de démolition et de dénigrement de l’opposition démocratique.

Ceux qui continuent d’orchestrer aujourd’hui cette campagne doivent savoir qu’ils reprennent ni plus ni moins le discours anti indépendantiste et anti démocratique du régime et de son parti le RPT. Et ils doivent savoir que les Togolais ne sauraient être dupe de ces manœuvres intolérables tendant à noircir le passé pour empêcher aux Togolais d’y puiser les leçons et la force nécessaires pour affronter l’avenir dans cette lutte en cours pour la seconde libération du pays.

LTG : Appel à la mobilisation pour raviver la flamme du combat pour la seconde libération

E. GU-KONU : Il est plus qu’évident que rien n’a changé dans la nature et dans les pratiques politiques et sociales du régime depuis la mort d’Eyadema. Le système politique continue de fonctionner sur la constitution de 2002. Le régime et son parti continuent de détenir la réalité du pouvoir. Ils continuent de contrôler tous les secteurs de la vie nationale. La grande muette est restée telle qu’elle a toujours été : elle est toujours prête à brutaliser comme hier et à tirer sur la population si les intérêts vitaux du régime le lui commandent. Les comportements politiques et sociaux des hommes du pouvoir sont restés les mêmes qu’avant 2005. Tout le dispositif de répression est resté intact ; il suffit de le réactiver pour qu’il recommence à fonctionner comme hier avec la même efficacité.

Le régime d’Eyadema et son parti le RPT sont toujours solidement aux commandes de l’Etat et font tout pour barrer la route à l’alternance démocratique. Le Togo est loin de devenir un pays démocratique. Que le régime organise donc aujourd’hui une célébration officielle de la commémoration du 27 avril n’est nullement un début du changement. Si le système répressif ne fonctionne plus aujourd’hui comme hier pour un certain nombre de raisons, donnant le faux sentiment que quelque chose commence à changer, rien ne permet de dire qu’il ne recommencera pas à fonctionner demain.

A partir de ce moment, la lutte pour la démocratisation et le respect des droits humains doit se poursuivre. Les nationalistes-indépendantistes n’auraient pas baissé les bras en leur temps. Mais il faut désormais poursuivre autrement. Il ne faut plus continuer la fuite en avant dans la politique d’opposition dominante : elle a conduit l’opposition démocratique dans le mur. Il ne faut plus laisser la masse de la population sur la touche et ne lui faire appel que pour aller aux locales et plus tard aux présidentielles. Si les nationalistes indépendantistes avaient procédé comme nous le faisons aujourd’hui, le Togo n’aurait pas renversé le régime colonial en avril 1958.

Dans la situation présente, un seul parti politique d’opposition ne peut pas réaliser le changement démocratique, si grand soit-il et quelle que soit sa capacité à clientéliser d’autres partis. Il ne suffit pas d’être le plus grand. Encore faut-il se donner une politique d’opposition juste et cohérente par rapport à l’objectif du changement démocratique qui implique inévitablement le changement d’une classe politique antidémocratique.
Enfin, il faut se résoudre à l’idée de la nécessité de faire émerger de la masse de la population une force organisée sous la forme d’un vaste mouvement où tous ceux qui veulent poursuivre la lutte puissent trouver une place et se valoriser. C’est dans ce sens que la CDPA-BT n’a pas cessé depuis des années de parler du Mouvement de la Force Alternative d’Opposition. Mais la création de ce mouvement est une œuvre commune.

Professeur Emmanuel GU-KONU
*Premier Secrétaire de la CDPA-BT
WWW.cdpa-bt.com

 

27 Avril 1960 : Le Togo obtient son indépendance avec Sylvanus OLYMPIO

Source Youtube

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Dr Peter-Klaus Treydte, Représentant résident de la Fondation allemande Friedrich Ebert Stiftung, parle de démocratie et de formation citoyenne à la cérémonie de lancement du programme de contribution de la Convention démocratique des peuples africains (CDPA) à l’enracinement de la démocratie et l’organisation des élections locales démocratiques et paisibles au Togo.

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18/10/2014 - Emmanuel Gu-Konu fait un rappel historique de la sempiternelle question de la candidature unique de l'opposition à la conférence de presse marquan le premier anniversaire de l'appel des patriotes.

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Appel de la CDPA au peuple togolais

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